Excalibur en comédie musicale à l’école Saint-Frère André

Excalibur

Arthur et Guenièvre, interprétés par des élèves de l'école torontoise Saint-Frère-André dans leur production de la comédie musicale Excalibur – La légende renaît. Photis: capture d'écran de la vidéo promotionnelle

À travers l’œuvre du compositeur Alan Simon, les élèves et enseignants du Programme spécialisé en arts de Toronto (PSAT) à l’école secondaire catholique Saint-Frère André, à Toronto, proposent une autre version du célèbre récit légendaire Excalibur.

Adapté en comédie musicale, Excalibur – La légende renaît sera présentée en soirée au grand public les 1er et 6 juin à 19h, ainsi qu’en matinées scolaires les 3, 4, 5 et 6 juin.

Excalibur
L’épée Excalibur que seul le futur roi peut sortir de la pierre.

La légende du roi Arthur en musique

Les années précédentes, l’équipe du PSAT a proposé des réadaptations de Starmania et de Robin des Bois.

Le spectacle permet de rassembler les cinq disciplines artistiques et technologiques enseignées dans le programme: musique, théâtre, arts visuels, médias, construction.

«Excalibur, c’est l’histoire du roi Arthur et de son épée magique Excalibur. Dans certaines scènes, il y a beaucoup de comique, mais aussi des moments de réflexion plus profonde sur les thèmes de la trahison, de l’amour…», explique Rubeya Bwakira, musicien à l’orchestre de l’école qui interprète Lancelot cette année.

L’adaptation scolaire reste éclectique et combine plusieurs formes artistiques, à l’instar des comédies musicales célèbres.

Pour Noémi Parenteau-Comfort, enseignante de théâtre, coordonnatrice du PSAT et metteure en scène, c’était justement l’occasion propice pour «faire vivre aux élèves une expérience digne d’un show sur Broadway ou au Théâtre Ed Mirvish».

Excalibur
Le sorcier Merlin.

Un spectacle inspiré du travail d’Alan Simon

Cette année, c’est l’œuvre musicale du compositeur français Alan Simon qui est au cœur de leur inspiration, suite à son album concept de rock celte sorti en 1999: Excalibur I: La légende des Celtes.

Alan Simon.
Alan Simon. Photo: Wikipédia.

L’auteur-compositeur, romancier et cinéaste français a réalisé plusieurs albums, opéras-rocks et spectacles multidisciplinaires à succès de 1990 à 2020.

«Lorsque j’ai contacté Alan Simon pour reprendre ses musiques, il était assez touché», raconte à l-express.ca Billy Boulet, directeur artistique du PSAT. «Il nous a d’ailleurs assisté aux répétitions!»

«C’est très symbolique aussi pour lui car cette année, c’est le 25e anniversaire de son album. Donc notre production scolaire est un clin d’œil à son travail. C’est une œuvre qui a eu un certain succès en France, Alan Simon voulait en faire un opéra rock. Il a tout de suite accepté pour que l’on travaille avec son album afin qu’il se transmette à la prochaine génération.»

Ayant eu accès aux partitions originales, l’équipe du PSAT a réécrit les morceaux en adaptant le style, en recherchant avec les musiciens quel effet produire: plus rock, plus celtique, plus médiéval…

Excalibur
Guenièvre et Arthur.

Grosse logistique

Cette production scolaire est l’aboutissement d’un travail logistique d’envergure. Tout a été pensé dans les moindre détails et avec cœur, de la mise en scène aux performances théâtrales et musicales.

«À l’issue d’un projet d’échange avec la France, un lycée nous a fabriqué des épées. Nous avons aussi recréé des tapisseries médiévales avec des morceaux de tissu. Le but était vraiment de mobiliser sa créativité pour immerger le public dans un univers que nous avons imaginé», affirme Noémi Parenteau-Comfort

L’esthétique du spectacle a été travaillée non seulement avec l’équipe enseignante du PSAT, mais aussi avec des artistes extérieurs de Toronto.

«On a eu la chance de collaborer avec divers intervenants. Par exemple avec Vincent Leblanc-Beaudouin du Théâtre Français de Toronto qui nous aide pour la mise en scène. Avec Maggie Lacasse, une chorégraphe qui travaille à Mirvish en ce moment. Ou encore Éric Fournier et Michelle Lewis de la compagnie Rapier Wit qui nous ont enseigné le combat de scène.»

Les costumes et le maquillage ont aussi été conçus par des bénévoles, dont des élèves et parents qui se sont prêtés au jeu.

Excalibur
Guenièvre et Arthur.

Des élèves aux talents polyvalents

Les élèves, de la 7e à la 12e année ont contribué avec enthousiasme à la création de la comédie musicale, tous passionnés par les arts. Ce fut l’opportunité de s’engager dans un projet scolaire qui clôt l’année et qui s’inscrive avec sens dans la continuité de leurs parcours académique.

Au sein de l’orchestre composé de 12 musiciens, dans un format de musique de chambre, Stella Meldrum est pianiste.

Elle a participé à la retranscription musicale et arrangé certaines partitions de musique. «C’est aussi intéressant de travailler en groupe, et de voir comment chaque comédien a mis du cœur pour faire ressortir sa propre interprétation d’un personnage.»

La plupart des élèves de la cohorte sont très polyvalents, ce qui a rendu la création plus fluide. «Nous avons un guitariste électrique qui joue de la contrebasse, une bassiste électrique au violon, un claviériste qui se déguise parfois en artiste», explique Billy Boulet.

Le défi restait de synchroniser à la fois la musique, le jeu théâtral et les pas de danse.

Festival Vision'Art 2023
Le directeur artistique du Programme spécialisé en arts de Toronto, Billy Boulet. Photo: l-express.ca

Toucher le public adolescent

Responsable du projet, Noémi Parenteau-Comfort et Billy Boulet se sont pleinement investis dans la sensibilisation au travail de groupe, face aux adolescents.

«On souhaitait que les jeunes tissent une histoire ensemble et soient capables de toucher le public adolescent. L’idée n’était pas de raconter une histoire que les gens connaissent déjà, mais de rajouter notre grain de sel, pour faire en sorte que notre comédie musicale soit vue à travers les yeux d’une troupe d’adolescents.»

Il s’agit d’un belle expérience collective pour les élèves, qui monteront sur la scène dans moins de deux semaines.

Info et billets: [email protected] ou 416-393-5324. Il sera aussi possible d’acheter les billets à la porte.

France Alumni Canada: quand l’expérience étrangère est un atout

Réseau d'alumnis France-Canada.

Réseau d'alumnis France-Canada. Photo: Consulat général de France à Toronto.

Les diplômés d’institutions françaises travaillant au Canada ont été conviés à une seconde édition de la journée des Alumni organisée par le Consulat général de France à Toronto, ce mercredi 15 mai dernier, à la Hart House de l’Université de Toronto.

122 personnes se sont rencontrées afin d’échanger sur leurs expériences professionnelles en France. Des plus anciens aux plus jeunes alumnis, ce fut l’opportunité de renforcer le lien franco-canadien, et d’en souligner les bénéfices, dans la sphère professionnelle.

HartHouse, Université de Toronto.
HartHouse, Université de Toronto. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

Tremplin vers le marché de l’emploi au Canada

Tiffany Wong, Anna Adamis, Karolina Devesen, Samvit Dutta et Pierre Rolland font partie du réseau alumni, et ont étudié ou acquis une expérience professionnelle en France, travaillant désormais au Canada.

Pour Pierre Rolland, responsable chez Alstom, avoir travaillé en France «est un réel atout pour venir travailler au Canada».

Table ronde avec les alumnis Tiffany Wong, Karolina Devesen, Samvit Dutta et Pierre Rolland.
Table ronde avec les alumnis Tiffany Wong, Karolina Devesen, Samvit Dutta et Pierre Rolland. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

Karolina Devesen, nouvelle alumni et actuellement conseillère auprès de jeunes entreprises, explique que son expérience d’échange à HEC Paris «a permis de diversifier et d’enrichir son expertise avant de rentrer dans le monde professionnel au Canada. Ce sont deux expériences culturelles différentes, et il est intéressant d’en tirer profit pour l’avenir.»

