Panier de crabes de religieux sans scrupules
Au Québec et ailleurs, l’Église catholique a profité d’une mainmise absolue sur le quotidien de ses ouailles pour commettre impunément des crimes sexuels et économiques. Richard Ste-Marie tisse toute une intrigue sur ce sujet dans son roman intitulé De ton fils charmant et clarinettiste. Le narrateur est l’ex-sergent Marcel Banville qui, après 35 ans au Service de Police de la Ville de Québec, se retrouve devant rien. Pour avoir l’esprit en paix, Banville cherche à fermer des dossiers «dans sa tête», comme il dit. «J’ai été un jeune flic pourri jadis, il n’y a pas de raison que je devienne […]
Marc Haentjens président du Salon du livre de l’Outaouais
Le 27 juin, l’assemblée générale annuelle du Salon du livre de l’Outaouais (SLO) a choisi l’éditeur Marc Haentjens comme président de son conseil d’administration. C’est la première fois en 39 ans qu’un Franco-Ontarien assume cette responsabilité. «Le Salon du livre de l’Outaouais est un événement qui me tient beaucoup à cœur», a déclaré le nouveau président. «C’est dans la région – et des deux côtés de la rivière – un moment unique dans l’année pour célébrer les livres et les auteurs. Ce sera en plus cette année la quarantième édition du salon et l’on voudra marquer cet anniversaire d’une façon […]
Le Richelieu International : un archipel de la Francophonie
C’est pour endiguer la propagation des service clubs américains – Lions, Rotary et Kiwanis – que le mouvement Richelieu a vu le jour en 1944, d’abord à Ottawa, puis ailleurs au Canada, ensuite en Europe et en Afrique. On voulait offrir «un contrepoids bien franco-catholique» de culture masculine, selon Serge Dupuis, auteur de l’essai intitulé Le Canada français devant la Francophonie mondiale – L’expérience du mouvement Richelieu pendant la deuxième moitié du XXe siècle. Contrairement à l’Ordre de Jacques-Cartier et à la Fédération nationale des Sociétés Saint-Jean-Baptiste, le Richelieu évite dès le départ de créer des structures provinciales. Comme le […]
Guide populaire du Québec
Dans le Dictionnaire géographique du Québec, Normand Cazelais ne présente pas les lieux selon l’ordre alphabétique de leur toponyme (Amos, Bethierville, Charlevoix, etc.), mais plutôt selon quelque 160 génériques comme: anse, baie, colline… pointe, portage, rapide saut, etc. On y découvre alors plus de 400 lieux, tous accessibles par la route, ce qui exclut de multiples caps et baies de la mer d’Hudson ou le cratère du Nouveau-Québec. Le générique «anse» est peut-être le plus populaire: «il y en a des milliers, sinon des millions»! Celles aux noms les plus descriptifs sont anse Chatouilleuse en face de Percé, anse des […]
Aurélie Resch décroche le prix Trillium
La chroniqueuse de voyages et écrivaine Aurélie Resch a décroché jeudi soir le prestigieux prix littéraire Trillium de l’Ontario pour son recueil de nouvelles Sous le soleil de midi, publié chez Prise de parole. «Cette année, le prix braque les projecteurs sur un genre peu reconnu en littérature franco-ontarienne, la nouvelle, et encourage ainsi les auteurs de récits courts», a commenté l’heureuse élue. La Française d’origine, qui habite à Toronto depuis plusieurs années, évoque notamment «l’exil, la quête identitaire et les choses qui devraient se passer autrement» dans ses nouvelles. Le prix de poésie francophone, lui, a été remporté par […]
Errer entre deux mondes
Guy Bélizaire vient de publier À l’ombre des érables et des palmiers, un recueil de nouvelles dont certaines sont écrites au « je ». Est-ce une entreprise autobiographique où le filon de chaque histoire puise dans le vécu de l’auteur? On pourrait le croire puisque Guy Bélizaire est né à Cap-Haïtien, comme plusieurs des personnages qu’il met en scène dans ses nouvelles. Le titre, fort bien choisi et finement ciselé, évoque l’exil, la fuite de l’île haïtienne vers un coin du Canada, le plus souvent Montréal. Il est très souvent question de discrimination, d’injustice, de racisme, de déracinement et de pauvreté. Il […]
