Le style finement ciselé de Grégoire Delacourt


8 décembre 2015 à 9h09

Les romans de Grégoire Delacourt se vendent toujours à des centaines de milliers d’exemplaires. La Liste de mes envies a fait l’objet d’une adaptation au théâtre et au cinéma. Son tout dernier roman, Les quatre saisons de l’été, retrace la trajectoire de nos blessures intimes et nos élans les plus fous sur le terrain glissant de l’amour.

Le roman met en scène, un même été au Touquet (près de Lille), les amours de quatre couples, de quinze ans, trente-cinq ans, cinquante-cinq ans et soixante-quinze ans. Chaque récit ou section du roman porte le nom d’une fleur: pimprenelle, Eugénie Guinoisseau, jacinthe, rose.

L’auteur se réfère évidemment au langage des fleurs. Je savais qu’une rose jaune annonce une infidélité, mais j’ignorais qu’une pimprenelle signifie «tu es mon unique amour», une rose rose: «tu es si belle», un iris mauve: «tes yeux m’affolent», un chrysanthème: «je t’aime».

Au début, la première et la deuxième histoires semblent des nouvelles sans lien apparent, puis les personnages de chaque récit se croisent et s’entrecroisent, tout comme les lieux, notamment la plage au Touquet et le village de Sainghin-en-Mélantois. Chaque récit inclut le bal du 14 juillet, le rosé Taittinger qu’on boit bien glacé et les gaufres dégoulinantes de chocolat que dégustent les enfants.

Les destinées de quatre couples, à l’âge des quatre saisons d’une vie, permettent à Delacourt de réfléchir tout haut sur les amours d’enfance, les chagrins d’amour, les échecs et les succès amoureux. Il note, par exemple, que «les amours d’enfance doivent rester dans l’obscurité confortable des souvenirs.»

Ou encore qu’un échec amoureux n’en est jamais tout à fait, car «il ouvre une nouvelle route vers soi et vers l’autre puisqu’une rencontre, ce sont deux destins qui se foudroient.»

Dans un des récits, une femme connaît la passion, puis la trahison et la violence des hommes, «celle de leurs amours infimes qui s’éteignent à l’instant où on leur dit oui, à la seconde même où ils pénètrent, où leur couteau entaille». Plus loin, un couple âgé s’aime entre les mots et entre les lignes, «dans les silences et les regards, dans les gestes les plus simples».

Le style de Grégoire Delacourt demeure finement ciselé. Il accouche de formules heureuses comme «les larmes, ça nettoie, ça noie la douleur» et «l’alcool déshabille les pudeurs». Ou encore: «ces mots qui ont le goût de nos bouches, le désir de nos doigts».

L’architecture originale du roman, le solide campement des personnages, les réflexions profondes sur le sentiment amoureux et le style finement ciselé de Delacourt me portent à placer Les quatre saisons de l’été parmi mes coups de cœur de 2015.

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