Valentin Musso, thrilleriste redoutablement efficace

Musso
Valentin Musso, Dernier été pour Lisa, roman, Paris, Éditions du Seuil, 2018, 400 pages, 34,95 $.
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C’est au courant de l’été que j’ai découvert le romancier français Valentin Musso. Je ne savais pas qu’il avait publié des thrillers en 2010, 2011, 2012, 2014 2015 et 2016. Son tout dernier s’intitule Dernier été pour Lisa, un ouvrage d’une redoutable efficacité. Mon coup de cœur de lectures estivales.

Valentin Musso situe son intrigue en 2004 et 2016, à Black Oak, bourgade assez morne du Wisconsin. On plonge dans un petit univers stable et routinier que les gens ne quitteraient pas pour rien au monde; c’est aussi un endroit où «même les secrets les mieux cachés finissent par refaire surface».

Trois élèves inséparables

En 2004, trois élèves terminent leur cours secondaire. Nick Altman, Lisa Nielsen et Ethan Walker sont appelés «les Inséparables». Dans la nuit du 20 au 21 août, après une soirée bien arrosée, Lisa, 17 ans, est trouvée morte sur les rives du lac Michigan. Son soi-disant petit-ami Ethan est aussitôt arrêté, accusé, reconnu coupable et incarcéré.

Il n’est pas rare qu’une personne soit condamnée en raison de ses antécédents ou de sa mauvaise réputation, et non pas en raison de preuves documentées hors de tout doute. Il s’ensuit des erreurs judiciaires.

C’est ce qu’un juge estime 12 ans après l’incarcération d’Ethan. Libéré, le prétendu assassin de Lisa Nielsen revient à Black Oak où 90% des résidents le croient toujours coupable.

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Jongler avec la criminologie et la psychologie

Valentin Musso excelle dans l’art de jongler avec la criminologie et la psychologie, avec les liaisons amoureuses et les relations troubles aussi.

Son narrateur est Nick Altman, devenu écrivain à succès à New York. À 30 ans, il revient lui aussi à Black Oak en 2016 pour l’enterrement de son père. Il croise une sorte de «justicier redresseur de torts». Tous deux veulent découvrir le vrai coupable du meurtre de Lisa Nielsen.

L’efficacité de l’intrigue repose, en partie, sur le croisement entre criminologie et psychologie, mais aussi sur un rebondissement complètement inattendu. Chapeau, Musso!

Vous nous faites comprendre qu’il est possible de tuer pour des raisons d’argent ou de sexe, bien entendu, mais qu’il y a aussi d’autres moteurs plus puissants: «ego, désir refoulé, frustration, perte d’estime de soi».

Enquête bâclée

Le lecteur apprend assez rapidement que la police n’a pas poussé très loin son investigation en 2004, que «l’enquête a été salopée», que certaines personnes n’ont pas dit tout ce qu’elles savaient à l’époque.

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Nick identifie une demi-douzaine de suspects potentiels et imagine des scénarios parfois invraisemblables. Les annales judiciaires n’en sont-elles pas remplies…? Tout comme les entorses avec la vérité pour parvenir à ses fins.

L’auteur aime glisser ici et là des petites phrases qui agissent comme une sentence ou un leitmotiv. En voici trois exemples: «il n’y a qu’un pas de l’arrogance du vainqueur à l’humiliation du vaincu; se souvenir de certains événements peut être parfois plus douloureux que de les vivre; le silence est souvent une manière illusoire de se mettre à l’abri».

Presque une traduction

Comme l’histoire se passe aux États-Unis et que je dévore souvent des thrillers de James Patterson ou Michael Connelly, j’ai curieusement eu l’impression que Dernier été pour Lisa était une traduction en français.

Peut-être parce qu’il est question de lycée et non d’école secondaire ou high school. Il y a peu de références nord-américaines, sans doute parce que le public visé est d’abord français ou européen.

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