Gabriel Osson élu à la présidence de l’AAOF
Réunis en assemblée générale annuelle à Ottawa le 9 juin, les membres de l’Association des auteurs et auteures de l’Ontario français (AAOF) ont élu un nouveau conseil d’administration, et c’est le Torontois Gabriel Osson qui devient président pour les deux prochaines années. «Une de mes priorités sera le développement d’une politique du livre et de la lecture en Ontario français. À cet égard, je serai prochainement en contact avec le ministère de la Culture, le ministère de l’Éducation et les conseils scolaires, tant publics que catholiques.» Le nouveau président souhaite aussi encourager «un virage vers les auteurs émergeants» et espère […]
Quand l’art est une affaire dangereuse
L’écrivain anglo-soudanais Jamal Mahjoub publie sous le pseudonyme de Parker Bilal. Il parle six langues, dont le français, et son tout dernier roman s’intitule Le Caire, toile de fond. Ce polar illustre assez bien que le monde de l’art peut être «un business à haut risque». C’est chose bien connue que des œuvres d’art apparaissent et disparaissent avec une infaillible régularité. L’œuvre en question dans ce polar est «La Tour des chevaux bleus», toile d’une valeur inestimable de l’expressionniste allemand Franz Marc. Elle a été confisquée par les nazis dans les années 1930. Le tableau en question existe vraiment et […]
À la recherche de la liberté dans la littérature francophone
Pour le Littré, la liberté c’est le pouvoir d’agir ou de ne pas agir. Mais les formalités du dictionnaire n’empêchent pas les écrivains – passés ou futurs – d’en donner leur interprétation. Qu’elle soit politique, quotidienne ou territoriale, la liberté a bien fait couler d’encre. Des conditions de vie au goulag à la cigarette féminine émancipatrice, nous avons feuilleté une littérature francophone qui voit dans la recherche de la liberté une quête de l’identité en ce pluvieux dimanche 3 juin. C’est en tout petit comité que l’émission Quatrième de couverture créée par L’écriture en mouvement et animée par Anne Forrest-Wilson […]
Maculer l’âme puérile d’une innocente
Odette Mainville a récemment publié un troisième roman intitulé Julie, droguée et prostituée malgré elle, où on voit comment l’infamie peut s’emparer d’une vie et la transformer en cauchemar. J’ai rarement vu un ouvrage décrire avec autant d’acuité comment une personne peut se vautrer dans la fange de la prostitution. La Julie du titre a 3 ans lorsque sa mère perd la vie dans un accident de la circulation. La grand-mère élève l’enfant tant que la santé le lui permet. Fermée sur elle-même, Julie devient victime de railleries et de mesquineries au primaire et au secondaire. Gang de rue À […]
Les Platanes d’Istanbul : une Turquie sensible sous le bruit des bombes
En 2011, l’écrivaine québécoise Tassia Trifiatis-Tezgel quitte sa ville de Montréal pour poser ses valises à Istanbul avec son mari kurde. Une parenthèse stanbouliote de 3 ans qui nous donne Les platanes d’Istanbul, un 3e ouvrage accompagné des dessins de Caroline Lavergne et publié aux Éditions du passage. Des scènes de vie au marché du coin aux rencontres dans un mini-van, c’est une Turquie inattendue que nous dévoile Tassia. Loin des bouleversements politiques, elle nous livre des bribes sensibles de son quotidien en terre anatolienne. Tassia Trifiatis-Tezgel est à retrouver le 8 juin à la librairie Mosaïque du 24 rue Spadina pour […]
Distinguer l’éphémère de l’immuable
Plusieurs romans ont raconté l’horreur des camps de concentration. Dans Des jours d’une stupéfiante clarté, Aharon Appelfeld choisit de nous amener sur les traces de son personnage Theo qui, à 20 ans, marche d’un camp autrichien jusque chez lui. Un trajet de plus de 300 km qui concilie passé et présent, solitude et solidarité. Au printemps de 1945, Theo Kornfeld quitte le camp de concentration no 8 (Mauthausen) située à 24 km de Linz, en Haute-Autriche. Les gardiens allemands ont déguerpi à l’approche des Russes, et Theo décide alors de marcher jusqu’au village de ses parents, Sternberg, soit environ 290 […]