Une table ronde du Centre francophone pour discuter du consentement sexuel

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Quand c'est non, c'est non! Photo: Philipp Wüthrich, Unsplash
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Le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT) organise, lundi 29 novembre à 10h sur Zoom, une table ronde sur «le consentement sexuel et la loi».

L’objectif de cet évènement est de sensibiliser la communauté francophone à l’importance du consentement et du dévoilement de toute agression sexuelle. Ce sera notamment l’occasion de redonner une définition juridique du viol. Mais aussi de l’agression sexuelle sous toutes les formes qu’elle peut prendre.

CFGT
Affiche de la table ronde organisée par le CFGT lundi 29 novembre.

Cette action du Centre francophone s’aligne sur la campagne annuelle de lutte contre les violences faites aux femmes, organisée par le Comité 12 (Québec) du 25 novembre au 6 décembre. Le contexte de confinement des deux dernières années ayant généré une exacerbation des violences, cette discussion était rendue d’autant plus nécessaire.

Resituer juridiquement le consentement

Le forum servira de plateforme de dialogue avec toutes les parties prenantes: la loi, les politiques, la police, les services sociaux et communautaires, les soins en santé mentale et émotionnelle…

Sonja Vucicevic, juriste, interviendra notamment pour évoquer l’aspect juridique du consentement. « Nous voulons d’abord redéfinir ce qu’est le consentement éclairé », explique-t-elle. « Dans le même sens, il est important de savoir ce qui est considéré comme une infraction criminelle, et quelles sont les limites à respecter. »

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Sonja Vucicevic.

Les juristes souhaitent aussi encourager les victimes à porter plainte contre leur agresseur, donc avoir confiance en les autorités étatiques. Sans minimiser l’impact psychologique d’une agression, ils insistent sur l’importance d’aller voir ces institutions.

« Nous avons conscience qu’on ne peut jamais garantir l’issue d’une instance juridique, mais malheureusement trop de victimes sont encore réticentes. Cette table ronde est l’occasion pour nous de sensibiliser la communauté à ne pas avoir peur de dénoncer l’agresseur, pour rompre ce cercle vicieux. »

Une table ronde pour discuter les limites de la justice

Mais, pour que la discussion ne soit pas unilatérale, il est aussi important d’évoquer les limites des institutions judiciaires pour, à long terme, y remédier.

« Il y a certainement encore des lacunes dans le système, qui contribuent à ce manque de confiance », souligne Sonja Vucicevic. « Nous avons conscience qu’il existe, encore en 2021, des préjugés à l’intérieur des autorités judiciaires ».

L’une des plus importantes reste le fait de chercher à justifier une agression par le comportement de la victime.

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« Lors de cette discussion, nous pourrons discuter ensemble des lacunes de l’institution, d’où elles proviennent, et des solutions pour y remédier. Notre but est de donner une formation juridique tout en réfutant certaines perceptions déformées. »

Vulgariser, pour accompagner correctement

D’autre part, des intervenantes d’Oasis Centre des femmes aborderont l’aspect psychologique d’une agression. Pour savoir correctement prendre en charge le traumatisme d’une victime. Pour l’organisme, étant un Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, il était essentiel d’intervenir sur ce sujet.

« Le consentement sexuel est une problématique d’actualité qui nourrit les débats dans toutes les sphères de la société », explique Diewo Diallo, gestionnaire des programmes à Oasis. « À l’ère du Me too il est d’autant plus important de l’aborder et de le vulgariser afin d’en débattre sainement et en toute sécurité. »

Les organisatrices soulignent également que le soutien des hommes alliés à cette cause est bienvenu… Et qu’ils auront aussi leur place à cette table ronde. En effet, comme le rappelle Diewo Diallo, « les débats sur le consentement sexuel concernent toute la société et les hommes doivent y prendre part. »

« Pour défendre ses droits, il faut les connaître. Ce forum aidera à asseoir ce qu’est le consentement. Ce sera, on l’espère, le point départ de plusieurs autres débats de fonds et de forme sur le sujet », conclut-elle.

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