Ado défigurée par un ours: le regard qui compte est transcendant
Chez les ados, l’apparence physique revêt parfois une importance démesurée. Mais quel est l’impact d’un extérieur soudainement défiguré sur le regard des autres et son propre regard sur soi? Leanne Baugh répond à cette question dans le roman intitulé L’histoire sur mon visage. La narratrice est Abby Hughes, 17 ans, élève de Rocky View High School à Calgary. En 11e année, elle menait la vie d’une ado jolie et ordinaire. Puis, durant l’été, Abby subit l’attaque d’une ourse grizzly dans les montagnes Rocheuses. Son visage devient méconnaissable. Réseau de cicatrices. Joue concave. Œil droit presque entièrement recouvert par sa paupière. […]
À chacun son histoire pas d’allure… de bière, de resto et de femmes
Présenté comme un roman en fragments, Des bières et des femmes, de Julie Myre Bisaillon, raconte les boires et déboires d’un petit resto d’une microbrasserie rurale dans les Cantons de l’Est. Le tout se résume à cette phrase glanée en cours de route : « À chacun son histoire pas d’allure. » La narratrice est Maude, 41 ans. Son chum est Nath ; elle à 34 ans. Puis il y a Meg, la serveuse la plus expérimentée de la gang, qui sait « revirer un client de bord sans que ça paraisse et gérer les bikers ». « Bonjour, vous avez rejoint le Restaurant […]
Baptiste Thery-Guilbert propose de lire son roman par le début ou par la fin
Paris, 1987-1992. Le narrateur est un homosexuel épris d’un homme du même âge que lui. Ce mec n’est jamais nommé (son prénom est noirci dans le texte). Baptiste Thery-Guilbert signe Pas dire, un roman qu’on peut lire en commençant par le début ou par la fin. L’auteur précise que les lecteurs préférant le sens chronologique choisiront de commencer par la fin, l’expérience étant alors complètement autre. Avec une telle mise en demeure, on devine que le texte sera trituré ou torturé. Il l’est à souhait. Essayer les garçons Thery-Guilbert se demande ce qui vaut la peine de noircir une page […]
3e tome de La Vie avant tout, roman fourre-tout de Michel Langlois
Le romancier Michel Langlois a déjà à son actif quatre sagas en quatre tomes chacune. Il entend récidiver avec La Vie avant tout, dont le troisième tome vient de paraître sous le titre La vérité sans compromis, toujours aux Éditions Hurtubise. Nous suivons toujours la famille Marion de Saint-Jean-Port-Joli. Après la mort de Roméo, en 1924, c’est son fils aîné Bruno qui tient désormais l’Auberge du JoliPort avec sa femme Marie-Ève Bourgault. Bourgault, synonyme de sculpture sur bois Le nom Bourgault à Saint-Jean-Port-Joli est synonyme de sculpture sur bois. Nous avons droit à un rappel du rôle joué par Médard, […]
Homophobie, harcèlement et outing chez des jeunes LGBTQ français
Presque toutes les semaines, je découvre un roman ou un récit sur une thématique LGBTQ. Le plus récent est Jonas, de l’écrivaine française Lily Arcœur. Il s’agit en grande partie d’un texte sur l’acceptation de soi en désaccord avec son environnement familial. Adam et Ève, pas Adam et Yves ! Nous sommes à Paris, en 2012. La narratrice est Louve, 16 ans, et c’est son frère de 15 ans qui s’appelle Jonas. Inséparables, presque comme des jumeaux, ils fréquentent un lycée catholique, et leurs parents affichent ouvertement leur homophobie, notamment leur opposition farouche au mariage de même sexe. Plusieurs passages […]
Condamnations injustes : John Grisham s’attaque à un système pourri
La quarantaine de romans de John Grisham, grand auteur de thriller contemporain, s’est vendue à plus de 100 millions d’exemplaires. Son tout dernier, The Guardians, ou Les oubliés en français, illustre comment «il est facile de condamner un innocent et quasiment impossible de le disculper ensuite». Avec Les Oubliés, publié aux Éditions JC Lattès, on plonge dans un système où une justice lente est un déni de justice. John Grisham en Floride John Grisham décrit avec brio comment la prison est un cauchemar pour ceux qui la méritent et un combat de chaque jour pour ne pas perdre l’esprit dans […]
