Pendant des décennies, le récit migratoire canadien ne s’est écrit que dans un seul sens: arriver, s’installer, bâtir. Or, pour une partie des immigrants, le voyage ne s’arrête plus au Canada: certains rentrent au pays natal, d’autres mettent le cap sur les États-Unis.
Alors que les témoignages de départ essaiment sur les réseaux sociaux, une question s’impose: assiste-t-on à une véritable «immigration inversée»?

Le parcours de Tiphanie donne un visage à cette migration à rebours. Après près de vingt ans en France, elle a passé presque une décennie au Canada, où elle a étudié et travaillé. Le prochain chapitre s’écrira pourtant en République démocratique du Congo, pays de sa famille.
«Il y a un attachement émotionnel profond: c’est le pays de ma famille, et je m’y sens chez moi , confie-t-elle en entrevue à l-express.ca.
Selon Statistique Canada, parmi les immigrants admis entre 1982 et 2017, 5,1% avaient quitté le pays cinq ans après leur admission, 10,5% après dix ans et 17,5% après vingt ans. L’immense majorité reste au Canada, mais une fraction suffisante repart pour que la question de la rétention se pose. Ce n’est pas une hémorragie, mais une fuite lente.