Le consul général de France à Toronto, Bertrand Pous, assure que les études en France sont une valeur ajoutée sur le maché du travail canadien.

Selon lui, «au delà de la francophonie, l’employabilité est un sujet essentiel dans nos sociétés, et les échanges étudiants sont particulièrement importants dans un monde qui évolue constamment et qui se dirige de plus en plus vers des structures multiculturelles et globalisées».

Karen Bozynski, présidente du réseau INSEAD Alumni Canada et Bertrand Pous, Consul de France à Toronto.
Karen Bozynski, présidente du réseau INSEAD Alumni Canada, et Bertrand Pous, consul général de France à Toronto. Photo: Consulat général de France à Toronto.

Karen Bozynski, actuellement présidente du réseau INSEAD Alumni Canada, insiste sur le fait que le Canada nécessite des expériences internationales.

«Mon passé en tant qu’ingénieure a vraiment été enrichie par mon expérience en France. Avant d’ajouter que: travailler avec ces équipes diverses, à différents endroits du monde avant de retourner au Canada permet de contribuer à la croissance du pays.»

La réseautage ou la clé du succès

Lancée l’an dernier par l’ancienne ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Catherine Colonna, l’initiative France Alumni Day a eu lieu pour la seconde fois à Toronto.

La soirée a été chaperonnée par le Consulat général de France à Toronto ainsi que par le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Canada (SCAC), et mise en oeuvre par Rosalie Prat.

Chargée de mission scientifique et technologique, elle insiste sur l’importance de cet évènement pour permettre aux alumnis de partager leur expérience, et «de contribuer à l’innovation technologique ainsi qu’aux échanges scientifiques universitaires», des représentants des relations internationales au sein d’universités ayant été invités.

Cet évènement offrait également aux étudiants ou jeunes professionnels l’opportunité d’obtenir les conseils d’anciens plus aguerris dans le monde du travail.

Cocktail et réseautage.
Cocktail et réseautage. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

La technologie française inspire

Avec son système éducatif et son modèle ferroviaire réputé pour son efficacité, la France est l’un des pays pionnier de l’ingénierie.

Ces avancées techniques offrent aux étudiants internationaux la possibilité d’acquérir un socle de compétences académiques et facilite le développement de nouveaux partenariats économiques.

«Nous avons un bel exemple de cette collaboration France-Canada avec les trains à haute vitesse et leur design aéronautique», explique Karen Bozynski.

«L’entreprise TransPod est un accomplissement fantastique dans l’amélioration des trains. Entreprise française active au Canada, elle a donné naissance à l’hyperloop. Aujourd’hui il y a un contrat en cours avec le gouvernement d’Alberta pour étendre l’installation de l’hyperloop Calgary-Edmonton.»

Le WeeFestival est de retour!

Bonne Nuit Puzzle Theatre (Montreal, Canada) avec Csaba Raduly.

Bonne Nuit Puzzle Theatre (Montreal, Canada) avec Csaba Raduly. Photos: Weefestival.

Créé en 2014, le WeeFestival propose des spectacles pour les touts petits, de 0 à 6 ans. Théâtre, musique, danse ou encore marionnettes, tout a été conçu pour faire découvrir le monde de la culture aux plus jeunes enfants.

Cette année, le WeeFestival comporte encore une programmation francophone: huit spectacles interactifs et amusants.

Lancé le 10 mai et s’étendant jusqu’au 9 juin, le festival accueille des compagnies artistiques originaires d’Europe, du Québec et d’Afrique, afin de faire vivre au public, des expériences variées et hautes en couleurs.

L’art du spectacle pour la petite enfance

Unique festival proposant des spectacles artistiques avec les tous petits à Toronto, le WeeFestival organise ces rencontres dans un esprit familial.

«C’est vrai qu’à Toronto l’offre pour la petite enfance reste assez réduite. Les artistes invités créent des productions spécifiquement pour cette tranche d’âge mais aussi pour les adultes, car nous aimons quand les représentations touchent aussi les parents», affirme Ariane Butin, directrice administrative du festival, à l-express.ca.

Bien qu’il y ait une programmation francophone, plusieurs des spectacles franchissent la barrière de la langue, en jouant avec la gestuelle, la musique et les émotions.

L’idée est de rassembler les enfants avec un langage artistique universel: «les enfants comprennent très bien les actions, ce qu’ils voient, même si les comédiens parlent peu».

Les spectacles qui ont lieu sont choisis avec attention pour ce public bas âge, par Lynda Hill, la directrice artistique du festival.

«Ce qui est important pour nous, c’est ce que l’art peut apporter à un enfant dans son développement psychologique, physiologique, émotif. Cette année, la programmation tend aussi à faire redécouvrir la masculinité, avec le travail de danseurs par exemple», ajoute Ariane Butin.

«mOts premiers» d'ak Entrepôt (France) avec Harrison Mpaya et Jordan Malfoy.
mOts premiers, d’ak Entrepôt (France) avec Harrison Mpaya et Jordan Malfoy.

Troupes du Québec, de France, du Sénégal…

En partenariat avec le Théâtre français de Toronto, l’Alliance Française Toronto, le Bureau du Québec à Toronto, et l’Ambassade de France au Canada, les spectacles sont proposés à divers endroits à Toronto:

  • Bonne nuit! et Plastique, seront tous deux présentés par Puzzle Theatre au théâtre Spadina de l’Alliance française, une compagnie québécoise mêlant marionnettes et théâtre d’objets.
  • Coucou de la compagnie québécoise Graham Soul, un spectacle de marionnettes, est à l’affiche du Assembly Hall d’Etobicoke.
  • Solalie, une production de Tigouli – Emmanuelle Lisère (Québec), accueillie par le théâtre Tarragon, emmènera les enfants dans un spectacle interactif avec une installation et une performance sonore.
  • Walangaan, un spectacle musical sur l’eau, du Théâtre de la Guimbarde de Belgique, coproduite avec une compagnie d’artistes du Sénégal, sera aussi au Tarragon.
  • Poisson Papier, au Daniels Spectrum, est un spectacle aux multiples formes artistiques, présenté par Foolish Operations, une compagnie venant de Colombie Britannique.
  • mOts premiers, d’a.k. entrepôt (France) au Daniels Spectrum, combine danse et théâtre.
  • Up!, venu de France, a également été présenté au Daniels Spectrum.
Walangaan, avec les comédiens du Théâtre de la Guimbarde, Agsila Breuil Joob et Honoré Kouadio.
Walangaan, avec les comédiens du Théâtre de la Guimbarde, Agsila Breuil Joob et Honoré Kouadio.

«Notre objectif, c’est de promouvoir la visibilité des artistes francophones et la communauté francophone ou francophile. Il y a vraiment une proximité entre le public et les artistes, qui peuvent échanger par la suite en français.»

Développer l’imaginaire et les sens

Si le WeeFestival s’enquiert à faire découvrir les arts aux enfants, le théâtre d’objet et les marionnettes occupent une place particulière au sein de sa programmation.

D’un simple sac de plastique s’éveille un monstre: cette forme théâtrale donne naissance à de nouveaux personnages qui plaisent aux enfants, à partir d’objets du quotidien.

Plastique du Puzzle Théâtre avec Pavla Mano et Csaba Raduly.
Plastique, du Puzzle Théâtre avec Pavla Mano et Csaba Raduly.

«Ce que nous trouvons intéressant», ajoute Ariane Butin, «c’est cette capacité à transporter les spectateurs dans d’autres univers. Pour les enfants, c’est aussi amusant. Ils vont y réfléchir, puis développeront leur imagination, mais aussi raconter des histoires à leur tour.»

Rolande Smith à nouveau présidente de la Société d’Histoire de Toronto

Société d'histoire de Toronto

Les membres du Conseil d'administration de la SHT pour l'année 2024-2025. Lynn Biscott, Christine Pilotte-Rutland, Chantal Smieliauskas, Hafsa Barakat, Catherine Frelin, Rolande Smith, Sylvie Wieler, Mathieu Torres, Dominique Guillaumant, Amine Rhziel, Nicole Baboulène. Photos: Lila Berdai, l-express.ca.

