Descriptions chaudes d’actes froids

Traquer Kate d’Alex Lake

Alex Lake
Alex Lake, Traquer Kate, roman traduit de l’anglais par Thibaud Eliroff, Montréal, Éditions Flammarion Québec, 2018, 448 pages, 29,95 $.
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Un bar, des gens qui parlent, boivent, tombent amoureux. L’un d’entre eux peut être un tueur en série… et même plus que ça. Voilà ce qui vous attend dans Traquer Kate d’Alex Lake, un roman qui vous tiendra en haleine pendant plus de 400 pages.

La Kate du titre est une avocate de 28 ans. Après de très longues fréquentations, elle vient de larguer son premier petit-ami Phil qui ne réussit pas du tout à l’oublier. Il va juste qu’à l’espionner tard en soirée. Mais Phil n’est pas le traqueur du titre. Kate est traquée par l’Étrangleur de Stockton Heath, dans le Cheshire, non loin de Manchester en Angleterre.

Ce tueur en série étrangle des femmes de 27 ou 28 ans, qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à Kate Armstrong. Des femmes retrouvées à deux kilomètres de l’appartement de cette dernière.

Tuer: un travail

L’auteur explique que le meurtrier ordinaire pose un geste guidé par la jalousie, la luxure ou la cupidité. Les mafieux, eux, sont guidés par la vengeance. Or, le tueur en série est «l’un d’entre nous, mais également un autre», quelqu’un qui planifie un acte lui procurant un plaisir, acte qu’«il voit comme un travail».

Les amies de Kate l’encouragent à s’inscrire à un Dating Service. C’est là qu’elle retrouve un dénommé Mike, rencontré quelques mois plus tôt lors d’un voyage à l’étranger. «Soirée au théâtre? Sexe acrobatique la moitié de la nuit? Petit déjeuner au lit? Jogging matinal?» Kate reprend confiance auprès d’un homme attirant et attentionné.

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Alex Lake situe son intrigue à l’ère de Facebook. Il écrit que les femmes y étalent leur vie privée: «dates de naissance, projets de voyage, toutes sortes d’informations personnelles. Rien de mieux pour inciter les gens malintentionnés à faire des choses malintentionnées. C’est tellement plus facile de nos jours.»

L’auteur montre aussi comment il est facile pour un tueur en série qui est moindrement initié à l’informatique de faire transférer automatiquement les courriels de sa prochaine victime vers sa boîte à lui. Et qu’est-ce qui arrive après? «C’était horrible. Au-delà de l’horreur.»

Répliques coups de poing

Les répliques sont souvent incisives, parfois coups de poing. En voici un exemple: «Un sédatif rapide. C’est ce qu’on donne aux gens avant une coloscopie. J’ai trouvé ça approprié pour un trou de cul dans son genre.»

Plusieurs polars décrivent des meurtres ignobles. Traquer Kate va plus loin et nous plonge dans la folie meurtrière. Ce roman illustre que les gens normaux ont souvent tendance à se laisser guider par leurs émotions, en sont même des esclaves. Les tueurs en série, eux, ignorent tout de leurs émotions.

Je ne vais évidemment pas vous dévoiler l’identité de l’Étrangleur de Stockton Heath. Je vous dirai tout simplement qu’Alex Lake est un as des rebondissements bien calculés et des descriptions chaudes d’actes froids. «Souffrance, tourment, agonie: aucun de ces mots n’approche de ce que Kate vit.»

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