Crise en Haïti: le silence du Canada pèse lourd

Appel à la solidarité pour une approche humanitaire

Vue aérienne de la zone de Martissant, l'unique voie d'accès à la capitale Port-au-Prince par la route peuplée de bandits armés. Photo: Patrick Amazan.
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La crise socio-politique en Haïti est à la source des mouvements croissants de la population haïtienne en détresse depuis des mois.

Ces dernières semaines, des citoyens se sont mobilisés pour interpeller le gouvernement canadien afin d’assurer une intervention raisonnable et humanitaire auprès des migrants haïtiens.

Ce groupe comprend, entre autres, les représentants d’organismes tels que Pierspective Entraide Humanitaire, la Fondation Sylvenie Lindor, le REGOHVA

Ceci faisant suite à la situation aux abords du Rio Grande, au Texas, où des milliers de migrants haïtiens ont été récemment maltraités par des gardes-frontières, puis déportés en Haïti sans droit de parole ni protection, à l’encontre des normes juridiques internationales.

Voici un bref rappel des actions menées jusqu’à date.

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Réponse de l’IRCC

À la suite de questions soumises à l’IRCC (Immigration, Réfugiés, Citoyenneté Canada) au sujet des migrants haïtiens, le ministère s’est contenté d’aviser que «le Canada s’est engagé avec le gouvernement intérimaire d’Haïti et d’autres intervenants clés pour assurer la paix et la stabilité et encourager un dialogue inclusif avec tous les partis politiques et tous les secteurs de la société».

Selon l’IRCC, «le ministère s’adapte, innove et évolue rapidement pour mieux servir les Canadiens et ceux qui souhaitent venir au pays en traitant leurs demandes le plus rapidement possible».

L’IRCC n’avance pas d’hypothèses quant aux tendances futures potentielles. «On surveille continuellement les conditions et la situation dans d’autres pays pour orienter sa planification», a cité le ministère de l’Immigration.

Réponse automatique de Sean Fraser

Estimant que l’IRCC n’offrait aucune piste de solutions face à la migration massive en provenance d’Haïti en proie au chaos et à la criminalité, ce groupe de citoyens a récemment fait parvenir une lettre adressée directement au ministre de l’Immigration.

Rappelons que Sean Fraser est le nouveau ministre de l’Immigration depuis l’installation du nouveau cabinet Trudeau le 26 octobre.

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Cette lettre visait à alerter le ministre tout en proposant des interventions concrètes dans le but d’aider un certain pourcentage de migrants haïtiens, leur permettre d’être entendus et accueillis comme réfugiés au Canada.

La réponse automatique de Sean Fraser, en date du 3 novembre dernier, ne fait aucunement référence au sujet interpellé (les migrants haïtiens)… Elle réfère plutôt aux démarches entreprises par le gouvernement à l’égard des réfugiés afghans!

C’est une lettre type dont le contenu ne varie que par les noms et adresses des destinataires…

Priorité aux Afghans sur les Haïtiens

On souhaiterait comprendre, tout au moins savoir, quels sont les critères dirigeant le ministère dans ses interventions privilégiées en matière de sélection des migrants comme réfugiés au sens de la loi…

Selon la lettre de M. Fraser, l’action du gouvernement canadien semble prioriser l’aide aux réfugiés afghans, comme il l’a fait auparavant pour des milliers de Syriens.

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Serait-ce une indifférence de la part du gouvernement canadien face à la dangereuse escalade de la crise humanitaire sévissant en Haïti?

Bien sûr on comprend que le Canada ne puisse accueillir 11 millions d’Haïtiens (l’entière population d’Haïti). Toutefois plusieurs propositions ont été partagées dans le but d’envisager une approche raisonnable… Sans n’avoir obtenu aucune réaction pertinente de la part des fonctionnaires, du ministre de l’Immigration, ni d’aucun député jusqu’à date.

Silence complice du chaos en Haïti

Ce groupe engagé envers la crise humanitaire en Haïti est d’avis que «le Canada doit agir pour contribuer à la stabilité socio-politique en Haïti, le deuxième pays francophone en situation minoritaire dans les Amériques».

«Le peuple haïtien est à bout de tout, sans président ni parlement, vivant dans l’insécurité totale sur tous les plans.  Cette situation invivable provoque la migration massive constante de la population haïtienne se déroulant au mépris de la dignité humaine.»

«Comment se fait-il que les cris des Haïtiens pris en otage par des gangs armés, et ceux des jeunes Haïtiens privés d’avenir, ne se rendent pas aux oreilles du gouvernement canadien?», interroge le groupe.

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«Le silence du Canada ne le rendrait-il pas complice de maintenir le chaos en Haïti?»

Rappelons que le Canada fait partie du Core Group ayant appuyé la nomination du chef intérimaire du gouvernement haïtien actuel, Ariel Henry, à la suite de l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet dernier.

Faillite socio-politique

Pourtant, depuis l’instauration de ce gouvernement provisoire, Haïti ne fait que s’enliser davantage dans une faillite socio-politique.

Pénuries d’essence, d’eau potable et d’électricité, insécurité alimentaire, kidnappings, violence et tueries font partie du quotidien haïtien depuis trop longtemps.

Sans oublier les dégâts de la pandémie de covid et le manque d’accès aux soins de santé essentiels.

Soulignons que ce mouvement de solidarité, lancé cet automne, ne se limite pas exclusivement aux Ontariens d’origine haïtienne… Mais à tous ceux et celles qui souhaitent se prononcer à propos du désastre humanitaire prenant de plus en plus d’ampleur en Haïti.

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