L’UOF et CHOQ-FM veulent proposer une charte éthique sur l’IA

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Si rien n'est fait, les Francophones en général et les Franco-ontariens en particulier risquent de rater le train de l'intelligence artificielle. Photo: iStock.com/your_photo
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Publié 30/04/2026 par Soufiane Chakkouche

L’Université de l’Ontario français (UOF) et la Coopérative radiophonique de Toronto CHOQ-FM viennent de parapher une entente de collaboration ô combien ambitieuse. La finalité étant de proposer une charte éthique francophone autour de l’intelligence artificielle (IA) et des enjeux numériques, une charte qui ambitionne d’être applicable à tous les médias audios francophones du pays.

«Je suis convaincu qu’il y a un train à prendre, nommé IA, et que ceux qui embarquent et qui acceptent de se servir de ces technologies s’en sortiront. Ceux qui ne le prennent pas risquent de rester sur la touche», nous dit Guillaume Lorin, directeur général de CHOQ-FM.

C’est un constat qui semble animer le récent rapprochement entre le Médialab Cultures numériques de l’UOF et la radio communautaire.

Placée sous le thème de Relève et innovation, l’IA au cœur de la culture francophone, l’initiative consiste à ce que CHOQ-FM accueille des stagiaires de l’UOF afin de leur offrir des formations en production radio, numérique et outils IA.

Toutefois, derrière cette appellation évocatrice, se cache un chantier qui entend dépasser le simple cadre formateur et/ou expérimental, car il s’agit surtout de bâtir les fondations d’une réflexion durable s’agissant de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’univers audio francophone.

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Club canadien, Médias
Guillaume Lorin, directeur de CHOQ FM. Photo: Club canadien de Toronto

Un projet ambitieux

«Il n’y a pas assez d’informations pratiques en français concernant ces technologies. On a donc voulu en tant que média, les vulgariser. C’est aussi une opportunité de structurer un modèle francophone local exploitable», souligne Guillaume Lorin.

Plus que cela, selon le journaliste, le projet aspire à terme à la rédaction d’une charte éthique de bon usage et de recommandation autour des thèmes de l’IA et des enjeux numériques francophones applicables à tous les médias audios francophones du pays. En somme, il s’agit d’une charte de référence au niveau national – rien que cela!

«Dans ce cadre, l’UOF était un collaborateur tout désigné, parce qu’ils font d’ores et déjà de la recherche en culture numérique depuis de nombreuses années, et ce avec succès», poursuit-il.

À la quête d’une souveraineté numérique franco-ontarienne

Pour sa part, Hela Zahar, professeure responsable du pôle d’études et de recherche en Cultures numériques de l’UOF, estime que ce projet peut représenter la pierre angulaire d’une souveraineté numérique franco-ontarienne.

«Avec ce partenariat, on ne veut pas seulement former les étudiants à l’IA et produire du contenu audio, on veut également poser la base d’une souveraineté numérique franco-ontarienne, car cette dernière a toujours été et est encore dans une situation de survie. On veut dépasser cela et être dans l’innovation stratégique», explique-t-elle.

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Dans un univers numérique largement dominé par les grandes plateformes anglophones, la chercheuse considère qu’il devient nécessaire de réfléchir à une place propre à la francophonie.

«Cette charte qui découlera de ce partenariat va consolider la mise en réseau universités-médias-communauté. L’idée est de mutualiser la force, car, pour faire face à la domination des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et des grandes industries, il faut construire une chaine complète.»

Comité consultatif des affaires francophones de la Ville de Toronto
La professeure Hela Zahar, de l’UOF. Photo: archives l-express.ca

Même son de cloche du côté de Guillaume Lorin, avec, néanmoins, une vision plus large. «C’est toute la francophonie mondiale qui est un peu sur la touche dans ce domaine, parce que ce sont les géants du numérique américain et un peu chinois qui ont aujourd’hui les clés de la machine.»

«La grande question qui se pose», dit-il, «est l’angle francophone qui est donné à l’IA, et, dans cet angle, la sous-culture franco-ontarienne risque évidemment d’être noyée.»

Reconnaissance algorithmique

Par ailleurs, pour que la francophonie ontarienne puisse ne pas rater le «train» numérique, il lui faut acquérir une certaine reconnaissance, et pas au sens commun du terme.

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«Plus on travaillera ensemble, plus on aura une culture franco-ontarienne reconnue algorithmiquement parlant. Parce qu’il ne suffit plus d’être visible, il faut être reconnu par les algorithmes», précise Hela Zahar.

En effet, l’IA repose sur des données d’entraînement. Alors, lorsque celles-ci proviennent essentiellement de contextes anglophones, les résultats deviennent beaucoup moins performants pour les réalités francophones.

Quant au rendu, les responsables du projet table sur mars 2027 pour présenter publiquement la charte éthique par et pour les francophones. Affaire à suivre…

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