Casablanca et Toronto, l’écho de deux métropoles

Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
La Mosquée Hassan II et la Tour CN, deux monuments emblématiques qui dominent l’horizon de Casablanca et de Toronto. Photos: https://unsplash.com/fr
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Publié 04/06/2026 par Hamza Ziad

À près de 7 000 kilomètres de Toronto, sur la côte atlantique de l’Afrique du Nord, s’étend Casablanca, la plus grande ville du Maroc et le principal moteur économique du royaume.

À première vue, tout semble opposer Casablanca et Toronto. L’une est bercée par les vents de l’Atlantique, l’autre borde les rives du lac Ontario. Pourtant, au-delà de la distance qui les sépare, les deux métropoles partagent plusieurs caractéristiques communes.

Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
Selma. Photo: courtoisie

Pour plusieurs Casablancais qui choisissent de s’établir en Ontario, cette familiarité facilite l’intégration.

«Toronto me rappelle Casablanca à bien des égards», confie Selma, une immigrante marocaine. «On y retrouve la même énergie, la même diversité et ce sentiment que chacun peut y trouver sa place. Malgré la distance, je ne me sens pas complètement dépaysée.»

Cette proximité est également perceptible au sein de la communauté marocaine de la région torontoise. «Entre 25% et 30% des immigrants marocains à Toronto proviennent de la région métropolitaine du Grand Casablanca, ce qui signifie qu’il existe un lien fort entre les deux villes», souligne à l-express.ca Mohamed Benjelloun, président de l’Association marocaine de Toronto (AMDT).

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Le Financial District de Toronto et Casablanca Finance City, deux quartiers d’affaires qui illustrent le rôle central de leurs métropoles dans l’économie de leur pays. Photos: https://unsplash.com/fr

Deux centres névralgiques

Au-delà des témoignages, plusieurs indicateurs permettent d’établir des rapprochements entre Casablanca et Toronto.

Avec plus de trois millions d’habitants chacune, elles figurent parmi les principales métropoles de leur pays. À l’échelle régionale, Casablanca-Settat et le Grand Toronto regroupent tous deux plus de sept millions de résidents.

Sur le plan économique, elles occupent une place centrale dans la création de richesse et la concentration des activités financières, commerciales et de services. Toronto est reconnue comme le principal moteur économique du Canada, tandis que Casablanca, ou simplement «Casa», fait battre le cœur économique du royaume chérifien.

Leur rayonnement dépasse toutefois le cadre économique. Alors que Toronto rassemble des communautés venues du monde entier, Casa accueille depuis longtemps des populations provenant de toutes les régions du Maroc, mais aussi d’Europe, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient.

Sa proximité avec l’Europe et les liens du Maroc avec de nombreux pays africains contribuent à faire de la métropole marocaine un important carrefour d’échanges et de mobilité.

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Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
De Casablanca à Toronto, le transport collectif contribue à façonner le paysage urbain et le rythme de vie de deux grandes métropoles ouvertes sur le monde. Photos: https://unsplash.com/fr

Reliées par-delà l’Atlantique

Le transport constitue un autre point commun entre les deux villes. Portées par une croissance soutenue et une population en constante évolution, elles cherchent à répondre aux besoins de mobilité de millions de résidents.

Dans la région torontoise, les réseaux de la TTC et de GO Transit ont enregistré ensemble plus de 800 millions de déplacements en 2024. À Casablanca, le tramway et le Busway transportent chaque année plus de 54 millions de passagers.

Au-delà du transport collectif, Toronto et Casablanca occupent une position stratégique au sein de vastes réseaux routiers. La métropole canadienne est traversée par l’autoroute 401, l’une des plus achalandées en Amérique du Nord, tandis que Casablanca s’appuie sur un important réseau d’autoroutes urbaines et de voies rapides qui facilitent les déplacements à l’intérieur de la métropole et entre ses différents pôles économiques.

Les deux villes sont également reliées par une liaison aérienne directe de Royal Air Maroc. Mise en service en décembre 2024, elle est assurée trois fois par semaine entre Toronto et Casa.

Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
Mohamed Brihmi (2e) et Faouzi Metouilli (3e) en compagnie de Souriya Otmani, Ambassadrice du Royaume du Maroc au Canada, et de représentants de Royal Air Maroc lors du lancement officiel de la liaison directe Toronto–Casablanca en 2024. Photo: courtoisie.

