100e anniversaire de la mort d’Aurore l’enfant martyre

Aurore Gagnon
Une scène du film La Petite Aurore l’enfant martyre (1952).
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Le nom d’Aurore Gagnon (1909-1920) ne dit pas grand-chose à bien des gens. Ajoutez-y «l’enfant martyre» et voilà que les souvenirs affluent. Ce qui aurait pu passer pour un fait divers est devenu une leçon de morale.

Marie-Aurore-Lucienne Gagnon naît le 31 mai 1909 à Sainte-Philomène-de-Fortierville, dans le comté de Lotbinière au Québec, du mariage de Télesphore Gagnon et Marie-Anne Caron. Sa mère meurt en 1918 et, une semaine plus tard, son père épouse en secondes noces Marie-Anne Houde.

Aurore Gagnon, enfant martyre
Yvonne Laflamme dans le rôle d’Aurore dans le film de 1952: La petite Aurore l’enfant martyre.

54 blessures sur le corps d’Aurore Gagnon

Le 12 février 1920, on appelle un médecin au chevet de la petite Aurore. Il la trouve dans le coma, couverte de blessures étranges auxquelles elle ne survit pas. Le lendemain, le quotidien Le Soleil révèle la mort mystérieuse d’une enfant de 10 ans.

L’enquête du coroner et une autopsie font état de 54 blessures. Celles-ci ne peuvent être que le résultat des coups portés à l’enfant. Le couple est arrêté et emprisonné en mars 1920.

Après huit jours de procès et de reportages sensationnels dans les journaux, la cour condamne Marie-Anne Houde à être pendue le 1er octobre 1920. Et elle déclare Télesphore Gagnon coupable d’homicide involontaire. Il écope d’un emprisonnement perpétuel.

Le 29 septembre 1920, Marie-Anne Houde, qui avait donné naissance à des jumeaux en prison, voit sa sentence commuée en prison à vie. Libérée en juillet 1935, elle meurt en mai 1936. Quant à son mari, il retrouve lui aussi sa liberté après cinq années de prison.

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Aurore Gagnon, enfant martyre
L’affiche du film La petite Aurore l’enfant martyre (1952).

Pièce, romans et film sur l’enfant martyre

Ces événements inspirèrent la pièce Aurore, l’enfant martyre, créée par Léon Petitjean et Willie Plante en janvier 1921. On l’a jouée environ 5 000 fois en 30 ans.

Aurore fournit le sujet à plusieurs romans, dont le plus connu est La Petite Aurore, d’Émile Asselin (1952). Asselin, qui avait pris soin de modifier les noms de famille, en tira le scénario du film La Petite Aurore l’enfant martyre.

Le père tenta par une injonction de faire interdire sa projection, mais la cour tint compte du caractère fictif de l’œuvre. On présenta le film simultanément à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke et Hull en 1952.

Synonyme de misérabilisme

La référence au nom ou à l’histoire d’Aurore Gagnon est devenue un lieu commun au Québec et au Canada français.

Aurore est le nom qu’on donne familièrement à toute victime de mauvais traitements, de sévices ou tout simplement d’une éducation trop sévère.

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