Haïti reste captive de l’aide humanitaire

Le Canada investit 50,4 millions $

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La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a présité une réunion internationale sur Haïti.
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Plusieurs Haïtiens de la diaspora, notamment à Toronto, se sont montrés dubitatifs face aux résultats de la réunion virtuelle internationale sur les problèmes de ce pays, présidée par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, ce vendredi 21 janvier.

Le premier ministre intérimaire d’Haïti, Ariel Henry, ainsi que des représentants de 19 pays partenaires, des Nations Unies et d’autres organisations régionales et internationales y ont participé.

D’aucuns ont d’ailleurs opiné que la réunion a surtout servi à légitimer le pouvoir d’Ariel Henry.

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Ariel Henry

50 millions $ à neuf initiatives pour Haïti

Le ministre du Développement international, Harjitt S. Sajjan, y a annoncé que le Canada contribuera 50,4 millions $ pour soutenir neuf initiatives en Haïti.

«Ces projets soutiendront la sécurité, la santé, la croissance économique et les besoins humanitaires pour les Haïtiens», selon le ministre Sajjan.

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Cet investissement répond-il vraiment aux enjeux critiques auxquels Haïti est actuellement confrontée? En quoi ces 50 millions $ contribueront-ils à l’instauration d’une saine gouvernance imputable en Haïti?

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Le drapeau d’Haïti, avec ses armoiries: le palmier surmonté du bonnet de la Liberté, un trophée d’armes, la devise «L’Union fait la Force».

Questions en suspens

Car plusieurs questions clés relatives à la gestion du pays restent en suspens…

Le soutien financier du Canada paraît une solution irréaliste au sein du contexte haïtien actuel où rien ne fonctionne présentement…

Encore une fois on s’enlise dans une relation de dépendance à long terme. Un scénario paternaliste répétitif…

Les 50 millions $ canadiens sont bien loin de représenter une solution durable «par et pour les Haïtiens», tel que l’indiquait Mélanie Joly dans son message d’introduction.

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Pourtant, tous les participants internationaux ont réaffirmé leur solidarité avec Haïti lors de cette réunion.

Tous ont évoqué «l’importance de promouvoir des solutions élaborées avec les Haïtiens, la nécessité d’une assistance ciblée et de mécanismes de collaboration visant à obtenir des résultats durables au profit du peuple haïtien».

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Entre tremblements de terre, pauvreté, insécurité, corruption et instabilité politique, les Haïtiens en arrachent. Photos: Annik Chalifour.

Amitié Canada-Haïti… mais encore?

Rien d’innovant ne fut vraiment proposé dans ce sens… L’investissement de 50 millions $ du Canada est aligné avec les orientations de la politique étrangère canadienne.

Qu’en est-il du droit fondamental des Haïtiens à l’autodétermination pour des choix éclairés et lucides de leurs dirigeants politiques. La sécurité interne. Le destin de milliers de migrants haïtiens errants…

On a bien vanté l’amitié de longue date Canada-Haïti, mais sans référer à des actions concrètes pouvant permettre de renforcer les démarches démocratiques afin d’assurer un avenir plus sûr et prospère par et pour les Haïtiens.

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Pas de plan novateur visant à faciliter le développement socio-économique durable en Haïti avec l’implication des Haïtiens en Haïti et à l’étranger.

Ni pour garantir la sécurité nationale, sinon d’investir 12 millions $ pour soi-disant renforcer les capacités de la police haïtienne… Atteindre la paix civile…

Haïti reste bel et bien captive de l’aide humanitaire internationale…

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Et pourtant, Haïti, «la perle des Antilles», est aussi un pays de plages, montagnes, agriculture durable et petits commerces résilients.

Compromis indispensable pour la démocratie

Selon un membre de la diaspora haïtienne de Toronto, «le premier ministre Ariel Henry ne doit pas compter seulement sur l’appui de la communauté internationale pour rester au pouvoir».

«Il doit aussi tenir compte de multiples accords avec la société civile en conflit les uns avec les autres, dont l‘Accord de Montana» en faveur de la création d’un Conseil de transition en vue de l’organisation d’élections.

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«Le premier ministre doit trouver un compromis avant le 7 février pour rassurer le peuple haïtien. Date où un nouveau gouvernement devrait être installé s’il y avait des élections générales. Techniquement parlant, le mandat de Ariel Henry prendra fin le 7 février.»

«Sinon on risque de faire face à de nouvelles tensions. Ariel Henry ne peut pas décider de rester au pouvoir après le 7 février, sans obtenir un accord commun indispensable afin de pouvoir organiser des élections en 2022.»

Amikley Fontaine, président de la Fondation Sylvenie Lindor.

Viser l’autonomie économique et financière

«Le plan Marshall, établi par les Américains en 1948 après la Seconde Guerre mondiale, a aidé les pays européens à sortir du marasme économique causé par les deux guerres.»

«Nous aurions souhaité que ce sommet international puisse mener à la mise en place de structures semblables au plan Marshall… Pouvant faciliter l’installation d’une économie durable en Haïti avec l’implication des Haïtiens en Haïti et à l’étranger.»

C’est notamment la position du président de la Fondation Sylvenie Lindor, Amikley Fontaine.

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«Les plans devraient restaurer la sécurité nationale et libérer Haïti de l’aide internationale.»

«Le Canada peut jouer un rôle d’appui auprès des institutions haïtiennes pour les aider à mieux desservir la population via des programmes pertinents… Mais strictement dans le but essentiel de rendre Haïti autonome.»

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