La bédéiste Julie Maroh: une raconteuse d’histoires
Dans la dernière année, Julie Maroh, plutôt réservée en public, aura vécu l’expérience rare d’être arrachée de l’intimité de sa «grotte» (d’où elle produisait ses oeuvres en toute tranquillité) pour être parachutée dans l’univers de la folie médiatique qui suit néssairement tout grand succès commercial. La jeune auteure dessinatrice affirme sur son site que ce qui l’intéresse, c’est cette zone de tension qui existe entre l’intime et le collectif. La voilà bien servie! La visibilité de l’album Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh, publié par Glénat en 2010, a été décuplée lorsque l’adaptation cinématographique de cette bande […]
Difficile pour un ado de s’imaginer vieux
Pascale Bider, du Collège français de Toronto, a remporté le concours d’essai «Quand je serai aîné» organisé par le Salon du livre de Toronto en partenariat avec le programme fédéral Nouveaux Horizons, qui soutient des projets dirigés ou proposés par des aînés qui ont une influence positive sur la vie d’autres personnes et sur leur collectivité. Avec la participation de l’écrivaine franco-torontoise Marguerite Andersen, qui a remis samedi à la gagnante et à neuf autres finalistes des certificats et des prix en bons d’achats de livres, les jeunes devaient imaginer leur vie à 70 ans et plus. Les textes de […]
Écrivains d’ici et d’ailleurs: mêmes défis
Qu’ils soient Franco-Ontariens de souche ou immigrés d’Afrique, les écrivains francophones de la province font face aux mêmes défis: écrire tout en travaillant pour subvenir à leurs besoins, cogner aux portes des maisons d’édition pour les persuader de publier leur premier roman, décrocher une subvention du Conseil des arts de l’Ontario (CAO). Et pour tous, blancs, noirs, arabes ou asiatiques, gagner un prix comme le Trillium, le Christine-Dumitriu-van-Saanen ou celui de la Ville d’Ottawa s’avère toujours un bon tremplin pour vendre le livre et pour faire publier le prochain. C’est ce qu’on a pu constater lors d’une rencontre d’écrivains «de […]
La sculpture littéraire de France Daigle
France Daigle l’a avoué lors de son rendez-vous au Café des littéraires du Salon du livre de Toronto avec l’animatrice Line Boily: «En écrivant, j’étais consciente d’être allée un peu loin au niveau de la langue, de la construction, des sujets abordés… Pas pour le plaisir d’exagérer, mais pour mon propre plaisir. Je voulais écrire un livre comme ça.» Ce livre en question, c’est Pour sûr, sorti en 2011. Dix ans de travail ont été nécessaires pour terminer ce roman décidément hors des sentiers battus. «Je me suis lancé un défi avec la forme et la structure même du livre», […]
Éric Dupont, inspiration réelle
«J’avais envie de faire quelque chose de différent. Écrire le roman que j’aurais voulu lire.» Samedi dernier, Éric Dupont est fièrement venu présenter La fiancée américaine au Salon du livre de Toronto, après avoir, la veille, participé à la causerie littéraire avec l’auteure France Daigle et animatrice radio-canadienne Line Boily. Éric Dupont a expliqué comment, inspiré par la méthode de travail de John Irving, il était allé au bout de lui-même pour aller au bout de son œuvre. De longs entretiens, quatre années de cours de chants lyriques, des cours d’allemand… «Je vis mes livres», confirme-t-il. Toronto dans le casse-tête Tout […]
Marie-Josée Martin a été entendue
C’est Marie-Josée Martin, pour son roman Un jour, ils entendront mes silences, qui a remporté le prix littéraire Christine Dumitriu-van-Saanen 2013, décerné à l’ouverture du 21e Salon du livre de Toronto, mercredi soir dernier. On ne peut s’empêcher de comparer cette histoire d’une enfant physiquement et linguistiquement handicapée, à la jeune auteure d’Ottawa elle-même, en chaise roulante, qui a survécu à un neuroblastome métastatique. «Lorsqu’on prend la plume ou qu’on s’installe au clavier pour écrire, on porte en soi un bagage — un certain savoir, un vécu, des valeurs», explique l’auteure à L’Express. «Mon vécu de personne handicapée m’a rendue […]
