Premier livre en anglais: pas de veine pour Paul-François Sylvestre
C’est ce soir, 8 avril à 18h, que devait avoir lieu le lancement du premier livre en langue anglaise de notre collaborateur Paul-François Sylvestre. Cela devait se dérouler à Glad Day Bookshop, rue Church, à Toronto. CoViD-19 oblige, la librairie dans le village gai est fermée, et le lancement est reporté à une date indéterminée. «Je n’ai pas de veine!», dit-il. «À peine arrivé sur les tablettes, mon livre n’est pas accessible et une séance de signature demeure impossible.» Rappelons que l’ouvrage intitulé Man-to-Man Pleasure regroupe trente-six courtes nouvelles homoérotiques réparties dans six catégories: First Time and Coming Out, Interracial, […]
Roman atypique à l’allure de livre savant
«On ne peut pas se nourrir de colère, d’amertume et de regret […], car la survie n’est pas un acte égoïste, mais un impératif.» Voilà qui résume assez bien le tout dernier roman de Micheline Marchand, Perdue au bord de la baie d’Hudson. Destiné à un public ado, l’ouvrage intéressera tout autant un lectorat adulte. La protagoniste du roman se prénomme Zoé, une adolescente qui est mal dans sa peau. Pour affronter ses démons et vaincre la culpabilité qui la tenaille, elle s’enfuit d’Ottawa et se réfugie chez son cousin à Churchill, au nord du Manitoba, au bord de la […]
Courir plusieurs lièvres à la fois
Le premier roman de Karine Boucquillon-Davidson, Les baleines pleurent aussi, renferme plusieurs accents torontois. Le personnage principal est chroniqueur francophone au quotidien bilingue de la Ville Reine. Il rencontre une partenaire au Salon du livre de Toronto. L’auteure écrit que la francophonie de Toronto est «bariolée et multicolore» et que la rue Queen est le pouls artistique de la capitale ontarienne. Franco-Manitobain de naissance, Pierre Dumont a l’impression de passer sa vie à attendre que quelque chose se produise. Il souhaite partager sa vie avec «une femme qui fait fonctionner son cœur et sa tête plutôt que son décolleté et […]
Un polar qui manque de punch
Dans les polars, l’enquêteur devient souvent un personnage culte qui revient d’un épisode à l’autre. Agatha Christie a créé Hercule Poirot, Louise Penny a mis en scène Armand Gamache, Claude Forand a campé Roméo Dubuc et Donna Leon a imaginé Guido Brunetti qui a plus de vingt-cinq enquêtes à son actif. La plus récente s’intitule La Tentation du pardon. Nous sommes toujours à Venise, avec ses canaux et vaporettos. L’astucieuse signorina Elettra fait toujours de la recherche pour le commissaire Brunetti, cette fois-ci dans le monde souterrain des ordonnances émises et remplies par de scandaleux professionnels de la santé. À […]
Une histoire autochtone fait lire Calgary en français
Un livre en français figurait récemment – possiblement pour la première fois – au palmarès des 10 des meilleures ventes de la semaine dans les librairies… à Calgary! Le 6 février, la franco-autochtone Virginia Pésémapéo Bordeleau était à l’Alliance française de Calgary pour une soirée autour de son roman Ourse bleue. Le 15 février, le Calgary Herald classait ce livre en 6e position des meilleures ventes de la semaine dans deux librairies indépendantes. «Une première pour un livre en français», revendique la maison d’édition La Pleine Lune. Surtout que la première place de ce classement est occupée par la version […]
Aimer aveuglément et douloureusement
Dans Escales parisiennes, le tout dernier roman de Denis-Martin Chabot, le narrateur n’est pas identifié, mais qui connaît l’auteur devine aisément qu’il est lui-même ce narrateur mystérieux. Chabot a travaillé pour Radio-Canada à Edmonton, un des lieux d’action de l’intrigue, et a publié des romans homoérotiques qui plaisent à un des principaux personnages. Autofiction J’ai deviné assez vite qu’Escales parisiennes est une autofiction. L’identité des personnages secondaires a été changée et quelques faits ont été modifiés, mais «si les personnes impliquées lisent mon livre avec attention, elles pourront s’identifier». Escales parisiennes est même un roman à succès dans le roman […]