À l’occasion de leur 38e Assemblée générale annuelle, les membres de la Société d’histoire de Toronto (SHT) ont réélu Rolande Smith à la présidence du Conseil d’administration. Une vingtaine de personnes ont participé à la rencontre, ce lundi 13 mai, à la Maison Campbell, un des dix petits musées gérés par la Ville de Toronto.

La présidence était vacante depuis le décès, en janvier 2023, de Lisette Mallet, à qui on a rendu hommage. Rolande Smith est une militante de longue date de la SHT, fondée il y aura 40 ans en octobre prochain. Elle en a été présidente à divers moments. Elle guide certains de ses populaires Historitours et anime plusieurs de ses conférences.

Sylvie Wieler, réélue trésorière, a fait un constat positif des finances de l’association. Parmi les réalisations des douze derniers mois, elle souligne la modernisation du site web de la SHT, financée par la fondation Trilium et conceptualisé par Christine Pilotte-Rutland, la vice-présidente sortante.

Encourager la jeunesse et préparer la relève

Les nouveaux élus ont évoqué l’avenir de la Société d’histoire de Toronto et la nécessité de recruter de nouveaux bénévoles «pour continuer à faire vivre l’association et mener à bien son évolution».

Parmi les nouveaux visages présents à cette Assemblée générale, mentionnons Hafsa Barakat et Amine Rhziel, étudiants du Collège Boréal.

Tous deux passionnés d’histoire, ils confient à l-express.ca que c’est un moyen «de se connecter avec la communauté francophone et d’acquérir une expérience en bénévolat» au cours de leurs études.

Société d'histoire de Toronto
Amine Rhziel et Hafsa Barakat, étudiants au Collège Boréal et nouveaux membres cu Conseil d’administration de la SHT, avec Gilles Marchildon, directeur du campus torontois du Collège Boréal.

Pour Rolande Smith, accueillir ces recrues est fondamental «pour apporter un élan de nouveauté à la Société d’histoire, qui existe depuis maintenant 40 ans. C’est aussi une façon d’intégrer les nouveaux arrivants à Toronto et de sensibiliser les jeunes en général à l’héritage historique.»

Visant à s’actualiser sur le plan technologique, l’association croit en ce que les nouvelles générations peuvent apporter: par exemple la création de montages vidéos ou de nouvelles idées pour l’attractivité du site web de la SHT.

Continuer à défendre le patrimoine en français

Seul organisme qui propose des visites historiques de la ville en français, Rolande Smith souligne un progrès qui reste à accomplir. «Actuellement nous travaillons avec d’autres institutions, comme le Centre francophone, pour organiser un de nos  Historitour. Nous pensons élargir notre collaboration avec les musées, qui possèdent de très bon programmes en anglais, notamment pour les enfants, mais qui ne sont pas traduits en français, malheureusement».

La Maison Campbell

Fervents des réunions au sein de lieux historiques, les membres de la SHT se sont retrouvés dans la Maison Campbell, datant de la ville de York. «Cette maison est en réalité l’ancien siège du Barreau, de la première faculté de droit du Canada», explique Rolande Smith.

Aux allures géorgiennes, la maison a été bâtie par le juge William Campbell et son épouse Hannah en 1822. Elle appartient aujourd’hui à la ville de Toronto.

Rare édifice ayant conservé son état d’origine, la maison abrite désormais un musée, également utilisé comme galerie d’art.

Maison Campbell à Toronto.
Maison Campbell à Toronto, rue Queen à l’angle de University. Photo: Musée de la Maison Campbell, Toronto.

Retraite active de Peel fête ses 20 ans

Fête de Noël organisée par Retraite active de Peel en 2022.

Fête de Noël organisée par Retraite active de Peel en 2022. Photos: RAP

Depuis 20 ans, Retraite active de Peel (RAP) organise des activités pour les aînés et retraités francophones dans la région de Peel, la grande banlieue ouest de Toronto. Un gala, avec souper et danse, soulignera cet anniversaire le 7 juin au Mississauga Convention Centre, au 75 Derry Road.

Line Boily, retraitée de Radio-Canada bien connue dans le Grand Toronto, animera le gala, qui commence à 18e avec un cocktail. Billets: 50$ pour les membres, 75$ pour les non membres. Inscriptions: [email protected].

«Vieillir en bonne santé et heureux»

«Les jeunes retraités souhaitent être autonomes et rester actifs sur le plan social ou même politique», explique une des fondatrices, Carmen Gauthier, à l-express.ca. «Une première rencontre a été organisée le 29 avril 2004, nous étions une trentaine de personnes. L’objectif était de favoriser les échanges entre les retraités.»

«Il y a eu un sondage des besoins et des attentes, et de là est né Retraite active de Peel.»

À ses débuts, l’organisme mettait en place une rencontre ou deux par mois, puis les évènements se sont multipliés au fil des années: repas festifs, ateliers tricot ou peinture, défilé de mode, randonnées…

Dès sa deuxième année, en 2005, Retraite active de Peel a mis de l’avant sa première activité pour promouvoir la santé et le bien être: Cœur en santé.

Retraite active de Peel
Des membres de Retraite active de Peel en excursion. Photo: RAP sur Facebook

L’agrandissement d’une communauté au fil des années

À la tête de cette initiative, raconte Carmen Gauthier, «il y avait Claudette Beland, qui s’occupait de la photographie et des archives, Claire McCullough, Georgette Morin qui contribuait au réseau d’entraide, ainsi que Rollande Maheu-Duchesne, qui était l’artiste du groupe».

Ces membres se sont joints peu à peu au comité organisateur, et c’est en 2017 que Retraite active de Peel a été reconnu officiellement comme organisme à but non lucratif par la province de l’Ontario.

En septembre dernier, Retraite active de Peel a remporté récemment le Prix de l’engagement communautaire de la Société Santé en français (SSF), un organisme national.

Une démarche soutenue par plusieurs organismes

La création et le développement de Retraite active de Peel ont été appuyés par plusieurs organisations, dont un partenariat avec la Ville de Mississauga.

«Nous sommes affiliés comme un groupe d’aînés avec la Ville, et cela nous permet d’avoir accès, au centre Frank McKechnie, à des locaux pour organiser nos activités.»

Grâce à ce soutien, l’organisme peut bénéficier d’un financement, peut planifier jusqu’à quatre évènements par semaine, ou encore avoir un accès à la piscine le jeudi. «Le nombre de membres a beaucoup augmenté», ajoute Lorraine Gandolfo, présidente du Conseil d’administration.

Activité organisée par Retraite active de Peel
Activité organisée par Retraite active de Peel

Parmi ses autres partenaires, Retraite active de Peel collabore notamment avec Ontario Association for Community, organisme anglophone qui permet d’obtenir des données importantes pour étoffer ses réclamations.

Membres de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO), Carmen Gauthier et Lorraine Gandolfo ont également participé à des séminaires sur la santé.

En ce qui concerne un soutien plus politique, Natalia Kusendova-Bashta, la députée provinciale de Mississauga et adjointe parlementaire de la ministre des Affaires francophones, a accompagné l’organisme dans certaines de ses démarches.

Difficulté de trouver des financements permanents

En raison de son statut d’organisme à but non lucratif, l’enjeu pour Retraite active de Peel reste de trouver des financements permanents, afin d’évoluer en toute stabilité.

«Nous avons quand même réussi à décrocher des subventions de projets, grâce notamment à la Ville de Mississauga, mais aussi avec l’appui du programme fédéral Nouveaux Horizons, du ministère ontarien des Services aux aînés, ou encore de la Fondation Trillium de l’Ontario», déclare Carmen Gauthier.

Retraite active de Peel
Lorraine Gandolfo et Carmen Gauthier. Photos: RAP

Même si les bénévoles trouvent des solutions, les aides de courte durée ne valent pas les financements permanents.

«Il y a plusieurs années, les bailleurs de fonds offraient des subventions pour le fonctionnement ou la programmation. Cela permettait à des organismes de pouvoir embaucher des employés sur le long terme. Mais depuis environ cinq ans, ce sont uniquement les projets qui sont financés et non plus le fonctionnement de l’organisme lui-même.»

Tous bénévoles

Si Retraite active de Peel n’a pas d’employés, elle doit son existence et son maintien à plusieurs bénévoles, qui s’occupent de toute la gestion depuis le début. Une vocation à laquelle ces derniers se prêtent avec plaisir et engagement, afin de permettre aux retraités de rester en forme.