Deux poètes francophones à Toronto
Le troisième Festival de poésie en français et en traduction anglaise à Toronto a lieu les 13 et 14 décembre. On pourra y entendre la poésie de Denise Desautels et de Jean-Paul Daoust livrée par leurs traducteurs. À eux seuls, Desautels et Daoust ont remporté plus de vingt prix de poésie. Le vendredi 13 décembre à compter de 18 h 30, à Sommeone.ca (1691, rue Dundas Ouest), la poésie de Denise Desautels sera lue en anglais par Gerry Shikatani et celle de Jean-Paul Daoust par Eric Schmaltz. Le 14 décembre à 13 heures, à la taverne Duffy’s (1238, rue Bloor […]
Érotisme, démesure et vengeance
Hélène Desjardins, l’auteure de Rira bien qui rira le dernier crée un personnage qui est une romancière de polars nous racontant trois meurtres (réels, cette fois), depuis la prison où elle incarcérée. Le roman a trois volets qui correspondent à chaque homme assassiné. Hélène Desjardins joue sur le réel et l’imaginaire dans cette œuvre de fiction. Sa romancière est-elle coupable ou nom? La réponse, bien entendu, vient à la toute fin du récit, dans une deuxième et courte partie. Les trois meurtres sont racontés avec brio. Jean, le premier à périr, est un rare manipulateur. «Machiavel est un ange, comparé […]
Tout un accueil pour le Père Noël à Toronto!
Paul-François Sylvestre vient de publier Le Père Noël s’est arrêté à Toronto, douze contes pour les 8 à 88 ans (Éditions du Gref). Notre collaborateur a puisé ces petites histoires parmi celles qu’il a fait paraître dans L’Express entre 2001 et 2012. Voici ses réponses à quelques-unes de nos questions. L’Express: Après un roman et plusieurs nouvelles dont l’action est située dans la Ville Reine, voilà que vous nous offrez une collection de contes de Noël avec le même lieu d’action. Doit-on en conclure que Toronto demeure la ville qui vous inspire le plus? Paul-François Sylvestre: Quand je vivais à […]
Tout peut être prétexte à une aventure, un aveu, une allégorie
Le théâtre et la danse se côtoient souvent. Il y a même des ménages à trois: théâtre, chanson et danse. Le Théâtre français nous en fait la preuve avec brio. Cette fois, le texte et la peinture s’épousent dans un ouvrage de Suzon Demers et Danièle Vallée. Sous la jupe réunit les tableaux de la première et les textes de la seconde. S’inspirant de quatorze peintures (152,4 cm x 91,4 cm) de Suzon Demers ayant pour sujet des personnages féminins, Danièle Vallée s’est amusée à écrire quatorze nouvelles. Nous avons droit à des textes incisifs, souvent déroutants, tantôt tristes tantôt […]
Toronto se raconte dans la revue Virages
Virages, la nouvelle en revue, vient de publier son numéro 66 qui est presque entièrement consacré à Toronto. Sous la direction de Paul-François Sylvestre, cette livraison propose dix courts textes écrits par des gens qui vivent majoritairement dans la Ville Reine. On peut lire des créateurs très connus comme le regretté Pierre Léon, Marguerite Andersen et Guy Mignault, ou d’autres qui sont des habitués du milieu littéraire, notamment Mariel O’Neill-Karch et Ariane Matte. Dans sa section «Et pour les jeunes», Virages présente deux textes, l’un de Daniel Dupuis et l’autre de Camille Slaight, tous deux étudiants au Collège français. L’avocate […]
L’amour déstabilise, le sexe drogue
Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 40 langues et joué dans autant de pays, Éric-Emmanuel Schmitt est l’auteur que je vous ai présenté en avril (Les deux messieurs de Bruxelles). J’ai maintenant lu Les perroquets de la place d’Arezzo, un roman dont l’action se situe toujours à Bruxelles. On y apprend que la vie ressemble à un manège. «On monte ou on descend à volonté. Chacun décide comment il sera heureux à sa façon.» Hétéros ou pas! Autour de la place d’Arezzo, où les grands platanes ont été envahis par les perruches et les perroquets, vit une des populations […]