CAH mise sur la stabilité de ses équipes pour préserver ses services en français

48e AGA de CAH.
48e assemblée générale annuelle de CAH, mercredi 24 juin à l'UOF. Selon les projections provinciales, un Ontarien sur cinq aura 65 ans ou plus d’ici 2046, un enjeu majeur pour les organismes au service des aînés francophones. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 29/06/2026 par Hamza Ziad

Selon Barbara Ceccarelli, directrice générale des Centres d’accueil Héritage (CAH), les partenariats établis depuis plusieurs années avec les collèges et les institutions francophones constituent un atout important pour assurer la relève dans les secteurs du travail social et des soins aux bénéficiaires.

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Barbara Ceccarelli.

«Les francophones qui arrivent au Canada ou qui étudient ici savent que chez nous, ils peuvent travailler en français, s’épanouir et développer leurs compétences», explique-t-elle.

La principale difficulté demeure toutefois la rétention du personnel qualifié. Elle souligne également les enjeux liés à l’immigration francophone et à l’équité salariale entre le milieu communautaire et les autres établissements de santé.

«Pour le même travail, les gens ne sont pas payés de façon équitable. Une personne peut gagner davantage dans un hôpital ou un établissement de soins de longue durée et, souvent, lorsqu’elle est bilingue, elle finit par travailler en anglais plutôt qu’en français», observe-t-elle.

Selon la directrice générale, l’enjeu consiste désormais à assurer une plus grande stabilité des équipes afin de maintenir une offre de services en français adaptée aux besoins grandissants des aînés.

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Les troubles neurocognitifs, dont la démence, touchent une proportion croissante des aînés ontariens, accentuant les besoins en accompagnement communautaire et en services de proximité.

Une population qui vieillit

Selon les projections du gouvernement de l’Ontario, les personnes âgées de 65 ans et plus représenteront 20,3% de la population provinciale d’ici 2046, comparativement à 18,4% en 2022.

«On voit de plus en plus de personnes autour de nous qui vivent des vies plus longues et plus épanouies. Mais ça veut dire aussi qu’on a de plus en plus de personnes qui vivent avec la démence en communauté, donc des personnes qui ont besoin de soutien», souligne Barbara Ceccarelli.

Cette évolution démographique se traduit par une demande accrue pour les services de proximité, le maintien à domicile et l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles cognitifs.

«Je pense que c’est le moment de mettre les ressources là où elles doivent être et que le secteur communautaire qui soutient les gens à vivre de façon autonome soit considéré comme un partenaire de santé à part entière», ajoute-t-elle.

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Après l’AGA, les résidents et les membres du CAH ont échangé avec les administrateurs lors d’une séance de questions-réponses animée par Gilles Marchildon (au centre).

Faut-il imposer un test de français?

Lors de la 48e assemblée générale annuelle de CAH, tenue le mercredi 24 juin à l’Université de l’Ontario français (UOF), une modification proposée aux actes constitutifs a suscité de nombreuses interrogations parmi les résidents.

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La nouvelle formulation prévoit des logements «où la langue d’usage est principalement le français», une nuance qui n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs membres estiment que le français doit demeurer la langue d’usage, sans autre précision.

aînés
Pierre Gravel. Photo: archives l-express.ca

«Il y a 45 ans, pour être admissible au CAH, il fallait être francophone ou francophile. Pour les couples, il suffisait qu’une des deux personnes parle français», a rappelé Pierre Gravel, un des fondateurs de CAH, qui habite à la Place Saint-Laurent, l’édifice de 135 appartements géré par CAH.

Selon lui, l’ajout du terme «principalement» pourrait élargir l’interprétation des critères d’admission. «Aujourd’hui, on peut s’attendre à ce qu’une personne qui dit simplement “bonjour”, “ça va”, “oui” ou “non” soit considérée comme admissible», souligne-t-il, proposant la mise en place d’un test de français pour les futurs résidents.

Le débat a mis en lumière l’attachement de plusieurs résidents à la mission historique de l’organisme et à la préservation d’un milieu de vie véritablement francophone.

Des services de proximité renforcés

Le rapport d’impact 2025-2026 du CAH mentionne ses logements abordables avec services, dont bénéficient 250 personnes, parmi lesquelles 62 résidents recevant un accompagnement sur place. Au cours de l’année, 4 977 repas communautaires ont également été servis.

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Les programmes d’aide à domicile ont rejoint 79 usagers, totalisant 5 100 heures de service, ainsi que 12 135 appels et visites de sécurité. Les services de jour de Toronto et d’Oshawa ont fourni 36 836 heures d’accompagnement auprès de 77 participants.

Les services offerts couvrent notamment l’aide à domicile, les programmes de jour, l’accompagnement communautaire et le soutien à la navigation dans le système de santé.

CAH
Fabien Schneider. Photo: courtoisie

«Une part croissante des investissements publics est désormais consacrée au maintien à domicile, en raison du manque de places disponibles en soins de longue durée. Dans ce contexte, les organismes communautaires jouent un rôle de plus en plus central et assurent aujourd’hui une offre de services à domicile bien supérieure à celle d’il y a dix ans», souligne Fabien Schneider, directeur général adjoint de CAH.

Le CAH a également accompagné 248 personnes dans leurs démarches au sein du système de santé. Quarante-huit bénévoles ont cumulé 2 151 heures de bénévolat au cours de l’exercice.

Un retour à l’excédent budgétaire

Les états financiers du CAH font état d’un excédent des revenus sur les dépenses de 364 483 $, comparativement à un déficit de 43 361 $ enregistré au cours de l’exercice précédent.

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Les revenus de l’exercice se sont établis à 4,62 millions $, provenant principalement du financement de Santé Ontario (42,6%), des loyers (31,4%) et des contributions de la Ville de Toronto (16,7%).

Au 31 mars 2026, l’actif total de l’organisme s’élevait à 3,29 millions $, contre 2,87 millions $ au 31 mars 2025. Les dépenses totales se sont établies à 4,26 millions $, comparativement à 4,31 millions $ lors de l’exercice précédent.

Les actifs nets atteignaient 2,92 millions $, en hausse par rapport aux 2,55 millions de dollars enregistrés un an plus tôt.

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Michel Tremblay, Joelle Harfouche, Vanessa Cange, Normand Babin, Barbara Ceccarelli, Geneviève Grenier, Joëlle Lavoie, Safia Fakim, Dominique Janssens.

Un nouveau CA

Le nouveau conseil d’administration de CAH est composé de Geneviève Grenier (présidente), Denis Frawley (vice-président), Normand Babin (secrétaire) et Joëlle Harfouche (trésorière). Le conseil compte également parmi ses administrateurs Dominique Janssens, Michel Tremblay, Safia Fakim et Vanessa Cange.

Joëlle Lavoie a été nommée pour un mandat d’un an afin de remplacer Raisa Pesel, qui a quitté ses fonctions en janvier dernier. Les renouvellements et les nouvelles nominations ont été entérinés lors de la 48e assemblée générale annuelle pour l’exercice 2026-2027.

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