Souhaitant être «inclusif», l’organisme vise également à se diversifier et à s’ouvrir aux différentes communautés ethnoculturelles dans la région de Peel.

CAH 45e
La députée provinciale Natalia Kusendova-Bashta, députée de Mississauga-Centre (à d.), jase avec des membres de Retraite active de Peel lors de la fête du 45e anniversaire de CAH en novembre dernier.

Préparer la relève

Aujourd’hui, le défi majeur est d’assurer une relève au sein de l’organisme.

En débattant au conseil d’administration et bientôt à l’assemblée générale annuelle qui se tiendra le 22 mai prochain, Carmen Gauthier et Lorraine Gandolfo continuent de souligner l’impératif d’accueillir de nouveaux bénévoles. «Il y a des personnes qui souhaitent continuer à s’impliquer de façon rigoureuse et peut-être d’autres qui aimeraient laisser leur place.»

«Le problème, s’il n’y a pas une bonne relève, c’est que nous ne pourrons pas nous projeter dans l’avenir. C’est une épreuve rencontrée par la majorité des organismes à but non lucratif.»

Des membres de Retraite active de Peel.
Des membres de Retraite active de Peel.

Un bâtiment pour Retraite active de Peel?

Pour Retraite active de Peel, il est important de créer des moments pour les aînés, de leur donner l’occasion de se retrouver autour d’un café, de jouer auxcartes, de faire toutes sortes d’activités manuelles, de les sortir parfois de l’isolement. Or, l’organisme ne possède pas ses propres locaux.

«Nous collaborons avec CAH, le centre de services pour aînés francophones de Toronto, qui peut nous appuyer en cas de nécessité. Mais pour le moment, nous n’avons pas la capacité financière d’établir notre propre centre.»

Cela étant, «le point fondamental à nos yeux reste l’idée de vieillir à la maison». Retraite active de Peel souhaiterait pouvoir offrir des services aux aînés là où ils vivent. «Ce serait un progrès énorme.»

le gala du 7 juin célébrera les réalisations des 20 dernières années, mais il servira aussi de tremplin aux ambitions des aînés de la région.

«Pour nous, c’est une réussite extraordinaire. C’est une démonstration de la résilience qu’a fait preuve notre organisme, entièrement composé de bénévoles. Par ailleurs, nous espérons que cet évènement suscitera de intérêt et donnera envie à d’autres personnes de s’impliquer dans l’accompagnement des retraités».

Après la rénoviction, Manu déménage en banlieue

Ainsi va Manu, TFO

Cindy Charles dans le rôle de Manu, avec Madani Tall (un cousin de Manu), et Maïka Ferron (son amie Andréa). Photos: TFO

Après une première saison explorant l’histoire de l’adolescente Manuela et sa famille luttant contre leur «rénoviction» à Toronto, la série Ainsi va Manu, sous la direction de Josiane Blanc, revient pour une seconde saison à TFO. Cette fois, la famille a déménagé en banlieue.

Déjà disponibles sur TFO.org, les épisodes seront diffusées à la chaîne TFO à partir du 17 mai.

Les huit épisodes de 15 minutes suivent les changements et les défis auxquels la famille doit faire face dans sa nouvelle vie en banlieue.

Déracinement et évolution

Manuela («Manu»), son frère Liam et leur mère Karine commencent donc un nouveau chapitre en banlieue de Toronto.

Chaque personnage est mis à l’épreuve. Tandis que les enfants doivent s’adapter à un nouvel établissement scolaire et se créer un nouveau cercle d’amis, Karine doit réussir à concilier vie professionnelle et son rôle de mère.

Le déracinement physique est le thème de cette saison 2. Manuela «cherche son identité et tente de retrouver des connexions tant avec ses racines, qu’avec sa culture», explique à l-express.ca Cindy Charles, qui incarne la jeune fille.

La famille doit aussi se reconstruire après des évènements tragiques. La relation mère-fille, durant cette période charnière de l’adolescence vécue par le personnage de Manuela, en est affectée.

Ainsi va Manu, TFO
Cindy Charles et la réalisatrice Josiane Blanc, de la série Ainsi va Manu, ont remporté respectivement les prix de la Meilleure actrice et de la Meilleure réalisation au festival T.O. Webfest 2022. La série a également été finalistes aux prix Gémeaux de la télévision canadienne.

Retourner sur les traces de ses ancêtres

Le fil conducteur de cette nouvelle saison est aussi un retour aux origines, qui va jouer un rôle important dans l’évolution de Manu. Au cours des épisodes, l’héroïne trouve son échappatoire en effectuant des recherches sur son afro-descendance.

Ania Jamila, productrice de la série, souligne que le dialogue au sein des familles n’est pas toujours évident, notamment lorsqu’il s’agit de parler du passé.

«La série interroge aussi la question de faire partie de cette deuxième génération d‘immigrants, dont les parents ne sont pas forcément nés ici. Comment peut-on se définir en tant que personne, lorsque nous sommes jeune et évoluons entre deux mondes qui coexistent. Le personnage de Manuela incarne vraiment ceci dans ce nouveau volet.»

Sandra Dorélas, qui incarne la mère, précise que son personnage «se retrouve seule avec deux enfants durant la crise du logement et des tragédies familiales. Elle doit se lancer dans une nouvelle vie qu’elle ne connaît pas, tout en assumant un tas de responsabilités. Cet intérêt pour l’arbre généalogique est peut-être mis de côté par la mère, et va devenir l’une des raisons pour lesquelles Manuela entame des recherches.»

Cette seconde saison met également l’accent sur cette relation ambivalente entre deux générations, qui essaient de renforcer leurs liens même si cela est parfois difficile.

Ainsi va Manu, TFO
Les jeunes comédiennes Maïka Ferron et Cindy Charles dans un épisode de Ainsi va Manu.

Représentation, enjeux sociaux et militantisme

S’insérant dans une programmation «jeunesse», il était pertinent pour les réalisatrices de Ainsi va Manu d’évoquer les tragédies d’adulte à travers le regard d’une adolescente.

Selon la réalisatrice Josiane Blanc, il était d’autant plus important de centrer l’histoire sur la vie de Manuela, en tant qu’héroïne noire. «J’avais envie de voir un personnage noir à la télé. J’avais envie de voir un personnage militant, jeune, qui croyait en l’avenir et ses possibilités.»

C’est d’autre part l’occasion de rendre visibles différentes communautés encore sous représentées à la télé francophone, afin notamment d’inspirer les jeunes téléspectateurs noirs, et de leur permettre de s’identifier à des personnages qui leur ressemble.

«Je pense qu’on sous-estime l’importance de se voir à l’écran, surtout pour les jeunes générations. Il n’y a pas beaucoup d’émissions télévisées encore aujourd’hui, qui mettent au centre de l’histoire une famille noire», rappelle Josiane Blanc. «Or, l’histoire du Canada, c’est celle de plusieurs communautés.»

Ainsi va Manu, TFO
Cindy Charles, Josiane Blanc et Sandra Dorélas.

Normaliser la multi-ethnicité du Canada à l’écran

Cette seconde saison d’Ainsi va Manu continue de déconstruire les stéréotypes établis autour des différentes ethnicités.

«Notre volonté, c’était de montrer à travers les personnages de la série, que ces personnes sont humaines, qu’elles vivent des choses humaines à travers leur quotidien. C’est important d’évoquer cet entre-deux, avec des personnages qui ne sont ni en bas de l’échelle professionnelle, et qui n’excellent pas forcément non plus.»

Au sein de la cellule familiale, c’était l’occasion de mettre en lumière des sujets tabous chez les immigrants: le deuil, la santé mentale, la monoparentalité…

La révolution des chemins de fer à Toronto au 19e siècle

chemins de fer, Union Station en construction, 1927, Toronto. Photo: Wikipédia

Union Station en construction, 1927, Toronto. Photo: Wikipédia

Au milieu du 19e siècle, Toronto connaît un important développement ferroviaire. Cette évolution technique aura un impact conséquent tant sur l’essor économique de la ville que sur sa géographie. La Société d’Histoire de Toronto organisait une visite sur les traces des chemins de fer samedi 27 avril dernier, guidée par Gilles Huot et Paul Overy.

