Un documentaire sur Cinéfranco… et nos défis culturels à Toronto

Un festival en héritage
Le documentaire Un festival en héritage met en lumière les enjeux d’accès à la culture francophone et le rôle rassembleur de Cinéfranco au sein des communautés francophones de l’Ontario. Photo: courtoisie
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Publié 06/07/2026 par Hamza Ziad

Pourquoi ne pas consacrer un documentaire à l’accessibilité du cinéma en français et, plus largement, à celle de la culture francophone en milieu minoritaire?

C’est la réflexion qui a inspiré Un festival en héritage, un documentaire de 25 minutes sur le festival torontois Cinéfranco, réalisé et produit par Hadley Foucher.

Dévoilé en juin, le film s’inscrit dans 50 ans de fierté! Ensemble pour demain, l’initiative de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Edith Dumont, pour le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien. L’entreprise a aussi impliqué l’Alliance culturelle de l’Ontario, le Conseil des arts de l’Ontario et TFO.

La parole aux nouveaux arrivants

«Quand j’ai écrit ce documentaire, je voulais donner la parole aux nouveaux arrivants, souvent confrontés à des défis d’accès à la culture et au cinéma en français», explique Hadley Foucher à l-express.ca.

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Autour de Marcelle Lean, fondatrice et directrice de Cinéfranco, le documentaire réunit notamment Guillaume Lorin, directeur général de CHOQ FM, Xavier Brassard-Bédard, PDG de TFO, Dyana Ouvrard, directrice générale du Labo d’arts médiatiques, ainsi que Carl Bouchard, commissaire aux services en français de l’Ontario.

Le film est émaillé de dessins de Hadley Foucher qui illustrent les propos des intervenants.

festival Cinéfranco
Le cinéaste Hadley Foucher. Photo: courtoisie

La communauté au cœur de la prochaine édition

Dans une entrevue accordée à l-express.ca, Marcelle Lean souligne sa volonté de préserver le caractère rassembleur du festival, à l’approche de l’édition grand public qui se tiendra du 6 au 15 novembre.

«Cinéfranco appartient aux amoureux du cinéma francophone et ne veut pas se calquer sur les festivals qui se veulent professionnels. C’est un festival rassembleur pour un public aux goûts variés, reflétant sa diversité, sa volonté de mieux se comprendre, de se rapprocher et de savourer les films ensemble.»

L’une des principales nouveautés en 2026 est la création d’un comité de sélection composé de passionnés du cinéma francophone, afin que la programmation reflète la diversité des publics et l’esprit communautaire qui caractérisent le festival.

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«Cinéfranco consacre beaucoup de plages horaires aux films franco-canadiens, y compris ceux du Québec, afin d’affirmer son soutien à cette cinématographie en plein essor», ajoute Marcelle Lean.

La réalisatrice Léa Pool et la fondatrice et directrice de Cinéfranco, Marcelle Lean.
La réalisatrice Léa Pool et la fondatrice et directrice de Cinéfranco, Marcelle Lean. Photo: archives l-express.ca

De la France aux francophonies du monde

Depuis sa création en 1997, Cinéfranco a progressivement diversifié sa programmation pour inclure des œuvres québécoises, belges, suisses, africaines et marocaines, en plus du cinéma français.

«Le public commençait à réclamer des films francophones et pas seulement français», souligne Marcelle Lean.

Au fil des ans, des partenariats avec la Tournée Québec Cinéma, le Regroupement des artistes cinéastes de la francophonie canadienne (RACCORD) et Le Labo ont également contribué à accroître la présence du cinéma franco-canadien et franco-ontarien au sein du festival.

Des collaborations avec des organismes communautaires torontois ont favorisé l’ouverture du festival à d’autres cinématographies francophones, notamment marocaines, permettant la venue de réalisateurs et la découverte d’œuvres rarement diffusées dans les circuits commerciaux traditionnels.

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«Depuis les débuts de Cinéfranco, le cinéma francophone s’est érigé en un événement rassembleur marqué par sa diversité et par la célébration de talents locaux, nationaux et internationaux», résume Marcelle Lean.

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Aucune institution francophone hors Québec n’offre de formation en réalisation de films. Photo: iStock.com/audioundwerbung

Financement, relève et accès aux œuvres

L’accès aux œuvres demeure l’un des principaux enjeux auxquels Cinéfranco a dû faire face au fil des années et qu’il continuera d’affronter à l’avenir.

«Les principaux défis restent l’accès aux films en tant que festival», souligne Marcelle Lean. Elle fait référence ici au coût des droits de projection et aux frais techniques, ainsi qu’à certaines exigences des distributeurs, notamment l’exclusivité accordée à d’autres festivals pour les premières canadiennes.

Le festival a également dû composer avec la perte graduelle de commanditaires importants, le retrait du soutien de certains consulats, et une concurrence accrue pour la diffusion de films francophones à succès, souvent présentés dans des événements non francophones.

À ces défis historiques s’ajoutent désormais de nouvelles préoccupations: la diminution des subventions publiques, la recherche de partenaires privés, l’augmentation des coûts de location des salles et le choix entre les projections en salle et les formats virtuels.

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Marketing culturel et renouvellement générationnel

Les enjeux liés au marketing culturel et au renouvellement générationnel occupent également une place grandissante. Rejoindre les jeunes publics et fidéliser les spectateurs de longue date exigent des stratégies adaptées à un environnement médiatique en constante évolution.

«Assurer la fréquentation des salles et l’intérêt d’un large public francophone, francophile, allophone et diversifié pour les films francophones en situation minoritaire est une lutte constante», rappelle Marcelle Lean.

festival Cinéfranco
Xavier Brassard-Bédard, PDG de TFO. Photo: capture d’écran Un festival en héritage

De son côté, Xavier Brassard-Bédard insiste sur l’importance de préserver ce lien avec les spectateurs. «Ce que je crains, c’est la perte d’audience. C’est un indicateur tellement important pour l’octroi des financements.»

«Nous n’avons pas les ressources ni les financements nécessaires pour produire autant de films qu’en France chaque année», dit-il.

«Diffuser à TFO uniquement des œuvres franco-ontariennes ou franco-canadiennes en situation minoritaire serait, physiquement et mathématiquement, impossible.»

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Par ailleurs, au moins une intervenante dans Un festival en héritage ne semble pas savoir ou apprécier que Toronto compte d’autres institutions qui contribuent au rayonnement de la francophonie culturelle: l’Alliance française de Toronto, le Théâtre français de Toronto, Francophonie en fête, la Franco-Fête, le Salon du livre de Toronto, des plateformes numériques comme tou.tv… Personne ne vient corriger cette impression.

Le cinéma comme vecteur de transmission de la culture

Pour Marcelle Lean, le cinéma constitue bien plus qu’un divertissement: il représente un outil de transmission culturelle et de rapprochement entre les générations et les communautés.

«Le cinéma francophone est un outil de partage, de communication, de découverte et de plaisir qui rassemble», souligne-t-elle.

Elle encourage également les francophiles et les apprenants du français à explorer les œuvres francophones, à voyager au sein de la francophonie et à participer à des ciné-clubs afin de développer leurs compétences linguistiques dans un contexte convivial.

Selon elle, regarder des films et des séries en français permet non seulement d’améliorer la maîtrise de la langue, mais aussi de découvrir d’autres cultures et d’autres façons de penser.

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Hadley Foucher rappelle aussi que les sous-titres anglais favorisent cette transmission culturelle en permettant aux spectateurs anglophones de découvrir les œuvres francophones et de se familiariser progressivement avec la langue française.

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