Le comptable J. Gérard Léger entreprend une carrière d’écrivain à 90 ans
Au moment de la retraite, certaines personnes tentées par l’écriture décident de publier leurs mémoires, mais plus rares sont ceux qui s’aventurent dans la fiction. C’est la voie qu’a choisie J. Gérard Léger qui lance, à 90 ans, ses deux premiers tomes de la saga familiale Les enfants de la mer. L’auteur nonagénaire de Richibucto, au Nouveau-Brunswick, est passionné d’écriture et a d’autres ouvrages en chantier. «Au moment où tout le monde accroche ses patins, moi je les achète», déclare J. Gérard Léger, avec humour. J. Gérard Léger retrouve le bonheur Celui qui a perdu son épouse il y a […]
Josée Ouimet affectionne la saga historique… et sentimentale
Josée Ouimet a publié près de 40 romans et biographies, tant pour jeunes que pour adultes. On lui connaît, entre autres, deux sagas historiques en trois tomes qui ont connu un bon succès. Elle a décidé de récidiver avec Dans le secret des voûtes, dont le premier tome s’intitule Le trésor des augustines. Des munitions pour les tomes 2 et 3 Pendant plus de 250 pages, la romancière campe ses personnages et développe des imbroglios, mais ne boucle jamais la ceinture. Elle garde ses munitions pour faire avancer l’intrigue dans les deux prochains tomes de sa saga historique. Parlant de […]
Chasseur au harpon : texte fondateur de la littérature autochtone
Markoosie Patsauq (1941-2020) a publié le roman Chasseur au harpon en trois volets, entre 1969 et 1970, dans les pages de l’Inuktitut Magazine. La version que j’ai lue est la première traduction rigoureuse en français d’Uumajursiutik unaatuinnamut, établie par Valérie Henitiuk et Marc-Antoine Mahieu. Auparavant, les versions françaises étaient faites à partir de la traduction-adaptation anglaise. Chasseur au harpon, le premier roman en inuktitut Chasseur au harpon est considéré comme le premier roman en inuktitut jamais publié. Grâce à ce livre qui a grandement contribué à l’essor de la littérature autochtone au Canada, Markoosie Patsauq plonge dans la réalité d’une communauté […]
Raymond Cloutier tente d’expliquer comment sortir du non-amour
« C’est toujours plus facile de commencer que d’arrêter une liaison amoureuse. Comment en finir ? Comment arracher tous les fils cachés de son histoire ? » Voilà ce que Raymond Cloutier tente d’expliquer dans son roman simplement et merveilleusement intitulé L’échéance, publié aux Éditions Québec Amérique. D’un chapitre à l’autre, on alterne entre le dire de Raymond et celui de Véronique, entre deux visions de l’amour, entre deux générations aussi. À 60 ans, Robert retrouve l’amour avec Véronique, 27 ans. Il rajeunit de 20 ans, il ressuscite, les projets fusent. L’obsolescence de la relation Or, après 10 ans de […]
Jacques Cartier ne se laisse pas enfirouaper
Camille Bouchard écrit surtout pour un jeune public. On lui doit près de 150 titres (nouvelles, récits et romans). Avec Les Grossièretés de Jacques Cartier, il entame une nouvelle série intitulée Exploratus, pour les préados, aux Éditions Boréal. Le narrateur du roman est Charles-Antoine, 11 ans, qui vit dans un modeste village de la Côte-Nord. Sa petite vie tranquille bascule le jour où son grand-oncle hérite d’une vieille maison en Colombie-Britannique. Les deux s’envolent vers Vancouver pour voir ce qu’une excentrique parente à léguer. Des trucs bizarroïdes Dans le Prologue, Charles-Antoine avoue que des trucs bizarroïdes lui arrivent et que, […]
La saga de La Pension Caron : l’armée, l’Église et le sexe
Le romancier Jean-Pierre Charland a un penchant pour les sagas. Comme il fallait s’y attendre, il nous sert le troisième tome de La Pension Caron : «Grands drames, petits bonheurs». Nous sommes en 1941 et la guerre fait rage depuis plus de deux ans. Ce contexte bouleverse la vie de plusieurs à la Pension Caron. La Pension Caron et ses personnages Parmi les personnes qui reviennent en force, il y la propriétaire de la Pension Caron, Précile Caron, et son amoureux Léandre Gonthier, le couple Louis et Constance Bujold, les «vieilles filles» Jovette et Yvette ainsi que Lise et Hélène, […]