Visite sur les traces de l'histoire des chemins de fer organisée par la Société d'Histoire de Toronto, guidée par Gilles Huot et Paul Overy.
Visite sur les traces de l’histoire des chemins de fer organisée par la Société d’Histoire de Toronto, guidée par Gilles Huot et Paul Overy.

L’arrivée des trains à Toronto

Au début du 19e siècle, la révolution industrielle en Europe révolutionne la fabrication des trains, qui arrivent d’abord à Montréal en 1820, 25 ans avant Toronto. La plupart des compagnies ferroviaires avaient alors leur siège social à Montréal, excepté Union National Railway qui était basée à Toronto.

L’arrivée des chemins de fer au Canada bouleverse le modèle des transports. Les échanges commerciaux s’effectuaient exclusivement par la voix fluviale. Les rails étaient prometteurs en termes de rapidité, en comparaison avec la navigation, qui ne reliait pas toutes les provinces.

Autrefois, il fallait passer par le canal d’Érié, dans l’état de New York pour accéder à l’océan Atlantique, car le fleuve Saint-Laurent était difficilement navigable.

Plusieurs entreprises s’installent alors à Toronto, puisque l’essor du rail permet d’importer des produits manufacturés et les matières brutes, puis d’exporter les matières transformées dans tout le pays.

Sur les traces des chemins de fer à Front Street East.
Sur les traces des chemins de fer à Front Street East. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

Les premiers chemins de fer: Ontario Simcoe et Huron

Grâce aux investissements, la compagnie ferroviaire Ontario Simcoe et Huron sont les premiers chemins de fer construits à Toronto en 1850. La ville-reine étant déjà érigée sur le bord du lac, la compagnie s’établit dans la zone aujourd’hui appelée Queen’s Wharf.

Rivalité entre les compagnies ferroviaires

Si le début des années 1900 est marqué par une prolifération de compagnies ferroviaires, toutes sont rivales. Les compagnies ne partagent par leurs ressources. Puisqu’il n’y avait pas de standardisation des trains, chaque compagnie détenait sa propre voie ferrée, avec des rails d’une taille particulière.

Or à la même époque, la construction massive de chemins de fer au Canada s’est suivie de difficultés financières, et plusieurs compagnies font faillite. Parallèlement, les compagnies ferroviaires se développaient grâce à leur partenariat avec les banques, parfois instables, ce qui a mis un coup de frein considérable à l’essor du rail.

En 1912-1913, le gouvernement fédéral intervient et forme le Canadian National, l’une des deux grandes compagnies de chemin de fer du Canada. Cette avancée soutient d’autant plus à l’époque, l’unification entre les différentes provinces du pays.

chemins de fer, Les bureaux historiques du Canadian National Railway, construits en 1923 sur Cherry Street.
Les bureaux historiques du Canadian National Railway, construits en 1923 sur Cherry Street. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

La gare Union symbolisera quelques années plus tard, cette réunification des compagnies ferroviaires. Point de convergence au centre de Toronto, la gare a favorisé la coordination des services.

Développement des industries

L’implantation des industries ont joué un rôle fondamental dans le développement ferroviaire. William Davies possédait la plus grande porcherie du Commonwealth et a fait fortune en Angleterre. Trouvant un intérêt commercial pour le porc canadien, William Davies décide d’en exporter.

Vers la fin du 19e siècle, il vend du porc sur des étals au  St Lawrence Market et installe son usine à l’angle de Front et Frederick.

L’actuel parc Corktown Common, abritait autrefois les abattoirs et chemins de fer de la compagnie Davies. Abattant près de 200 porcs par jour, il devient le plus grand emballeur de porc du Canada.

Cependant, cette porcherie aura des conséquences néfastes sur l’environnement et les écosystèmes. En 1910, la baie de Ashbridges, qui abritait autrefois une variété de poissons, devint infecte avec les émanations des cochons. L’industrie disparaît toutefois dans les années 1930.

Les terres sont alors achetées puis cultivées tandis que de nombreuses forêts sont abattues pour faire pousser des graines. Les propriétaires de la Distillerie étaient également acteurs de la croissance industrielle. Ces derniers achetaient les graines, ensuite fermentées, qui servaient à la production d’alcool.

Meule d'origine de l'ancien moulin à vent qui se trouvait dans la distillerie.
Meule d’origine de l’ancien moulin à vent qui se trouvait dans la distillerie. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

L’arpentage redessine le territoire

Le premier lieutenant-gouverneur de la province, Henry William Stisted, a établi un modèle d’établissement en Ontario en mettant en place des équipes d’arpentage, chargées de dresser une carte géographique de la région.

Les individus qui avaient soutenu la Couronne dans la guerre contre les Américains reçoivent en cadeau des terres, à condition qu’ils défrichent les forêts sur ces parcelles et y construisent une maison en moins d’un an. Ce processus visait à soutenir le secteur agricole.

L’arpentage a également été utilisé pour tracer une ligne symbolique à Toronto, reliant anciennement un moulin à vent, point le plus élevé de Toronto situé dans la Distillerie, jusqu’au Fort rouillé.

Cette ligne fut tirée jusque dans le port de Toronto, car les quais étaient la propriété d’individus qui cherchaient à élargir leur marché jusqu’à celui-ci. Cet agrandissement a entraîné de nouveaux défis pour la navigation des bateaux, alors la zone portuaire est devenue contrôlée.

chemins de fer, L'arpentage et la ligne du Moulin à vent à Toronto
L’arpentage et la ligne du Moulin à vent à Toronto. Photo: Toronto Historical Association.

La Windmill Line, ou ligne du moulin à vent, a joué ce rôle de contrôle de 1834 à 1888. Avec autant de compagnies de chemins de fer,  il était nécessaire d’élargir l’espace disponible pour la construction.

Quinze ans plus tard, les compagnies ferroviaires demandent à repousser la limite du développement urbain vers le sud, mais la ville refuse. Le gouvernement fédéral est alors intervenu, exigeant que la ville autorise cette extension urbaine.

Cet agrandissement géographique s’est fait par la suite en parallèle d’une seconde ligne de moulin à vent, connue sous le nom de Queens Quay, qui est apparue au fur et à mesure.

Camps d’été francophones 2024 dans le Grand Toronto et en Ontario

Camp d'été Centre francophone Hamilton

Activités du Camp d'été du Centre francophone Hamilton. Photos: courtoisie

Les vacances d’été se font de plus en plus proche, et les parents s’interrogent sur les façons d’occuper leurs enfants. Dans le grand Toronto, il existe une variété de camps d’été francophones, qui proposent plusieurs activités pour différents âges.

Il s’agit d’une bonne solution, notamment, pour encourager les enfants à pratiquer le français.

Le Camp d’été Tournesol

Situé dans les villes de Milton, Kitchner/Waterloo, Guelph et Brantford, le Camp d’été Tournesol est l’offre francophone la plus importante du Grand Toronto.

Du 15 juillet au 23 août, et du 8 juillet au 23 août pour Milton, le camp propose une expérience estivale amusante et festive pour les enfants, tout en garantissant l’usage du français. Club de lectures, ateliers musicals et activités manuelles sont au programme.

Camp d'été Tournesol
Camp d’été Tournesol.

L’Alliance française: des camps de jour

À l’Alliance française de Toronto, il est également possible pour les enfants de s’inscrire aux camps de jour des mois de juillet et août. Des activités artistiques et ludiques y sont axées sur l’apprentissage de la langue française.

Divisés par tranche d’âge, les ateliers sont encadrés par des invités. De 5 à 11 ans, les enfants découvrent la comédie musicale avec Adrienne ou la cuisine avec l’agence Ekin.

De 8 à 11 ans, ils peuvent découvrir le théâtre avec Eudes du Théâtre français de Toronto; la photographie avec Pascaline du Labo, ou l’Eco Design avec l’agence Ekin.

Le Centre francophone de Hamilton

Les camps d’été du Centre francophone de Hamilton se tiendront de juillet à août pour les enfants de 4 à 15 ans. Le centre présente un large choix d’actvités, des arts aux sciences, piscine et sorties culturelles dans Toronto. L’objectif est de familiariser les enfants avec le français, avec le savoir-vivre et la débrouillardise.