Police et politique: un voisinage mortel
L’inspecteur Henri Dufaux du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne s’intéresse pas à des petits crimes sans imagination commis par des quidams vite démasqués. Dans le roman On tue…, Jean-Jacques Pelletier plonge son personnage culte dans une série de meurtres horribles où les suspects vont du crime organisé au tueur en série, en passant par un groupe de sauveurs autoproclamés de la planète, les Ultravéganes. Style coloré On retrouve les habituels membres de l’équipe policière de Dufaux sous leurs noms colorés: Parano, Kodak, Paddle, Humpty Dumpty, Sarah la noire, Sarah la rousse. Le style aussi est […]
Monia Mazigh : choisir au lieu de subir
Le besoin d’indépendance et de liberté des femmes tunisiennes dans les années 1940-1970 est au cœur de Farida, troisième roman de Monia Mazigh qui a immigré au Canada en 1991. Elle vit maintenant à Ottawa, après avoir lutté pour libérer son époux, Maher Arar, déporté en Syrie. L’action du roman commence en 1941, à l’époque où la Tunisie est un protectorat français marqué par une culture arabo-musulmane qui nie le pouvoir des femmes, voire le moindre rêve d’indépendance. Ironiquement, on assiste à l’indépendance du pays, mais pas à celle des femmes. Mariage forcé Le personnage éponyme est forcé par son […]
100e anniversaire de la mort d’Aurore l’enfant martyre
Le nom d’Aurore Gagnon (1909-1920) ne dit pas grand-chose à bien des gens. Ajoutez-y «l’enfant martyre» et voilà que les souvenirs affluent. Ce qui aurait pu passer pour un fait divers est devenu une leçon de morale. Marie-Aurore-Lucienne Gagnon naît le 31 mai 1909 à Sainte-Philomène-de-Fortierville, dans le comté de Lotbinière au Québec, du mariage de Télesphore Gagnon et Marie-Anne Caron. Sa mère meurt en 1918 et, une semaine plus tard, son père épouse en secondes noces Marie-Anne Houde. 54 blessures sur le corps d’Aurore Gagnon Le 12 février 1920, on appelle un médecin au chevet de la petite Aurore. […]
Portrait perspicace des «vieux»
«Retraité ne veut pourtant pas dire la fin d’une vie. Pour certains, c’est le début de quelque chose de plus exaltant.» Voilà une réflexion très juste lancée par le personnage principal du roman Le vieil homme sans voix, de Didier Leclair. Il se prénomme Wesley et fête ses 80 ans dans une luxueuse résidence pour aînés à Toronto. Comme le titre l’indique, Wesley a perdu la parole. Il passe ses journées à l’intérieur de sa tête, dans le clair-obscur de sa vie. La vraie fortune «Quand je vivais à l’extérieur de ma tête, à courir les jupons et à collectionner […]
Treize rebelles haïtiens jouent aux héros
Dans son tout dernier roman, Le jour se lèvera, Gabriel Osson tire de l’oubli une des plus téméraires et utopiques aventures pour renverser le régime dictatorial de François Duvalier en Haïti à l’été 1964. La guérilla de 13 jeunes adultes suit le principe qu’«il n’y a point de liberté sans révolution. Il faut du sang pour améliorer le monde.» Ces treize hommes sont Max Armand, Jacques Armand, Gérald Brierre, Mirko Chandler, Louis Drouin fils, Charles Forbin, Jean Gerdès, Réginald Jourdan, Yvan Laraque, Marcel Numa, Roland Rigaud, Guslé Villedrouin et Jacques Wadestrandt. De l’histoire à la fiction Bien que s’inspirant des […]
«Batinse que c’curé-là est pas d’adon!»
Journaliste émérite de Radio-Canada, Daniel Lessard s’est inspiré d’une polémique entourant les deuxième et troisième cimetières à Saint-Léon-de-Standon (Québec), entre 1938 et 1945, pour écrire son neuvième roman, La dalle des morts. C’est l’histoire ahurissante et macabre, voire tragique par moments, d’une guerre ouverte entre un curé et ses ouailles. Prénoms rares Daniel Lessard précise que «certains événements son véridiques», alors que d’autres ont été modifiés où ont jailli de son imagination. Il en va de même pour les noms des personnages. Le cardinal Rodrigue Villeneuve est vrai, mais le curé Alyre Verreault, le diable en personne, s’appelait plutôt Léonidas […]