Trump ne sera pas un président «normal»

Donald Trump.
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Peut-on avoir souhaité qu’Hillary Clinton soit élue présidente des États-Unis, mais trouver des raisons de se réjouir de la victoire de Donald Trump?

Ou avoir cru que rester au sein de l’Union européenne était le meilleur choix pour les Britanniques, mais penser qu’on s’accommodera finalement du Brexit?

Ou avoir vu d’un bon oeil la candidature d’Alain Juppé, mais applaudir au succès de François Fillon?

Ou avoir voté contre les défauts de Stephen Harper, mais déplorer ceux de Justin Trudeau?

C’est mon cas.

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L’élection de Trump dérange beaucoup de monde, à Wall Street et à Washington, jusqu’aux grandes capitales et chez les obsédés du climat, en passant par les campus universitaires sous le joug de la bien-pensance et les médias traditionnels en perte d’influence. Ce brasse-camarade est salutaire.

Clinton était une politicienne «normale» plus prévisible… C’est ce qui l’a finalement coulée, un grand nombre d’Américains jugeant que le pays a besoin de changements majeurs.

Qu’en sera-t-il dans quatre ans? Donald Trump et les Républicains majoritaires au Congrès rempliront-ils leurs promesses? Pas toutes, puisque certaines sont contradictoires (réduire le déficit et les taxes tout en investissant dans les infrastructures) et d’autres relèvent de l’allégorie ou de la fiction (le mur payé par les Mexicains).

À Toronto en 2014, les Torontois ont retrouvé en John Tory un maire «normal» après le mandat tumultueux de Rob Ford, un anti-politicien annonciateur de Trump. On s’en félicite aujourd’hui, John Tory se révélant décent et compétent.

Les Français aussi, en 2012, avaient voté pour un président «normal», François Hollande, contre le «bling bling» de Nicolas Sarkozy, avec des résultats moins heureux (calamiteux, franchement), que l’élection de François Fillon au printemps prochain devrait permettre de corriger.

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Pour l’instant, tout occupé qu’il soit censé être à sélectionner ses principaux collaborateurs et à se préparer à gouverner, Trump semble être resté en mode électoral.

Bien qu’il soit utile de connaître l’opinion du président sur tous les sujets – ce que facilitent les médias sociaux – son entourage devrait lui conseiller de cesser de tweeter son mécontentement puéril dès qu’Alec Baldwin l’imite (à merveille) à Saturday Night Live, ou que les acteurs de la comédie musicale Hamilton haranguent son colistier Mike Pence (qui ne s’en est pas formalisé, encourageant même le public à voir la pièce). Il peste aussi contre des opérations de recomptage des votes dans quelques états, qui ne changeront rien.

Il a pourtant réglé rapidement (pour 25 millions $) des poursuites liées à la Trump University, et il ne cherchera évidemment pas à emprisonner Hillary Clinton (ce n’était qu’un slogan), comme il abandonnera sûrement l’idée de poursuivre les femmes qui ont raconté avoir été harcelées ou agressées par lui, ou NBC qui avait diffusé l’enregistrement humiliant d’Access Hollywood, ou encore l’humoriste Bill Maher qui a dit que ses cheveux orange lui viennent d’un parent orang-outang!

«Laisser Trump être Trump» a apparemment bien fonctionné pendant la campagne électorale. Après son élection, ça génère des distractions contre-productives.

L’heure est à la réconciliation et à l’action réfléchie dans les dossiers sérieux: les finances publiques et l’économie, la sécurité et l’immigration, les relations internationales et l’environnement, la santé et l’éducation, et peut-être par-dessus tout dans le «vivre ensemble» des races, des sexes, des religions et des opinions.

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Aussi dans L’Express en 2016:

12 décembre: Climat: purge des alarmistes à Washington?

15 novembre: Les États-Désunis d’Amérique

15 novembre: Trump: une nouvelle dynamique à apprivoiser

11 octobre: Une élection pour les livres d’histoire

27 septembre: Débat Trump-Clinton non concluant

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29 juillet: Les Démocrates doivent reprendre le flambeau du «changement»

22 juillet: Bonne soirée pour les femmes et les LGBT à la convention républicaine

20 juillet: Les Américains sont mûrs pour le multipartisme

4 mai: Trump vs Clinton: restons calmes

15 mars: Et si Trump n’était pas une anomalie, mais le premier d’une série?

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