Camps du Centre francophone Hamilton - Burlington - Milton
Camps du Centre francophone de Hamilton, Burlington, Milton.

Les camps d’été de l’AFRY

L’Association des francophones de la région de York (AFRY) est un autre organisme qui ouvre ses camps d’été du 2 juillet au 23 août, dans les locaux des écoles secondaires catholiques Renaissance à Aurora, et Norval-Morisseau à Richmond Hill. Les huit semaines sont orientées autour de huit thèmes qui favorisent le divertissement des enfants.

Le Camp de loisirs La Colombe

Le Camp de loisirs La Colombe est une solution pour le divertissement des enfants de 4 à 14 ans du 4 juillet au 11 août prochains. Les enfants ont l’occasion de perfectionner leur niveau de français et de suivre des ateliers littéraires, de bricolage ou encore de yoga, au centre-ville de Toronto, ainsi qu’à Thornhill, Scarborough, Richmond Hill, North York et Brampton.

UNIO

Encourager l’apprentissage du français à travers le théâtre, c’est également possible! L’équipe UNIO s’engage à entraîner vos enfants de 6 à 14 ans aux pratiques artistiques lors de ses camps d’été: théâtre, danse, chant, conception de costumes.

À Toronto, Mississauga et North York, il existe trois sessions aux mois de juillet et août durant lesquelles des professionnels de l’art du spectacle encadreront les enfants tout en veillant au renforcement des compétences linguistiques en français.

Camps été UNIO, théâtre musical.
Camps été UNIO, théâtre musical.

Le Camp Bivouac en plein air

Par ailleurs, le Camp Bivouac de l’organisme La Clé, dans le comté de Simcoe, permet de faire garder vos enfants du 2 juillet au 23 août dans quatre écoles de Barrie, Borden, Penetanguishene et Collingwood, dans le cadre de sorties, excursions dans la nature, activités sportives et bien d’autres encore.

Camp Source de Vie
Camp Source de Vie

Le Camp Source de Vie et ses cabanes en forêt

Dans la région de Hearst, le Camp Source de Vie amène vos enfants de 8 à 14 ans au coeur de la nature avec des cabanes en forêt, feux de camps et activités en plein air. Les sessions d’inscription commenceront le 1er juillet et se termineront le 9 août.

Gala du PSAT: les artistes de l’école Saint-Frère-André à l’honneur

Soirée de gala du PSAT, à l'AFT.

Les élèves du PSAT qui ont participé à la soirée de gala. Photos: Lila Berdai, l-express.ca.

L’art était à l’honneur lors du Gala du Programme spécialisé en arts de Toronto (PSAT), où les élèves finissants ont révélé leurs portfolios au grand public. Différentes prestations artistiques ont animé l’Alliance française de Toronto ce jeudi 25 avril dernier.

Un gala très attendu

Finissants du Programme spécialisé en arts de Toronto, basé à l’école secondaire catholique Saint-Frère-André dans l’Ouest la ville, des élèves de la 11e à la 12e année ont exposé leurs travaux artistiques. Que ce soit de la peinture, du chant ou des scènes théâtrales, tous étaient réunis à la galerie l’Alliance française de Toronto pour une deuxième année consécutive.

Soirée de gala du PSAT, à l'AFT.
Galerie d’art du PSAT à l’Alliance Française.

«C’est l’aboutissement d’un travail sur plusieurs années», explique à l-express.ca Noémi Parenteau-Comfort, enseignante de théâtre et coordinatrice du programme.

Pour les parents, c’est aussi l’occasion de découvrir le travail artistique de leur progéniture, qui prennent tant la forme de carnets de croquis, d’oeuvres murales que de prestations scéniques.

Soirée de gala du PSAT, à l'AFT.
Elèves du programme entourés de leurs familles, dans la galerie d’art.

Développer la fibre artistique des élèves

Sous la direction de Daniel Gareau, d’Andrew Sharp, de Noémi Parenteau-Comfort et d’Henrique Coe, les élèves ont eu carte blanche pour ce qui est de la conception de leur projet ou pour les choix de scène.

En 11e année, Devlynne Dunn a chanté Edelweiss, de La mélodie du bonheur. Rubeya Bwakira a joué au piano The Fragance of Dark Coffee de Noriyuki Iwadare, et Linnea Correia à la flûte la Sarabande de la Partita pour flûte solo de J.S Bach.

En 12e année, Rodney Ngindu a montré son talent de batteur sur des sons soul et jazz.

Dans un style plus rock, Audrey Morris, avec les frères James et Paul Caudwell, ont repris Alice in Chains puis une composition originale électrique.

Soirée de gala du PSAT, à l'AFT.
Soirée de gala du PSAT, à l’AFT. James Caudwell, voix et guitare, Paul Caudwell à la batterie, Audrey Morris à la basse.

Pour ce qui est du chant ou des monologues de théâtre, l’objectif était de d’interpréter des oeuvres francophones, comme Je n’existe plus loin de nous chanté par Stecie Kidimbu.

D’autres élèves ont présenté leurs propres compositions. C’est le cas d’Allison Goodchild et Nadeem Salib avec La vie déprimante des enseignants, une scène teintée d’humour.

«Les élèves se spécialisent en général dans une discipline artistique. Au sein du programme, nous les encadrons chacun à leur niveau. Nous souhaitons vraiment que les jeunes apportent leurs idées de projet, pour embellir l’école et la communauté», ajoute Noémi Parenteau-Comfort.

Soirée de gala du PSAT, à l'AFT.
À droite: le directeur artistique Billy Boulet-Gagnon, saxophone soprano et direction.

Une certification qui conclut l’année en beauté

Existante depuis trois ans seulement, la certification du PSAT permet non seulement de marquer officiellement la fin de ces années au sein du programme, mais aussi d’ouvrir la voie vers de nouvelles opportunités.

«Avec cette certification en main, les élèves peuvent par la suite se diriger vers des études artistiques s’ils le souhaitent, ou tenter d’obtenir une bourse par exemple», explique Billy Boulet-Gagnon, directeur artistique du PSAT.

Rodney Ngindu, Stecie Kidimbu, Éléa Losa, Aurélie Goubert, Audrey Morris et James Caudwell ont chacun reçu une rose par leurs professeurs, au terme de cette certification.

Soirée de gala du PSAT, à l'AFT.
Finissants de la certification du PSAT.

Entre reconnaissance et fierté

«Pour nous, c’est gratifiant de voir à quel point les élèves ont évolué dans ce programme au fil des années», souligne Noémi Parenteau-Comfort.

«C’est très important d’encourager et d’appuyer la créativité, la passion des élèves et les études d’art. Cela sert à développer des habiletés artistiques mais aussi à encourager la confiance des jeunes, à former des adultes qui vont plus tard dans la vie être empathiques», précise Billy Boulet-Gagnon.

Les élèves termineront l’année avec la présentation de leur comédie musicale Excalibur, du 1er au 6 juin.

Les élèves de Viamonde suivent un parcours en apprentissage socio-émotionnel

Viamonde lance un parcours en apprentissage socio-émotionnel

Lancement du parcours en apprentissage socio-émotionnel à Viamonde au début de l'année. Photo: Conseil Scolaire Viamonde

Des statistiques nationales démontrent que la santé mentale s’est dégradée chez les jeunes Canadiens entre 2018 et 2020, chutant de près de 22%. La pandémie de covid a eu un impact négatif et a soulevé de nouveaux enjeux.

Aider ses élèves à conserver un bon équilibre mental, c’est la priorité que s’est donné le Conseil scolaire Viamonde à travers un «parcours en apprentissage socio émotionnel» – lancé en janvier à l’école Michelle-O’Bonsawin à Toronto, l’une de ses 16 écoles secondaires dans la péninsule ontarienne, nourries par 41 écoles élémentaires. 

Le parcours en apprentissage socio émotionnel couvre toutes les années scolaires, de la maternelle à la 12e.

Valoriser l’apprentissage socio-émotionnel

Le programme en santé mentale de Viamonde veut renforcer le suivi des jeunes, encore en plein développement, afin de les aider à évoluer en société.

L’apprentissage socio-émotionnel, ici, est un moyen d’assurer le bien-être des élèves. Il s’agit d’apprendre aux jeunes à gérer leurs émotions et à établir des relations saines à travers des activités pédagogiques, intégrées dans les programmes scolaires.

