Le prix Nobel de littérature à la Canadienne Alice Munro

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Le prix Nobel de littérature a été décerné jeudi pour la première fois à une Canadienne, l’Ontarienne Alice Munro, 82 ans, qui a ainsi ajouté cette distinction internationale à une carrière déjà célébrée dans sa terre natale.

La maîtresse de la nouvelle contemporaine», telle qu’on la décrit, est aussi la 13e femme à recevoir le Nobel de littérature, assorti d’une bourse d’environ 1,3 million de dollars.

Alice Munro se dit très reconnaissante d’avoir gagné ce prix. Elle est heureuse que cela attire davantage l’attention sur la littérature canadienne.

«C’est évidemment quelque chose de merveilleux. Ça me semblait un de ces rêves irréalisables. Je savais que ça pouvait arriver, mais je me disais que ça n’arriverait probablement pas», a dit Alice Munro, jointe au téléphone par CBC.

Sa fille l’a réveillée en pleine nuit pour lui apprendre la nouvelle. Elle a dit à CBC qu’elle avait tout oublié en se levant ce matin. D’ailleurs, même l’académie suédoise n’a pas réussi à la joindre pour lui annoncer qu’elle avait gagné le prix.

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Le premier ministre Stephen Harper a envoyé ses félicitations sur Twitter à l’écrivaine, et la nouvelle a été reçue avec euphorie par nombre de ses pairs. La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a mentionné que «son livre Lives of Girls and Women a toujours été un de mes livres favoris, et je fais partie de la population privilégiée qui a été touchée à jamais par son habilité sans pareille à articuler la complexité et les misères de la vie de tous les jours.»

L’écrivaine Margaret Atwood a crié hourra sur Twitter, et elle a affectueusement dit à Alice Munro de répondre à ses appels.

La réalisatrice Sarah Polley, qui s’est aussi manifestée sur Twitter, a adapté en 2007 une des nouvelles d’Alice Munro au grand écran. Ce film, Away From Her, a d’ailleurs a décroché deux nominations aux Oscars.

En entrevue à CBC, Douglas Gibson, l’éditeur de l’écrivaine depuis 1976, a souligné que ce prix est une reconnaissance de la place d’Alice Munro dans le monde de la littérature et de sa maîtrise de la nouvelle contemporaine. «C’est comme si tout le Canada avait gagné ce prix», a-t-il ajouté. Il explique que l’écrivaine a le don d’inscrire en filigrane la magie dans des histoires sur des gens ordinaires.

Le critique littéraire Robert Lévesque, en entrevue sur RDI, il s’agit là d’une excellente nouvelle: «C’est un prix tout à fait mérité. Il y en a peut-être qui peuvent être contestés parfois, mais ce n’est pas le cas. Elle est au Canada, peut-être, la plus grande écrivaine.»

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Robert Lévesque dit de cette écrivaine qu’elle a une «approche très humaniste, très sensible sur des gens ordinaires, surtout des femmes, des femmes provinciales, de petits villages de l’Ontario». Il ajoute qu’elle a «une délicatesse inouïe».

«Certains critiques la considèrent comme la Tchekhov canadienne», écrit l’académie suédoise sur son site web. «Munro est appréciée pour son art subtil de la nouvelle, empreint d’un style clair et de réalisme psychologique», indique-t-elle.

«Ses textes offrent souvent des descriptions d’événements de tous les jours, mais décisifs, sortes d’épiphanies, qui illuminent l’ensemble de l’histoire et laissent surgir en un éclair des questions existentielles.»

«Ses histoires se déroulent généralement dans des petites villes, où le combat des gens pour une existence décente aboutit souvent à des problèmes relationnels et des conflits moraux – question qui est ancrée dans des différences de génération ou des projets de vie contradictoires», poursuit l’Académie.

Auteure notamment des recueils La danse des ombres heureuses, Les lunes de Jupiter et Du côté de Castle Rock, Mme Munro a reçu trois prix du gouverneur général du Canada et deux prix Giller. Elle a commencé à écrire des histoires dès l’adolescence, mais ce n’est qu’en 1968 qu’elle a publié son premier recueil de nouvelles. Sa dernière oeuvre, Dear Life, a été publiée en 2012.

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En juin dernier, Alice Munro a déclaré au National Post qu’elle n’allait probablement plus écrire. Aujourd’hui, lorsque CBC lui a demandé si elle allait reconsidérer la chose, Mme Munro a répondu que non, car «je me fais vieille».

Alice Munro est née le 10 juillet 1931 à Wingham, dans l’ouest de l’Ontario. Elle y a connu de près la société rurale. Son père et ne déviera jamais de sa voie. «Je n’ai aucun autre talent, je ne suis pas intellectuelle et me débrouille mal comme maîtresse de maison. Donc rien ne vient perturber ce que je fais», déclarait-elle dans une interview sur YouTube.

Elle entame des études de journalisme et d’anglais à l’Université de Western Ontario. C’est alors qu’elle rencontre James Munro. Elle l’épouse en 1951 et part avec lui pour Vancouver, en Colombie-Britannique. Le couple aura trois enfants. En 1963, ils s’installent non loin de là, à Victoria, et y ouvrent la librairie Munro’s Books, devenue depuis célèbre au Canada et aux États-Unis.

Après son divorce en 1972, elle s’installe comme écrivaine résidente à l’Université de Western Ontario. En 1976, elle se remarie avec Gerald Fremlin, un géographe, avec qui elle vivra dans sa province d’origine. Elle publiera en moyenne un recueil de nouvelles tous les quatre ans. Son mari est décédé en avril. Alice Munro vit aujourd’hui à Clinton, près des lieux de son enfance.

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