En 2009, le gouvernement de l’Ontario a adopté la définition inclusive de francophone (DIF) afin de mieux refléter la diversité de la francophonie ontarienne. Selon cette approche, est désormais considérée comme francophone toute personne dont la langue maternelle est le français, ou qui possède une bonne connaissance du français et l’utilise à la maison, même si ce n’est pas sa langue maternelle.
Cette évolution visait à rompre avec une définition fondée uniquement sur la langue maternelle et à reconnaître pleinement la réalité plurielle et multiculturelle de la province.

Sur le terrain, toutefois, cette définition ne se traduit pas toujours dans les pratiques et laisse apparaître un décalage persistant entre la vision officielle et certaines perceptions sociales. Dans certains milieux, l’appartenance franco-ontarienne demeure encore associée à trois critères informels: être d’origine française, de confession catholique et parler français.
«Mon fils de 13 ans s’est fait dire qu’il ne cadrait pas avec ces trois critères et qu’il n’est donc pas considéré comme franco-ontarien», confie Yves-Gérard Méhou-Loko, ex-animateur de radio à Toronto qui était jusqu’à novembre dernier secrétaire général de la Commission canadienne pour l’UNESCO.
«N’étant pas d’origine française, mes enfants sont donc rejetés du cercle franco-ontarien de leurs écoles, même s’ils sont nés et ont grandi au Canada.»








