Compétition GENIAL 2026: la modélisation 3D rafle la mise

Compétition GENIAL 2026 : Nathan Bawa rafle la mise
Les lauréats de la compétition GENIAL avec les membres du jury, les responsables de Glendon et la représentante de Desjardins, commanditaire de l'événement. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 28/09/2026 par Hamza Ziad

Le campus Glendon de l’Université York accueillait, le 24 septembre, la Compétition d’entrepreneuriat étudiant de GENIAL, commanditée par Desjardins. Une soirée où l’on a mesuré ce que pèse une idée le jour où elle doit se chiffrer.

La salle a parlé, le jury a suivi. Nathan Bawa, étudiant au baccalauréat en études internationales au Collège Glendon, repart avec le prix du public et le premier prix de 2 000 $. Son projet, Arkiteks Studios, propose de la modélisation 3D aux architectes, rénovateurs et promoteurs immobiliers.

Un deuxième prix de 1 000 $ revient à Chelsea Maravilla et son projet French or Friends, «le français de tous les coins du monde». L’outil permet de taper un texte, de choisir un accent et de l’entendre aussitôt.

Anika Vats et Kayla Lin décrochent le troisième prix de 500 $ avec EEVA Smart Cleanup, un robot qui ramasse les déchets des espaces publics et en rend compte aux villes.

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Madavi Sooriyapperuma, de Desjardins, et Nathan Bawa, double lauréat de la Compétition GENIAL 2026.

Dans une entrevue accordée à l-express.ca, le lauréat détaille la suite. «D’abord je dois me reposer, parce que ça fait pas mal de temps que je prépare cette présentation.»

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«J’ai commencé avec zéro, juste avec ma passion et mon ordinateur.» ll veut maintenant «mettre beaucoup de sous dans le marketing, me faire connaître et aller chercher des clients».

Une affaire de souffle et de motivation

Lancée en 2018 par Angelo Dossou-Yovo, professeur agrégé en gestion et en entrepreneuriat, l’initiative GENIAL repose sur le Passeport compétences entrepreneuriales, un parcours bilingue de quinze semaines ouvert à toutes les disciplines. Les candidats y arrivent de l’histoire, de la psychologie ou des affaires.

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Angelo Dossou-Yovo.

Depuis deux ans, il accueille aussi des étudiants de l’Université de l’Ontario français (UOF) et du Collège Boréal.

Le parcours compte quatre phases et une exigence non négociable: exploiter une entreprise enregistrée pendant six semaines au moins. L’engagement exigé fait fondre les rangs, phase après phase. «On peut avoir une cohorte de 24 étudiants, mais à la fin, on sélectionne vraiment ceux qui sont passés à travers des quatre phases», explique le professeur.

En trois cohortes, une douzaine d’entreprises ont vu le jour.

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Un regret plane pourtant: «J’aurais aimé qu’il y ait plus d’étudiants qui présentent. Mais ça fait peut-être partie du microcosme francophone», confie Serge Paul, fondateur de Frencheck Consulting et membre du jury.

Angelo Dossou-Yovo y voit une affaire de souffle: le programme s’ajoute aux cours. «Certains viennent, se rendent compte que c’est beaucoup de travail, puis décrochent. C’est une question de motivation.»

L’incubateur ne fabrique pas que des patrons. «L’entrepreneuriat, ce n’est pas toujours pour créer une entreprise. Ça peut servir à travailler dans des organisations qui doivent innover.»

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La conférencière Jennifer AI, Chelsea Maravilla et Madavi Sooriyapperuma.

À l’écoute des accents francophones

L’idée de French or Friends est venue à Chelsea Maravilla de ses propres déboires.

«Mon premier emploi après mon baccalauréat était dans une organisation francophone en Ontario. Je n’étais pas assez exposée aux accents et j’ai rencontré beaucoup de difficultés», raconte-t-elle à l-express.ca. «Dans les réunions, ils parlent très vite.»

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Un récent voyage en Acadie l’a confortée dans son intuition. «Ça m’a choquée à quel point les accents sont différents.» L’entreprise n’existe pas encore: elle cherche un informaticien et des phonéticiens.

Hermine Mbondo
Hermine Mbondo.

La majorité de ces candidats sont bilingues. Pourquoi, alors, présenter en français?

Pour Hermine Mbondo, fondatrice de B4brand et membre du jury, la réponse est limpide. «Le français est un atout en plus, qui permet de cibler culturellement une population donnée. On le voit avec French or Friends», souligne-t-elle à l-express.ca. «C’est un grand avantage, ça dépend de ce que tu veux en faire.»

Nathan Bawa a tranché sans hésiter. «C’est ma langue maternelle, celle dans laquelle je me sens le plus à l’aise.» Un passeport plutôt qu’une frontière: «Ça m’ouvre des portes: je peux démarcher des clients en Europe, en Afrique francophone, ailleurs encore.»

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Moment de réseautage: Marco Fiola, principal du campus Glendon, échange avec les membres du jury et les candidats.

Les angles morts

Le point de départ est bon, reconnaît Benoit Fortin, membre du jury et président du Conseil scolaire Viamonde. «Ils ont de bons débuts, de bonnes idées.» Le bât blesse ailleurs: «Dans la préparation de l’idée, dans l’évaluation des risques. C’est ça qui devient le plus important.»

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viamonde ministère éducation ontario birchcliffe-cliffside
Benoît Fortin.

Sa recette tient de l’arithmétique: trois scénarios de revenus croisés à trois de dépenses en donnent neuf. « Ça rassure un investisseur, parce qu’il est capable de voir ce qui se passe si les ventes flanchent et que les dépenses explosent, et ce qui devrait arriver si tout va bien.»

Puis ce paradoxe: «Les gens ne se rendent pas compte qu’il est infiniment plus facile d’aller chercher 10 ou 100 millions que 20 000 $.» En bas de l’échelle, on vous renvoie à la banque ou à votre père. En haut, le tri se fait avant la rencontre: l’investisseur a déjà vérifié vos chiffres, et la suite devient plus simple.

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Kadio Assouman.

Après les projecteurs, le vrai test

La véritable épreuve commence une fois les projecteurs éteints. Kadio Assouman, candidate de l’an dernier avec Assô Tomato Sauce, était là. «Quand j’ai commencé l’aventure, je n’avais pas de structure, pas de quoi demander des prêts bancaires», se souvient-elle. «Grâce au professeur Angelo et à toute l’équipe GENIAL, j’ai pu structurer mon entreprise: des chiffres, des prévisions.»

Zeinab Ayad
Zeinab Ayad.

Zeinab Ayad, deuxième l’an dernier avec Embroidery Zeynab, confie à l-express.ca une leçon tirée d’une variable longtemps ignorée: le temps.

«Avant GENIAL, je fixais mes prix en fonction du coût du matériel. Or la broderie demande énormément de temps et de travail. Le programme m’a appris à en tenir compte pour fixer un prix qui reflète la valeur réelle de mon travail.»

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Son conseil aux lauréats: «Ne pas voir GENIAL uniquement comme un concours ou une occasion de gagner un prix. Les connaissances, les rencontres et les occasions peuvent être encore plus importantes à long terme.»

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