Débat Trump-Clinton non concluant

Donald Trump, Hillary Clinton.
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On n’a pas eu à éponger de sang sur la scène de l’université Hofstra (New York) après le premier débat télévisé Trump-Clinton lundi soir, les deux candidats présidentiels américains paraissant retenir leurs coups.

Hillary Clinton et Donald Trump ont esquivé relativement facilement les allusions/allégations/accusations les plus dangereuses et sont même restés plutôt polis l’un envers l’autre.

Clinton a appelé plus souvent son adversaire «Donald», tentant de signaler ses faiblesses par un sourire moqueur, tandis que Trump s’en est tenu plus souvent à «Secretary Clinton».

Trump était davantage en mode réactif, écoutant et interrompant, signifiant même quelquefois son accord avec Clinton, alors que celle-ci suivait manifestement le plan de match arrêté par son armée de conseillers. Mais comme le candidat républicain définit depuis le début l’agenda et le narratif de cette élection 2016, il a peut-être choisi de se reposer ce soir-là…

Trump ne s’est pas emporté et n’a pas dit d’énormités – du moins pas de nouvelles énormités. Personne n’a été étonné que son discours soit décousu et son idée parfois insaisissable, puisque c’est ce qui l’a distingué de ses adversaires durant la course à l’investiture républicaine. Pour plusieurs citoyens, apparemment fatigués des rengaines et du jargon des politiciens professionnels, c’est ce qui fait son charme.

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Les deux candidats ont probablement atteint leurs objectifs respectifs: Trump, confirmer que sa présence improbable à cette tribune traduit un malaise réel chez un grand nombre d’Américains face à leur capacité collective de relever les défis de ce début de 21e siècle; Clinton, confirmer sa maîtrise des dossiers et le sérieux de sa candidature, ainsi que son énergie et sa résilience.

Si Trump n’a certainement pas réussi à dissiper les doutes sur son jugement et ses compétences à diriger un grand pays comme les États-Unis dans un monde complexe et agité, Clinton n’a convaincu personne qu’elle représente le changement en défendant les politiques économiques, sociales ou étrangères de l’administration démocrate à laquelle elle est associée – le statu quo et l’immobilisme selon les Républicains.

Elle n’a pas réussi à discréditer Trump sur la gestion de ses entreprises en affirmant qu’elles étaient endettées à hauteur de 600 millions $. C’est normal dans le secteur hôtelier, a rétorqué l’homme d’affaires; les Américains devraient plutôt se préoccuper de la dette de 20 trillions $ de leur gouvernement fédéral.

Cet endettement pourrait se justifier s’il avait produit des écoles, des infrastructures et des services publics de qualité, a poursuivi Trump, mais ce n’est pas le cas… Clinton n’est pas sortie gagnante de cet échange-là.

Et si la prescription de Trump – rétablir la loi et l’ordre – pour atténuer les conflits raciaux et la violence dans les quartiers pauvres des grandes villes est simpliste à l’extrême, combien de citoyens auront été gagnés par les arguments de Clinton sur le besoin de combattre le «racisme systémique»?

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C’est d’ailleurs Clinton qui rappelle que la situation économique des Noirs et des Américains les plus pauvres s’est améliorée au cours des dernières décennies, quand Trump se scandalise des conditions «infernales» dans les ghettos: le monde à l’envers.

La candidate démocrate a remporté la manche sur la politique étrangère, Trump se montrant plus erratique que jamais ici, affirmant notamment que les États-Unis n’auraient jamais dû envahir l’Irak en 2003, mais qu’ils n’auraient pas dû le quitter en 2011… du moins pas sans emporter tout son pétrole (!) qui participe aujourd’hui au financement de l’État islamique.

Il reste une quarantaine de jours à la campagne présidentielle américaine.


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