Parlement francophone des jeunes: Ariel Stone Beti a porté la voix de l’Ontario à Yaoundé

Parlement francophone des jeunes : Ariel Stone Beti porte la voix de l’Ontario à Yaoundé
Ariel Stone Beti a représenté l’Ontario au Parlement francophone des jeunes (PFJ), aux côtés d’une étudiante de l’Université d’Ottawa. Photo: https://apf-francophonie.org/
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Publié 17/08/2026 par Hamza Ziad

Du 6 au 11 juillet, Yaoundé, au Cameroun, a accueilli la 11e édition du Parlement francophone des jeunes (PFJ), réunissant des jeunes des pays francophones autour des grands enjeux de leur génération.

Né d’une décision prise au Sommet de la Francophonie de Moncton en 1999, le PFJ offre aux jeunes de 18 à 25 ans une immersion dans les rouages de la vie parlementaire. Cette année, 61 participants issus de 29 sections ont pris part aux travaux.

Parmi eux, Ariel Stone Beti, étudiant en Techniques des systèmes informatiques au Collège Boréal et futur étudiant en ingénierie informatique à l’Université d’Ottawa, représentait l’Ontario.

Pour lui, le voyage avait des airs de retour aux sources: originaire de Yaoundé, où il a grandi, il retrouvait sa ville natale non pas pour les vacances, mais pour y porter la voix de la jeunesse franco-ontarienne.

Une appellation qui peut toutefois être trompeuse, selon lui. «Quand on entend “Parlement francophone des jeunes”, on peut s’imaginer un environnement très institutionnel et formel. Pourtant, c’est une ambiance familiale et décontractée, où l’accent est surtout mis sur l’activisme et l’engagement des jeunes», raconte-t-il à l-express.ca.

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Parlement francophone des jeunes : Ariel Stone Beti porte la voix de l’Ontario à Yaoundé
À Yaoundé, 61 jeunes de 18 à 25 ans, issus de 29 sections de l’espace francophone, ont pris part à la 11e édition du Parlement francophone des jeunes. Photo: courtoisie

L’authenticité comme carte de visite

À 19 ans, Ariel Stone Beti évolue à la croisée de deux univers: l’informatique, son domaine d’études, et l’engagement jeunesse, qui occupe une place importante dans son parcours.

Au moment de poser sa candidature au PFJ, il décide de jouer la carte du naturel. Dans la vidéo exigée pour la sélection, pas de discours récité ni de formalisme à outrance: Ariel préfère parler avec sincérité, pour montrer qui il est et ce qui nourrit son engagement. Une approche qui traduit sa conviction: l’authenticité reste parfois la meilleure façon de se présenter tel que l’on est.

AFRY
Yasmine Malek Menasria.

L’Association des francophones de la région de York (AFRY), qui lui avait fait connaître cette occasion, l’a également accompagné afin de mieux mettre en valeur son engagement civique auprès des jeunes.

«Voir un client de l’AFRY représenter l’Ontario au PFJ est une immense fierté. Au-delà de la réussite d’Ariel, c’est la démonstration que lorsqu’on croit au potentiel des jeunes nouveaux arrivants et qu’on leur offre un accompagnement de qualité, ils peuvent accomplir des choses extraordinaires», souligne Yasmine Malek Menasria, directrice générale de l’AFRY.

Une réussite qui permet aussi, selon elle, à ces jeunes de «devenir des ambassadeurs de la francophonie ontarienne sur la scène internationale».

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Parlement francophone des jeunes : Ariel Stone Beti porte la voix de l’Ontario à Yaoundé
Au PFJ, les jeunes reproduisent les rouages du travail parlementaire: les résolutions élaborées en commission sont débattues, amendées et votées en séance plénière avant d’être présentées aux parlementaires de l’APF. Photo: apf-francophonie.org

Mettre un frein au défilement infini

Parmi les idées défendues au sein de la Commission de l’éducation, de la culture et de la communication, dont Ariel Stone Beti faisait partie, l’une s’attaque à un geste devenu presque automatique: faire défiler sans fin le contenu sur les réseaux sociaux.

Adoptée au PFJ, la résolution invite les parlementaires et les gouvernements des États francophones à légiférer pour contraindre les plateformes à interdire le défilement infini, associé à un usage excessif et addictif. Elle appelle aussi à mieux prévenir les troubles cognitifs, socio-affectifs et mentaux liés à un usage problématique des réseaux sociaux.

«L’idée, c’est de briser le cycle du défilement», explique Ariel. Cette coupure permettrait, selon lui, de reprendre le contrôle de son attention, un peu comme on reprend son souffle après une longue apnée.

Reste à passer de la résolution à la réalité. Ariel reconnaît que les géants du numérique pourraient difficilement accepter une mesure qui bouscule leur modèle d’affaires. Si cette proposition venait à se traduire dans la législation, la balle serait alors dans le camp des pouvoirs publics, appelés à ouvrir le dialogue avec les plateformes pour en assurer l’application.

Parlement francophone des jeunes : Ariel Stone Beti porte la voix de l’Ontario à Yaoundé
À Yaoundé, le Parlement francophone des jeunes a offert à une nouvelle génération de francophones un espace pour confronter ses idées et faire entendre ses priorités. Photo: apf-francophonie.org

Rapprocher les jeunes de la politique

Le désengagement politique des jeunes ne rime pas forcément avec désintérêt. C’est l’une des convictions qu’Ariel Stone Beti retient des discussions du PFJ autour de la participation démocratique.

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Selon lui, beaucoup souhaitent faire entendre leur voix, mais ne savent pas toujours comment pousser la porte des institutions. «Il faut aller au-delà des articles et des vidéos. Il ne suffit pas de dire aux jeunes de s’engager: il faut leur montrer concrètement comment le faire et leur donner des occasions d’y participer», explique-t-il.

Sensibiliser ne suffit pas; il faut ouvrir la porte et tendre la main.

Stages, séances d’information, rencontres ou hackathons: Ariel plaide ainsi pour un accompagnement de proximité, capable de démystifier les rouages de la vie politique et parlementaire.

L’enjeu touche aussi à l’égalité des chances. Dans certains pays, notamment en Afrique, il observe que ces espaces demeurent plus accessibles à certaines catégories sociales.

Selon lui, démocratiser l’engagement suppose donc d’ouvrir ces occasions à tous les jeunes, peu importe leur milieu social, pour passer de l’intérêt à l’action.

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Parlement
Le Parlement canadien à Ottawa. Photo: Eya Ben Nejm, Francopresse

Après Yaoundé, cap sur Ottawa

L’expérience du PFJ terminée, Ariel Stone Beti a quitté sa ville natale avec l’envie de donner une suite concrète à cette aventure. Son ambition: mettre ce qu’il y a appris au service des jeunes francophones en Ontario, au Canada et au-delà.

«Je ne compte pas forcément devenir député ou chef d’un parti politique, mais surtout éclairer, accompagner et faciliter le chemin de la jeunesse francophone pour contribuer à un monde meilleur. Le monde se porte mal: des gens meurent de faim, d’autres se noient dans les océans ou sont victimes de nombreux fléaux. Il reste beaucoup à faire», confie-t-il.

À la rentrée, un nouveau chapitre s’ouvrira pour le jeune homme à l’Université d’Ottawa, où il entamera des études en ingénierie informatique.

Un changement de cap académique qui le rapprochera aussi, géographiquement, de la Colline parlementaire. «Je commence une nouvelle formation, mais je serai tout près du Parlement… On ne sait jamais », lance-t-il en riant.

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