Les États-Désunis d’Amérique

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Le 8 novembre dernier, les Américains ont élu des grands électeurs pour chaque État. Des électeurs qui eux-mêmes éliront officiellement, le 19 décembre prochain, le président et le vice-président.

Comme on le sait, le candidat républicain Donald Trump a obtenu 306 grands électeurs contre 232 pour la candidate démocrate, Hillary Clinton.

Si le système électoral américain était au suffrage universel, elle serait présidente puisqu’elle a récolté plus de voix que son rival. En plus d’accéder à la Maison-Blanche, le 45e président contrôle politiquement à la fois le Sénat et la Chambre des représentants. Contrairement à son prédécesseur, il a donc les moyens politiques de mettre en œuvre son programme électoral.

Dans son discours de la victoire, Trump a affirmé vouloir être le président de tous les Américains, ce qui est impossible, à moins qu’il change radicalement son attitude et des éléments importants de son programme de droite.

Par exemple, sa rhétorique est anti-islam. Le 7 décembre 2015, il a provoqué un tollé international en déclarant, en réaction à la fusillade de San Bernardino (14 morts et 17 blessés), qu’il voulait interdire l’entrée des musulmans sur le territoire américain. Il justifiait sa position par le fait que certaines recherches auraient déterminé qu’une partie de la population musulmane entretenait de la haine à l’égard des Américains.

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Au Canada, la Charte canadienne des droits et libertés consacre, à son article 2, le droit de chacun à la liberté fondamentale de conscience et de religion. Il serait impensable pour un politicien canadien de tenir des propos comme ceux entendus au cours de ce qui a sans doute été la campagne électorale la plus négative de l’histoire américaine.

Le début du premier amendement de la Constitution américaine stipule que le Congrès n’adoptera aucune loi relative à l’établissement d’une religion, ou à l’interdiction de son libre exercice. Il sera intéressant de suivre les débats sur les mesures proposées par le nouveau président qui pourraient apparaître discriminatoires à l’endroit des adhérents d’une religion.

Tout au long de la campagne électorale, nombreux ont été ceux qui ont pensé que le candidat républicain était inapte pour occuper la fonction qu’il convoitait. Il était perçu comme arrogant, intimidant, intolérant, sexiste, xénophobe, raciste, fasciste… Il appartient maintenant au principal intéressé de leur donner raison ou tort.

Un grand nombre de citoyens américains ont manqué à leur devoir de voter. Ils disposent maintenant de quatre années pour regretter leur erreur.

Les Américains voulaient du changement; ils vont avoir plus que du changement. À moins que les positions qu’il adoptera au cours de son mandat soient à l’opposé de certaines de ses déclarations électorales, Donald Trump pourrait présider à une diminution des droits et libertés de ses concitoyens avec des répercussions importantes pour les citoyens de bien d’autres pays, dont le nôtre.

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