Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.
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Marche gastronomique dans Chinatown
Dix plats dans six restaurants ou pâtisseries de Chinatown. Voilà ce que vous pouvez déguster durant un tour de deux heures et demie avec un guide de Toronto Food Tours, qui pimente sa visite de repères historiques sur la Ville Reine et sa population chinoise. Le guide Ariel, jeune trentaine, a accueilli deux Mexicaines, quatre Britanniques et un Franco-Ontarien à l’angle des rues College et Spadina pour une marche gastronomique qui vaut facilement 89 $. Autrefois près du Marché Ariel nous propose d’abord une succulente brioche au porc à la vapeur chez Mashion Bakerey. Après à peine une bouchée, il […]
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Errer entre deux mondes
Guy Bélizaire vient de publier À l’ombre des érables et des palmiers, un recueil de nouvelles dont certaines sont écrites au « je ». Est-ce une entreprise autobiographique où le filon de chaque histoire puise dans le vécu de l’auteur? On pourrait le croire puisque Guy Bélizaire est né à Cap-Haïtien, comme plusieurs des personnages qu’il met en scène dans ses nouvelles. Le titre, fort bien choisi et finement ciselé, évoque l’exil, la fuite de l’île haïtienne vers un coin du Canada, le plus souvent Montréal. Il est très souvent question de discrimination, d’injustice, de racisme, de déracinement et de pauvreté. Il […]

Une réserve d’émotions
Le Musée de la civilisation, à Québec, compte 225 000 pièces ethnographiques, anthropologiques et artistiques dans ses collections. Pour célébrer son 30e anniversaire, il en présente quelques centaines dans l’exposition Sortir de sa réserve – 400 objets d’émotion. C’est en montre jusqu’au 7 janvier 2019. On se promène dans neuf zones représentant chacune une aspiration humaine: S’enraciner, Se transporter, Habiter, Apprendre, S’exprimer, Paraître, S’élever, Se perdre, Jouer. Caverne d’Ali Baba On dirait que les objets d’émotion sortent d’une caverne d’Ali Baba; ils vont d’un bison des bois empaillé à la cage de la Corriveau, en passant par les costumes de Sol et […]
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Il y a eu du théâtre en français à Toronto bien avant le TfT
On vient de souligner les 50 ans du Théâtre français de Toronto, anciennement le Théâtre du P’tit Bonheur. Le nom original de la troupe fait écho à son premier spectacle, Le P’tit Bonheur de Félix Leclerc, au printemps de 1967. Mais il y a eu du théâtre en français à Toronto bien avant cela. On sait que la présentation de pièces servait à divertir les soldats dans les forts français en Ontario dès le XVIIIe siècle. Cela s’est-il produit aux forts Douville / Portneuf / Rouillé (Toronto) tout comme au fort Conti (Niagara) sous Pierre Pouchot? C’est bien possible. Chose certaine, […]

Quand l’art est une affaire dangereuse
L’écrivain anglo-soudanais Jamal Mahjoub publie sous le pseudonyme de Parker Bilal. Il parle six langues, dont le français, et son tout dernier roman s’intitule Le Caire, toile de fond. Ce polar illustre assez bien que le monde de l’art peut être «un business à haut risque». C’est chose bien connue que des œuvres d’art apparaissent et disparaissent avec une infaillible régularité. L’œuvre en question dans ce polar est «La Tour des chevaux bleus», toile d’une valeur inestimable de l’expressionniste allemand Franz Marc. Elle a été confisquée par les nazis dans les années 1930. Le tableau en question existe vraiment et […]
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Donner forme à une utilisation ou à une situation
Depuis décembre dernier, la Galerie famille du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) a fait peau neuve. L’espace a été réinventé grâce à l’exposition D’entrée de jeu, qui présente des créations du maître de la structure-sculpture, l’artiste José Luis Torres. C’est en montre jusqu’au 14 octobre. D’origine argentine, Torres vit au Québec depuis 2003. Il aime faire exploser les couleurs vives et attrayantes grâce à une utilisation iconoclaste de matériaux recyclés. Aux couleurs, il ajoute une touche d’humour et un élément d’interaction. Promenade dans la création D’entrée de jeu donne à voir, à toucher, à vivre et à réinventer, […]
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Maculer l’âme puérile d’une innocente
Odette Mainville a récemment publié un troisième roman intitulé Julie, droguée et prostituée malgré elle, où on voit comment l’infamie peut s’emparer d’une vie et la transformer en cauchemar. J’ai rarement vu un ouvrage décrire avec autant d’acuité comment une personne peut se vautrer dans la fange de la prostitution. La Julie du titre a 3 ans lorsque sa mère perd la vie dans un accident de la circulation. La grand-mère élève l’enfant tant que la santé le lui permet. Fermée sur elle-même, Julie devient victime de railleries et de mesquineries au primaire et au secondaire. Gang de rue À […]

Mon étiquette, c’est ma casquette
Jusqu’au 8 octobre prochain, le Musée de la civilisation présente 43 vêtements et accessoires qui proposent un regard sur l’étiquette vestimentaire de la bourgeoisie de la première moitié du XXe siècle. L’exposition s’intitule Bibis, cloches et escarpins. Au début des années 1900, on insiste beaucoup sur le «paraître» selon certaines normes sociales. Pour ne pas détonner, hommes et femmes se conforment à un code qui dicte la manière de s’habiller et de se comporter: l’étiquette. Chapeau et étiquette font penser à une chanson de Dany Aubé (1966) où elle entonnait «C’est moi la rage de l’entourage / mon étiquette, c’est ma […]