100 000 $ à l’UOF pour étudier la désinformation de l’IA

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Le 20 août à l'UOF: la vice-rectrice Isabelle Dostaler; Pierre Pascal Gendron, prof d'économie à Humber Polytechnic et membre du conseil de gouvernance de l'UOF; la présidente du Conseil de gouvernance, Marie-Lison Fougère; la députée fédérale Chi Nguyen; le recteur Normand Labrie. Photos: Soufiane Chakkouche, l-express.ca
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Publié 25/08/2026 par Soufiane Chakkouche

L’Université de l’Ontario français (UOF) se penchera sur la désinformation générée ou amplifiée par l’intelligence artificielle (IA), grâce à un financement de 100 000 $ octroyé par le ministère fédéral de l’Identité et de la culture canadiennes.

C’est Chi Nguyen, députée de Spadina—Harbourfront, qui en a fait l’annonce le 20 août, dans l’agora de l’UOF, au nom du ministre Marc Miller.

Pour Normand Labrie, recteur et vice-chancelier de l’UOF, ce projet de recherche répond à une préoccupation devenue incontournable. «La question de la désinformation est un enjeu mondial crucial auquel les francophones n’échappent pas», explique-t-il.

D’après ce dernier, le financement permettrait notamment à l’équipe de recherche de l’UOF d’acquérir du matériel et des licences, mais également d’embaucher des étudiants pour participer au projet.

Le recteur reconnaît toutefois que 100 000 $ représentent une somme limitée au regard de l’ampleur du phénomène. «Pour comprendre la désinformation et la combattre dans le monde, et même dans la société francophone ici, ce n’est sûrement pas suffisant, mais c’est un bon début.»

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La députée fédérale Chi Nguyen et le recteur Normand Labrie.

L’UOF, un bon partenaire

Pour Chi Nguyen, le choix de l’UOF se justifie par l’expertise déjà acquise par l’établissement dans ce domaine.

«L’UOF est un partenaire parfait pour ce projet, car cet établissement a les capacités et l’intérêt pour mener à bien ce travail de recherche qui est tellement important par les temps qui courent avec les enjeux et les risques qui entourent l’IA en général et la désinformation en particulier, surtout lorsqu’il s’agit des réseaux sociaux et d’internet», estime-t-elle.

Il est vrai que, depuis un bon moment, le monde du numérique et de l’IA occupe une place de choix dans la programmation de l’UOF, ainsi qu’au sein de son pôle recherche.

«On a déjà des chercheurs à l’UOF qui travaillent sur l’IA, les communications, les médias numériques, l’éducation et qui s’intéressent à cette question de désinformation», confirme Normand Labrie.

De son côté, Isabelle Dostaller, vice-rectrice aux études et à la recherche à l’UOF, précise que la particularité de ce projet réside dans le fait que les chercheurs qui y sont impliqués collaboreront avec une entreprise créée par une ancienne employée de l’UOF.

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«Cela donnera une dimension concrète à l’exercice plutôt que de demeurer purement théorique. On peut alors imaginer d’entrée de jeu qu’il y aura des applications concrètes qui seront développées au terme de ce projet», prédit-elle.

UOF, Université de l'Ontario français
L’Université de l’Ontario français, à l’étage du 9 rue Lower Jarvis. Photo: archives l-express.ca

Rattraper le retard des francophones

Par ailleurs, cette dimension francophone se veut quelque peu réparatrice de tort, dans la mesure où elle vise à rétablir tant soit peu le décalage qui exige d’ores et déjà, s’agissant de l’IA, entre la communauté francophone et celle anglophone.

«On a beaucoup d’outils dans ce domaine pour les anglophones, mais il faut les développer aussi pour la communauté francophone, c’est pour cela qu’on a opté pour l’UOF, pas seulement pour ses étudiants, mais aussi pour tous les francophones du pays. C’est donc un bon investissement», se réjouit la députée de Spadina—Harbourfront.

Un avis que partage largement Isabelle Dostaller, avec une nuance supplémentaire, celle du mimétisme. «Nous sommes par exemple préoccupés par la question suivante: est-ce que l’IA telle qu’on l’utilise ne sert-elle pas à simplement reproduire des modèles anglophones et/ou occidentaux et coloniaux? Ces problématiques sont au cœur de nos questionnements», s’inquiète-t-elle.

Cela dit, ce financement accordé à l’UOF s’inscrit dans une initiative beaucoup plus vaste: un investissement fédéral de 8,5 millions $ sur cinq ans pour appuyer la création et la diffusion de contenus scientifiques en français partout au pays.

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