Thriller psychologique finement ciselé

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Illusion de lumière est le septième roman de Louise Penny. Il met en scène le célèbre inspecteur-chef Armand Gamache, dont certaines enquêtes ont été adaptées pour la CBC et Radio-Canada. Comme la plupart de ses personnages, Louise Penny habite dans les Cantons de l’Est.

Le roman s’ouvre sur l’exposition d’une artiste des Cantons de l’Est au Musée d’art contemporain de Montréal, rien de moins! Ce rêve d’une vie tourne cependant rapidement au cauchemar. Le lendemain du vernissage, une femme est trouvée assassinée dans le jardin de l’artiste, à deux pas de l’endroit où la fête a eu lieu.

Personne ne reconnaît la victime, mais l’inspecteur-chef Armand Gamache apprend que, dans le monde de l’art, chaque sourire dissimule une moquerie, chaque gentillesse cache un cœur brisé. Dans cette affaire, la vérité est déformée par un jeu d’ombre et de lumière qui crée l’illusion.

Illusion de la lumière est un titre qui renvoie à l’effet chiaroscuro ou clair-obscur, c’est-à-dire le contraste produit par les parties sombres et les parties éclairées dans un même tableau.

Tout le développement de l’intrigue repose, évidemment, sur cet effet de clair-obscur. La personne assassinée est décrite par certains comme une femme exécrable et par d’autres comme une femme aimable. Laquelle des deux était-elle?

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Ce thriller est aussi un roman psychologique. L’inspecteur Gamache est présenté comme un homme au regard intelligent, pensif, inquisiteur, pas cynique et sévère comme celui d’autres policiers.

L’auteure le décrit non pas comme un chasseur qui traque et capture des meurtriers, mais comme un homme qui explore «les territoires intérieurs, des endroits que les personnes elles-mêmes n’avaient jamais explorés, jamais examinés. Probablement parce qu’ils étaient trop effrayants.»

Assez curieusement, on apprend que si Gamache passe le mal au crible, il trouvera du bien dans le fond. «Il y avait une limite au mal, selon lui.» On apprend aussi une autre chose: lorsqu’il obtient la réponse voulue à sa question, il finit souvent par se demander s’il a posé la bonne question…

Louise Penny porte un regard assez sévère sur les artistes, «des êtres capricieux, exigeants, des cinglés qui prennent beaucoup de place et accaparent énormément de votre temps». Elle écrit que le milieu artistique est «un monde brutal, rempli de personnes angoissées et cupides. […] De grosses sommes d’argent sont en jeu. Des fortunes. Et les acteurs impliqués ont de gros ego. C’est une combinaison explosive.»

Le roman nous plonge aussi dans le monde des AA, illustrant clairement que «l’alcoolisme est une maladie des émotions» et qu’une grande amitié peut tourner à l’aigre, voire devenir malsaine.

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Le style de Penny est finement ciselé. Ses comparaisons brillent parfois d’originalité. Ainsi, pour parler d’une facette humaine, elle écrit que les pétales de certains iris blancs explosent pour exhiber le centre noir. Puis elle ajoute que, «à l’intérieur de chaque être vivant, aussi beau soit-il, on découvrait de la noirceur s’il s’ouvrait complètement».

Penny aime truffer ou entrecouper ses dialogues de remarques personnelles. Quelqu’un pose une question, puis suivent deux ou trois paragraphes de remarques narratives et, enfin, une brève réponse. Mais la vraie réponse se trouve souvent dans les remarques de l’auteure.

The New York Times a écrit que ce roman offre une intrigue faussement charmante: «Sous chaque éclat de discorde conjugale ou de jalousie professionnelle se trouve une vérité plus profonde sur la confiance trahie et la nécessité d’expier et de pardonner.»

Je parie que vous ne découvrirez pas le nom de l’assassin avant la page 427.

Vous découvrirez cependant assez rapidement que l’important, dans les vernissages et les expositions, ce n’est pas ce qui est accroché aux murs, c’est qui est dans la salle ou à la réception qui suit.

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