Le parcours  se base sur la maîtrise de soi, la régulation des émotions, le respect du point de vue de l’autre, la compréhension de l’impact des comportements sur les autres. 

Encourager le bien-être des élèves

À Viamonde, on explique que cette démarche permettrait de réduire les troubles anxieux et les difficultés scolaires des enfants.

«Depuis des années que je travaille au Conseil, on remarque des besoins psychologiques auxquels il est nécessaire de répondre, notamment au niveau des compétences socio-émotionnelles des élèves», explique Natacha Castor, superviseure clinique en travail social à Viamonde.  

Natacha Castor, superviseure clinique en travail social et Micheline Rabet, leader en santé mentale
Natacha Castor, superviseure clinique en travail social, et Micheline Rabet, leader en santé mentale. Photo: Viamonde

Apprendre aux élèves à maitriser ces compétences psycho-sociales, c’est aussi les préparer à faire plus tard leurs premiers pas dans la vie adulte. Le Conseil scolaire Viamonde évoque des élèves qui ne «sont pas toujours prêts à entrer à l’université».

Une approche systémique

Le parcours en apprentissage socio-émotionnel fonctionne à travers des ateliers avec les élèves, des interventions de professionnels de santé et de formations des équipes pédagogiques. 

Créé comme un programme d’enseignement, le projet se veut ludique aux yeux des enfants. Des attentes ont été déterminées de la maternelle à la 12e année. Une fois qu’une thématique est bien comprise, l’élève reçoit un «visa» et peut continuer à «voyager» vers le prochain niveau.

Parcours en ASE lancé par Viamonde
Le parcours en ASE lancé par Viamonde et son programme par niveau scolaire.
  • De la maternelle à la 2e année, «On souhaite qu’un enfant soit capable de reconnaître ses émotions, de les verbaliser et de savoir comment retrouver le calme».
  • De la 3e à la 4e année, l’attention se porte sur la résolution de conflits, la gestion de l’intimidation et l’affirmation de soi.
  • En 5e et 6e année, on se concentre sur les identités uniques, diversifiées, comment vivre avec l’autre. Des ateliers sont instaurés afin de respecter les différentes identités culturelles.
  • À partir de la 7e année, le programme se penche sur le mandat du ministère sur la littératie en santé mentale, intégré au parcours Viamonde. Ce plan vise à promouvoir le bien-être.

L’objectif de ce parcours est d’agir de façon échelonnée afin de rendre les élèves familiers avec la notion de santé mentale. Auprès des plus jeunes, cette sensibilisation s’établit à travers les cours d’éducation physique par exemple.

Plusieurs thématiques vont être abordées directement en classe dans le cadre d’activités entre les élèves et les équipes pédagogiques: la santé mentale positive, les réactions du corps et du cerveau, quel comportement adopter face au stress, comment venir en aider aux autres, ainsi que la maladie mentale. 

Prévenir les cas de discrimination 

«Notre approche est à 60%, voire 70% préventive. On anticipe les cas de racisme ou de harcèlement dans l’enceinte scolaire. Il ne s’agit donc pas selon moi d’agir uniquement en réaction face aux incidents, mais d’agir afin d’éviter toute sorte de discriminations», ajoute Micheline Rabet.

Dans le cadre du projet en apprentissage socio-émotionnel, le Conseil scolaire Viamonde s’appuie sur le portail Santé mentale en milieu scolaire Ontario.

Cette démarche provinciale a inspiré le parcours de Viamonde, avec notamment la ressource Comprendre le racisme envers les Noirs, qui indique comment aborder les stéréotypes racistes à l’école afin d’empêcher leur diffusion.

«Le racisme est toujours présent et nuit à la vie scolaire», explique Micheline Rabet. «Il y a donc des répercussions sur le bien-être des élèves. Au sein du Conseil scolaire, nous collaborons avec une agente en équité et droit de la personne avec qui nous réfléchissons à l’impact du racisme et à comment l’éradiquer dès le plus jeune âge.»

Aux origines architecturales du quartier Rosedale

1 Chestnut Park, Rosedale

Les promeneurs du Historitour de la Société d'histoire de Toronto ont admiré le 1 Chestnut Park du quartier Rosedale. Photos: Lila Berdai, l-express.ca.

Sous la protection du Heritage Conservation District depuis 2003, le quartier Rosedale de Toronto est un réel trésor patrimonial. L’un des plus huppés de la métropole, il trouve ses sources au début du 20e siècle, et se caractérise par une grande richesse architecturale.

Rolande Smith, présidente de la Société d’Histoire de Toronto, et Brigitte La Flair ont guidé une quarantaine de personnes de Crescent Road à Ancroft Place, ce dimanche 21 avril: le premier «Historitour» de l’année de la SHT. La prochaine visite nous plongera dans l’histoire des chemins de fer à Toronto ce 27 avril.

Visite guidée par la Société d'Histoire de Toronto.
Visite du quartier Rosedale  guidée par la Société d’Histoire de Toronto.

Le domaine de la famille Jarvis

Plusieurs familles ont joué un rôle détermination dans la construction du quartier Rosedale. C’est le cas des Jarvis. William Botsford Jarvis, fondateur de Yorkville à Toronto et sa femme Mary habitaient Rosedale House. C’était un loyaliste, fidèle à la couronne anglaise.

Tiré des mots «rose» et «dale», qui signifie vallée en écossais, le quartier Rosedale a lui même été fondé sur des vallées. À l’époque, le coût de construction des ponts était très élevé.

William Jarvis était shérif et membre du «Family Compact» – les familles les plus influentes du Haut-Canada. En 1824, il achète 150 acres à Yonge et Bloor. Au départ, William Jarvis déménage avec son père sur sa nouvelle propriété, puis avec sa femme. Le domaine reste assez difficile d’accès car le terrain était sinueux.

Le neveu de William Jarvis, Edgar Jarvis, détenait l’une des plus somptueuses résidences, Glen Hurst, aujourd’hui dissimulée derrière l’école privée pour jeunes filles Branksome Hall, fondée en 1903 et rénovée plusieurs fois.

Héritage de la famille Jarvis à Branksome-Hall.
Héritage de la famille Jarvis à Branksome-Hall. Photo: Wikipedia.

Un contraste architectural

Les rues en courbes, visibles dès Crescent Road, témoignent de l’originalité architecturale et de l’exclusivité de Rosedale, à l’opposé des rues droites habituelles.

À la fin du 19e siècle jusqu’au début des années 1900, le quartier de Rosedale se développe et plusieurs architectes viennent construire d’élégantes demeures destinées aux familles aisées. En 1905, le terrain a été subdivisé en plusieurs maisons et jardins.

Spécificité des rues courbées de Rosedale
Spécificité des rues courbées de Rosedale

Le style anglo-saxon géorgien va fortement inspirer l’architecture des maisons, et donner naissance au style néo-géorgien qui se caractérise par les fenêtres à guillotine et des immenses demeures avec plusieurs pièces. Certaines étaient attribuées aux domestiques: lingères, chauffeur, majordome, personnels des écuries.

C’est le cas de la propriété au 1 Chestnut Park, qui abritait près de 30 pièces et qui a été converti en 1987 en cinq appartements. Elle appartenait à l’époque à un monsieur Rirye, qui était propriétaire de la bijouterie Rirye Birks, une des plus anciennes compagnies canadiennes existantes.

La brique est également un élément fondamental de la construction des maisons de Rosedale, la pierre n’étant pas originaire de Toronto. La brique rouge de plusieurs de ces demeures était un matériau plus coûteux que la brique blanche ou jaune. La brique rouge était faite individuellement, tandis que la brique jaune était produite dans des moules avec de l’argile, ce qui facilitait la production en termes de quantité et de rapidité.

60 Crescent Road
Résidence du 60 Crescent Road, et ses murs de briques peints.

Le mouvement Art & Craft

À la fin du 19e siècle, qui marque aussi la fin de l’époque victorienne, le mouvement Art and Craft a gagné le  milieu architectural et des arts décoratifs au Royaume-Uni. La demeure du 52 Cluny Drive, appartenant en 1905 au banquier John Dixon, conserve les traces de cette volonté plus authentique, notamment avec les vitres des fenêtres en «diamants».