Un potentiel de rapprochement

«Sur le plan touristique, le rapprochement entre Casablanca et Toronto offrirait une belle occasion de faire découvrir davantage au public canadien la Ville blanche, ainsi que le Maroc et sa richesse culturelle millénaire», affirme Souriya Otmani, ambassadrice du Maroc au Canada, dans une entrevue accordée à l-express.ca.

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Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
Souriya Othmani. Photo: courtoisie.

L’ambassadrice souligne également l’intérêt croissant des Canadiens pour la destination marocaine. «Rien qu’en 2025, le marché canadien a enregistré une très belle performance sur la destination Maroc, avec 258 000 touristes canadiens, soit une hausse de 29% par rapport à 2024, confirmant une dynamique de croissance soutenue», ajoute-t-elle.

De son côté, Faouzi Metouilli, président de la Chambre économique Maroc Canada (CEMC), estime que les deux villes disposent déjà de plusieurs atouts favorables à un rapprochement.

«Casablanca et Toronto représentent deux métropoles mondiales: des pôles économiques, des nœuds de migration et des espaces où coexistent diversité, innovation et changement constant. Un jumelage économique pourrait contribuer à consolider des passerelles déjà existantes», affirme-t-il.

Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
Le Distillery District de Toronto et le quartier des Habous de Casablanca, deux secteurs emblématiques qui témoignent du patrimoine architectural et du caractère historique de leurs villes respectives. Photo: https://unsplash.com/fr

Quand les paysages se font écho

Au-delà des chiffres, certaines ressemblances se dessinent également dans le paysage urbain.

À Casablanca, la Mosquée Hassan II s’élève entre ciel et Atlantique. À Toronto, la Tour CN occupe une place tout aussi marquante dans le paysage. Ces deux monuments figurent parmi les repères les plus emblématiques de leur métropole respective.

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Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
Faouzi Metouilli. Photo: courtoisie

Les parallèles se poursuivent au bord de l’eau. La Corniche casablancaise et le secteur riverain de Toronto comptent parmi les lieux de rassemblement les plus fréquentés de leur ville, offrant un équilibre entre loisirs, culture, restauration et espaces publics.

Au fil des quartiers, d’autres correspondances apparaissent. Avec son architecture distinctive, ses ruelles et ses commerces, le quartier des Habous évoque à certains égards le Distillerie. Plus tournés vers les affaires, Casablanca Finance City et le Financial District de Toronto concentrent une part importante de l’activité économique de leur ville.

L’élégance trouve également son expression dans le Triangle d’Or de Casablanca et à Yorkville, chez nous. Derrière leurs vitrines soignées et leurs avenues animées, ces deux quartiers incarnent un art de vivre où se côtoient commerce, culture et raffinement.

Casablanca et Toronto, regards sur deux grandes métropoles
À Casablanca comme à Toronto, le football rassemble des milliers de partisans et occupe une place importante dans la vie sportive de la ville. Photos: Wikimedia Commons

Villes de sports

Le sport constitue un autre trait d’union entre Casablanca et Toronto.

Dans la Ville Reine, les Maple Leafs, les Raptors, le Toronto FC et les Blue Jays rassemblent des générations de partisans. À Casa, la ville vit depuis des décennies au rythme du rouge du Wydad et du vert du Raja, deux clubs au cœur de l’identité sportive de la métropole.

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Véritables institutions du football marocain et africain, ils alimentent une rivalité historique qui culmine lors du derby casablancais, l’un des rendez-vous sportifs les plus suivis du continent. Les tifos des supporters ont contribué à leur renommée internationale.

Le sport marque également le paysage urbain des deux villes. À Casablanca, le complexe Mohammed V demeure un lieu emblématique de la Ville blanche. À Toronto, le Rogers Centre, le Scotiabank Arena et le BMO Field occupent une place comparable dans la vie de la métropole.

Si aucun projet de jumelage n’est actuellement envisagé, les nombreux points communs entre Casablanca et Toronto soulèvent la question: jusqu’où pourrait aller le rapprochement entre les deux métropoles dans les années à venir?

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