Ukraine: les droits des non-combattants sont enfouis sous les décombres

Ukraine, Russie, OTAN
L'invasion de l'Ukraine par la Russie fait des morts directs et indirects. Photo: iStock
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Publié 22/04/2022 par Annik Chalifour

Bien que nos militaires ne soient pas physiquement actifs sur le champ de bataille, nous sommes bel et bien en guerre. Nous approvisionnons l’Ukraine en armements pour qu’elle puisse se défendre contre la Russie.

En temps de conflits armés, les Conventions de Genève (1949) et leurs Protocoles additionnels (1977) servent à protéger les droits des non-combattants: la population civile, le personnel humanitaire, les combattants et les naufragés blessés (qui ne peuvent plus combattre), les prisonniers de guerre.

Pourtant, ce que nous observons depuis le début de l’invasion russe en terre ukrainienne démontre le non-respect total du droit international humanitaire.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le rôle consiste à garantir l’application des Conventions de Genève, est présent en Ukraine. Le CICR s’efforce d’y mener ses opérations de secours dans une situation d’extrême insécurité.

ukraine, russie
L’Ukraine est entouré des pays suivants : Russie, Roumanie, Moldavie, Hongrie, Slovaquie, Pologne et Bélarus.

Échec de l’ONU et de l’OTAN

On peut faire un don à la Croix-Rouge canadienne afin d’appuyer le CICR et la Croix-Rouge ukrainienne.

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On peut aussi soutenir les nombreuses initiatives mises en œuvre par la diaspora ukrainienne et autres organismes non-gouvernementaux pour venir en aide au peuple ukrainien.

Pourtant tout cela reste encore loin d’être suffisant…

Le droit international humanitaire est en déroute. Les structures et multiples réunions internationales de l’ONU et l’OTAN échouent à maintenir la paix et la justice mondiale en Ukraine et ailleurs.

C’est une catastrophe aux effets prévisibles à l’échelle planétaire.

ukraine, char
Un char russe abandonné sur la route de Kiev.

Victimes collatérales sans recours

Plus de 84 millions de personnes – dont 5 millions d’Ukrainiens – sont déplacées de force dans le monde, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés dont on parle trop peu.

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Citons, entre autres, les victimes de conflits au Yémen, en Irak, Syrie, en République démocratique du Congo, au Cameroun (régions anglophones), la crise humanitaire au Soudan du Sud, la répression en Chine, Corée du Nord, la déchéance politique en Afghanistan, en Iran, en Haïti

Point de non-retour en Ukraine

On prétend pouvoir compter sur la diplomatie pour régler les conflits. C’est un discours avorté d’avance…

Nous sommes témoins d’une population sacrifiée au jour le jour depuis deux mois afin soi-disant d’éviter une 3e Guerre mondiale. On discute tout en continuant de s’armer, dans un contexte d’immenses capacités militaires.

Devant un tel massacre, comment peut-on prétendre aux bienfaits d’une telle démarche diplomatique entre pays aux valeurs opposées?

vladimir poutine
Vladimir Poutine.

Les multiples sanctions à l’égard de Poutine et ses oligarques ne freineront pas la guerre. L’approvisionnement en armes et munitions des combattants ukrainiens non plus.

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Le conflit Ukraine-Russie, avec ses conséquences désastreuses sur toute la planète, se poursuivra un certain temps… Encore plusieurs millions de personnes devront se déplacer…

Qu’en est-il d’un plan international de gestion équitable de cette migration massive en perspective?

Zelensky, Ukraine
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adressant aux membres du Parlement canadien le 15 mars. Debout: le premier ministre Justin Trudeau. Photo: Flick Justin Trudeau

Paix durable relative

Éventuellement, nous parviendrons à acquérir l’aptitude à la négociation d’une paix durable relative.

Avec le temps, nous trouverons le moyen d’actualiser les règles du droit de la guerre et sa pratique, ainsi que notre système de justice pénale internationale controversé.

Il faut aussi actualiser le droit visant les conflits non internationaux (Protocole additionnel II aux Conventions de Genève) touchant de nombreuses populations démunies n’ayant aucun autre choix que de migrer au péril de leur vie.

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Par ailleurs, l’aptitude à la négociation moderne nous parviendra de l’apport de nos jeunes de partout dans le monde. Leur ouverture d’esprit nous permettra de transcender certaines valeurs désuètes perpétuées par l’histoire.

Entre temps, la survie prédomine.

Auteur

  • Annik Chalifour

    Chroniqueuse et journaliste à l-express.ca depuis 2008. Plusieurs reportages réalisés en Haïti sur le tourisme solidaire en appui à l’économie locale durable. Plus de 20 ans d'œuvre humanitaire. Formation de juriste.

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