L’UOF lance son premier programme en travail social

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Il y a du pain sur la planche pour les diplômés en travail social. Photo: archives l-express.ca
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Publié 27/06/2026 par Soufiane Chakkouche

Après l’Université d’Ottawa et l’Université Laurentienne, c’est au tour de l’Université de l’Ontario français (UOF) de se doter d’un programme en travail social. Une entreprise de longue haleine qui relève d’un véritable chemin de croix.

L’UOF vient tout juste d’obtenir l’aval de la commission d’agrément de l’Association canadienne pour la formation en travail social (ACFTS) l’autorisant à dispenser le programme de baccalauréat en travail social avec le statut de pré-agrément.

«Le plus tôt aurait été le mieux, car il s’agit là de besoins pressants. Cela dit, on est très content de pouvoir être en mesure d’offrir ce programme dès à présent», indique à l-express.ca Isabelle Dostaler, vice-rectrice aux études et à la recherche de l’UOF, avec un brin de soulagement dans la voix.

Un long processus

Toutefois, cette approbation n’était pas des plus faciles à obtenir. En effet, il aurait fallu quelque trois années de négociations avant ce dénouement survenu à la mi-juin.

Nouveau programme en travail social de l'UOF.
Isabelle Dostaler. Photo: courtoisie

«C’était un très très long processus, parce que, comme pour notre programme en Éducation, celui du Travail social est régi par un ordre professionnel. Avec raison d’ailleurs, car ce sont des emplois et des domaines d’expertise qui sont très régulés, et ce afin de protéger le public. On est donc très content d’en être arrivé au bout», se réjouit la vice-rectrice.

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Bianca Nugent, professeure adjointe à l’UOF et coordonnatrice du programme de travail social, partage le même constat:

«Les gens ne le réalisent pas forcément, mais c’est un long processus, car tous les programmes en travail social dans les institutions universitaires au Canada sont sous l’égide de l’ACFTS. Cette dernière impose des politiques pédagogiques et des normes d’agréments qui sont structurées et très encadrantes.»

Des consultations en amont

Parallèlement à ces trois ans de négociations avec ce gendarme de la profession qu’est l’ACFTS, un travail de consultation avec les principaux concernés a été mené, comme l’explique Bianca Nugent:

«Chaque programme à sa couleur qui doit s’inscrire dans la réalité, les enjeux et les préoccupations des communautés qu’il dessert. C’est ce que j’ai pris en compte pour m’assurer de respecter ce qui a été conclu dans les premières années lors des rencontres avec les partenaires de la communauté et avec les professeurs des autres programmes fondateurs de l’UOF. D’ailleurs, ce processus de consultation va perdurer.»

Une progression graduelle

Il s’agit d’un baccalauréat de 120 crédits, soit 30 crédits par an dont la progression suit une logique bien déterminée, comme le détaille la chargée du programme:

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«Le programme est structuré selon une progression cohérente. La première année est dédiée aux fondements du travail social, la deuxième aux approches d’intervention, la troisième à l’approfondissement du savoir théorique et à l’intervention en pratiques spécialisées. La quatrième année se consacre à l’expertise avancée ou aux pratiques professionnelles avancées, comme je les appelle.»

Transformer les réalités sociales

Par ailleurs, ce programme vise à «former la relève qui transformera les réalités sociales», du moins c’est ce qu’on peut lire sur le communiqué de presse accompagnant son annonce. Mais ne parlez surtout pas d’un slogan marketing à Isabelle Dostaler. 

«L’un des mandats de l’UOF est de créer un monde meilleur. Nous sommes animés par un idéal de justice sociale, c’est une chose qui transparaît à travers tous nos programmes», précise-t-elle.

«On veut créer des citoyens novateurs avec un esprit critique et qui sont capables de changer le monde, surtout en ce moment où les choses ne vont pas tellement bien.»

Même ligne de défense du côté de Bianca Nugent, un tantinet plus pragmatique:

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«Ce programme propose des cours concrets, comme ceux sur l’évolution des approches et des pratiques en travail social, sur le colonialisme et le savoir autochtone. Ou encore sur les interventions communautaires ou sur l’action collective pour mobiliser des groupes. Et apprendre comment on fait des changements au niveau des politiques sociales et des lois. Tout cela fait partie du rôle des travailleurs sociaux.»

Nouveau programme en travail social de l'UOF.
Bianca Nugent. Photo: courtoisie

L’UOF révise ses programmes

Quant à la question qui fâche, à savoir si, à travers cette nouvelle formation, la direction de l’UOF ne cherche pas à pallier au déséquilibre entre les programmes, étant donné que les trois quarts des étudiants de l’Université sont inscrits au programme d’Éducation et que la demi-douzaine d’autres programmes se partagent le petit quart des étudiants restants, la vice-rectrice ne laisse nulle place aux spéculations:

«C’est très fréquent dans le milieu universitaire d’avoir des programmes phares qui attirent le plus d’étudiants et d’autres qui en attirent moins.»

«Il ne faut pas interpréter cela d’une manière négative, car cela permet aux universités d’avoir une offre variée. De plus, les programmes qui attirent le plus d’étudiants permettent à ceux qui en attirent le moins d’exister.»

Et d’ajouter: «Cela dit, nous faisons en ce moment un bon travail de révision de nos programmes afin de tenter de maximiser la mutualisation des cours entre nos différents programmes.»

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Une bourse de 5000 $ aux 10 premiers inscrits

Enfin, l’UOF offre une bourse de 5000 $ aux 10 premiers qui s’inscrivent au nouveau programme en travail social.

Néanmoins, l’offre n’est pas valable pour les étudiants provenant des écoles secondaires de l’Ontario, car, d’après le rectorat de l’Université, ces étudiants bénéficient déjà d’une bourse provinciale de 12 000 $.

Cependant, même avec une telle incitation financière, Isabelle Dostaler ne table que sur une quinzaine d’inscrits pour cette première cohorte. Et pour cause: l’UOF vient tout juste d’obtenir la permission d’ouvrir le programme et les inscriptions, alors que «le cycle de recrutement universitaire est normalement d’un an».

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