Jeune, franco-ontarien et afro-descendant: responsabilité ou super-pouvoir?

Mini-festival à Mississauga

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Daniel, Katana, Dada Gasirabo et Espoir Masiala, lors d’un panel dans le cadre de l’événement Expressions croisées: nos arts, nos voix, nos mondes, à Mississauga. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 20/04/2026 par Hamza Ziad

«C’est une grosse responsabilité», confie Daniel, élève de 7e année originaire de la Côte d’Ivoire, évoquant le devoir de transmettre à ses futurs enfants la langue française ainsi que l’identité culturelle de son pays d’origine. Une exigence qu’il qualifie de «gros travail».

À cette perspective s’ajoute celle d’Espoir Masiala, président de l’Association étudiante de l’Université de l’Ontario français (AÉUOF), qui y voit avant tout une force. «Être jeune, franco-ontarien et afro-descendant, c’est comme si tu avais trois pouvoirs en même temps.»

«C’est aussi une triple minorité qui vient avec des défis, mais il faut la porter avec fierté.»

Edith Dumont
La lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Edith Dumont.

Une initiative provinciale

Organisé le samedi 18 avril au Cercle de l’amitié à Mississauga, l’événement Expressions croisées: nos arts, nos voix, nos mondes s’inscrit dans le cadre de l’initiative provinciale 50 ans de fierté! Ensemble pour demain, menée par le Bureau de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario. Celle-ci vise à mettre en valeur la richesse et la diversité de la francophonie ontarienne à travers des projets artistiques et communautaires.

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Édith Taki. Photo: courtoisie

Mis en œuvre par l’organisme Vital Vision, en collaboration avec le groupe Connexions Jeunes Afrique Monde, le projet met en lumière les réalités et les voix de jeunes afro-descendants évoluant en contexte franco-ontarien. «Nous avons souhaité offrir un espace d’expression où les jeunes peuvent se reconnaître, se raconter et affirmer leur identité», souligne Édith Taki, fondatrice de Vital Vision.

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À travers un mini-festival culturel, les participants ont exploré leur identité par le biais de diverses formes artistiques, notamment la poésie, le slam, la danse et la performance scénique.

«Pensée comme une réponse à un besoin ponctuel, cette édition pourrait s’inscrire dans une dynamique de collaboration à long terme, notamment à l’occasion de la Journée des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes du 25 septembre», ajoute-t-elle.

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Des participants et participantes lors de l’événement.

Une parole affirmée

Selon Dada Gasirabo, les jeunes afro-descendants bénéficient aujourd’hui d’un travail de longue haleine mené par leurs aînés. « Il y a aujourd’hui plusieurs associations et groupes de jeunes qui n’existaient pas il y a 25 ans.»

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Dada Gasirabo. Photo: archives l-express.ca

«Ce qui a changé, c’est que nous avons repris notre voix. Nous pouvons nous exprimer, montrer qui nous sommes et affirmer nos réalités.»

L’ex-directrice générale d’Oasis Centre des femmes souligne qu’au fil des années, cette prise de parole s’est accompagnée d’avancées concrètes, notamment en matière de reconnaissance et d’accès aux services, avec l’émergence d’initiatives visant à répondre à des besoins jusque-là peu couverts, en particulier pour les femmes francophones issues de l’immigration.

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Des mobilisations ont également permis de faire évoluer certaines politiques publiques, notamment en lien avec les réalités migratoires et la réunification familiale. «Avant, le processus de parrainage pouvait prendre jusqu’à dix ans. Aujourd’hui, les délais ont été considérablement réduits, permettant à de nombreuses familles de se retrouver plus rapidement», précise-t-elle.

Selon elle, si ces progrès témoignent d’un engagement soutenu, les défis demeurent. Les enjeux liés au racisme et à la discrimination continuent d’affecter une partie de la jeunesse afro-descendante.

Expressions croisées : nos arts, nos voix, nos mondes
Des œuvres artistiques exposées dans le cadre de l’événement
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Performance du groupe Afro Nation.

Les Rendez-vous de la relève

Dans une entrevue accordée à l-express.ca, Viviane Sinan, fondatrice du groupe Les Rendez-vous de la relève, revient sur la genèse de cette initiative, née d’un besoin pressant de redonner la parole aux jeunes. Il ne s’agit plus, selon elle, de parler des jeunes, mais bien de leur permettre de s’exprimer et de porter leurs propres réalités.

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N’Goran Viviane Sinan. Photo: courtoisie

C’est en pleine pandémie de covid, en 2020, que l’idée prend forme, dans un contexte marqué par l’isolement et les défis croissants auxquels faisait face la jeunesse francophone, notamment les jeunes âgés de 12 à 20 ans. À travers son projet de coaching Connecter au succès, elle amorce une réflexion qui mènera, quelques mois plus tard, à la création d’un espace d’échange dédié.

Selon elle, ces rencontres régulières ont contribué à structurer une communauté engagée, propice au développement du leadership et à l’affirmation d’une parole jeune, lucide et assumée. «Après cinq ans d’existence, les jeunes se sentent aujourd’hui suffisamment autonomes pour prendre en charge le groupe et en assurer la pérennité», souligne-t-elle.

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