Dans un contexte de révolution industrielle, le style architectural des maisons à Rosedale était très unifié. Cependant, le mouvement a implanté l’idée d’un retour aux savoir faire artisanaux.

52 Cluny Drive
52 Cluny Drive, et le style Art and Craft.

Entre les styles Tudor et Cottage

Les toits à forte pente et les très hautes cheminées sont de style Tudor, reflétant l’identité culturelle britannique de l’ère médiévale.

Néanmoins, ce style se distingue aussi par son utilisation du bois. L’immeuble Castlemere est historiquement le premier édifice à appartements de Rosedale. Construit en 1912 par Henry Simpson, architecte apprenti du fondateur de Casa Loma, le bâtiment a été rebâti en 1988. L’immeuble est fait de plâtre peint.

Appartements Castlemere
Appartements Castlemere de style Tudor. Photo: Flickr.

Ancroft Place est plutôt représentatif du style Cottage, aussi populaire à cette période. Il rapelle l’élégance des banlieues à jardins de l’Angleterre, qui accordent davantage l’importance à l’entretien des paysages. Il est possible de remarquer une diversité de matériaux, brique, bois pierre, grands et hauts toits, ainsi qu’une certaine asymétrie.

Ancroft Place
Ancroft Place

Un quartier notoire

Si Rosedale s’est fortement développé avec l’essor du marché de l’immobilier au début du 20e siècle, le quartier était essentiellement habité par des personnalités importantes dans l’histoire de la ville de Toronto.

Parmi elles se trouvaient John Lye, grand architecte de la gare Union et du théâtre Royal Alex, William Davis à la tête de la grande compagnie de vente de porc à travers le Commonwealth, ou encore Lord Thompson, anciennement l’homme le plus riche du Canada.

19 Avondale, résidence de John Lyle.
19 Avondale, anciennement résidence de John Lyle.

Un ministre et une sénatrice de France en visite à Toronto

Franck Riester Ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité, de la Francophonie et des Français de l’étranger, et Mary Ng Ministre de la Promotion des exportations, du Commerce international et du Développement économique.

Le ministre français Franck Riester et la ministre canadienne Mary Ng au St-Lawrence Market de Toronto mercredi. Photo: Dave Abrue

En réponse au renforcement de l’accord commercial AECG entre le Canada et l’Union européenne, le ministre français Franck Riester (Commerce extérieur, Attractivité, Francophonie et Français de l’étranger) est allé à la rencontre des commerçants du St-Lawrence Market à Toronto ce 17 avril.

Il était accompagné de son homologue canadienne la ministre Mary Ng (Promotion des exportations, Commerce international, Développement économique).

Ce soir-là, Mathilde Ollivier, sénatrice des Français établis hors de France également de passage à Toronto, organisait dans un restaurant une rencontre avec des conseillers consulaires et des Français de Toronto, à laquelle toutefois la participation a été très faible.

Visite du marché

Ces visites suivaient la récente rencontre entre le premier ministre français Gabriel Attal et le premier ministre Justin Trudeau le 10 avril.

Le premier ministre Attal a aussi rencontré le premier ministre du Québec, François Legault, et il s’est exprimé à l’Assemblée nationale du Québec, notamment en appui au principe de la laïcité de l’État.

Franck Riester Ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité, de la Francophonie et des Français de l’étranger, et Mary Ng Ministre de la Promotion des exportations, du Commerce international et du Développement économique.
Franck Riester et Mary Ng Ministre avecc des fromagers au Marché St-Laurent de Toronto. Photo: Dave Abrue.

L’AECG – mieux connu par son signe anglophone CETA – vise à abaisser les droits de douane qui constitueraient un frein à la commercialisation de certaines marchandises entre le Canada et le continent européen.

En compagnie de Mary Ng, le ministre s’est arrêté dans plusieurs stands du marché, notamment spécialisés dans l’importation de produits français d’épicerie fine comme les fromages.

Pour ces commerçants, la vente de produits français est un atout «considérable».

Mary Ng explique à l-express.ca que, selon elle, le traité Canada-UE «est un excellent accord commercial pour le Canada et la France. Si l’on regarde les chiffres, depuis l’entrée en vigueur du traité, il y a une augmentation des importations de 66%, notamment de produits fromagers», appréciés de la clientèle canadienne.

Du côté français et européen, cette poignée de main avec le Canada est «stratégique.» Franck Riester avait visité quelques jours auparavant une mine d’uranium au Saskatchewan. La richesse du Canada en hydrocarbures et en métaux, explique-t-il, peut servir de la clé de voûte de l’indépendance de l’Europe, notamment par rapport à la Russie.

Franck Riester Ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité, de la Francophonie et des Français de l’étranger, et Mary Ng Ministre de la Promotion des exportations, du Commerce international et du Développement économique.
Rencontre avec les gérants d’une chocolaterie. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

Consolider le libre-échange

L’AECG a récemment été sujet d’une controverse au Sénat français: une opposition des deux côtés de l’hémicycle a presque stoppé la ratification de cet accord.

Sont pointés du doigt ses conséquences sur le climat, avec l’augmentation des gaz à effet de serre. L’absence de clauses miroirs ferait également de l’ombre aux agriculteurs français et engendrerait un déséquilibre des normes alimentaires.

Face aux doutes concernant les «perdants» de cette affaire, Franck Riester veut chasser les incertitudes en évoquant la création de «chaînes de soutien entre deux nations qui partagent les mêmes valeurs, celles de la démocratie».

À cet effet, le ministre a par ailleurs souligné que cet accord «gagnant-gagnant» favorise les investissements. Les mots d’ordre de cette rencontre ont été «plus d’importations, plus d’exportations, plus d’investissements».

Fromager au Marché St Lawrence.
Les ministres Franck Riester et Mary Ng au Marché St Laurent. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

Alliances commerciales à travers la francophonie

Soutenir la construction d’alliances, c’est le point d’ancrage de la démarche économique du gouvernement français.

Cette volonté résonne avec le 19e Sommet de la Francophonie qui aura lieu dans quelques mois au Château de Villers-Cotterêts. À Paris, on recevra notamment plusieurs entreprises pour créer des liens économiques.

Une jeune sénatrice

Depuis six mois, Mathilde Ollivier, 29 ans, fait partie des 12 sénateurs représentant les Français établis à l’étranger, élus par leurs conseillers consulaires (il y en a quatre pour l’Ontario et le Manitoba).

Mathilde Ollivier
La sénatrice française Mathilde Ollivier.

Installée en Autriche après avoir vécu dans différents pays, Mathilde Ollivier siège désormais au Sénat français, dont elle est la plus jeune membre. Elle est membre du parti Europe Écologie Les Verts.

«Ce que je porte en tant que jeune scénariste écologiste, c’est à la fois que nous sommes des élus locaux, c’est la volonté d’avoir des lieux de structure pour porter notre voix. On se retrouve avec une moyenne de personnes plutôt âgée et conservatrice», explique-t-elle.

Un enjeu: les comptes bancaires

Seulement deux Français de Toronto ont participé à cette rencontre. «Je vis à Toronto depuis 2010, c’est l’occasion pour moi d’en apprendre plus sur nos conseillers consulaires et sénateurs», explique l’un des participants à l-express.ca.

La sénatrice française Mathilde Ollivier, en compagnie d'Olivier Giffaux conseiller consulaire de l'Ontario et du Manitoba.
La sénatrice française Mathilde Ollivier, en compagnie d’Olivier Giffaux, conseiller consulaire de l’Ontario et du Manitoba, et de deux citoyens Français de Toronto. Photo: Lila Berdai, l-express.ca.

La discussion a été amorcée par la problématique de la gestion des comptes en banque des Français vivant à l’étranger.

«C’est en effet l’une des grandes questions. À partir du moment où nous ne sommes plus résidents fiscaux français, mais que nous vivons à l’étranger, notre compte bascule, car cela demande une gestion particulière des banques avec un coût important», répond le conseiller consulaire Olivier Giffaux, issu lui aussi du parti EELV.

Sur toile de fond d’enjeux environnementaux, le petit comité a aussi débattu de nucléaire, décarbonisation et pesticides.

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