Pourquoi retourner sur la Lune semble-t-il plus difficile aujourd’hui qu’il y a plus de cinquante ans? La question revient chaque fois que le calendrier du programme Artemis est repoussé ou réorganisé. Le retour à la Lune ne révèle pas seulement un défi technique: il montre surtout que notre manière d’accepter, de justifier et de gouverner les risques a profondément changé.
En 1961, le président américain John F. Kennedy demandait aux États-Unis d’envoyer des astronautes sur la Lune avant la fin de la décennie. En 1969, Apollo 11 y parvenait.
Aujourd’hui, malgré des technologies plus avancées, le retour humain sur la surface lunaire demeure long, coûteux et incertain.
On peut être tenté de penser que nous avons perdu en capacité, en audace ou en efficacité. Mais c’est sans tenir compte de tout ce qui a changé depuis, notamment en matière de gouvernance du risque.
Enseignant en gestion des risques à HEC Montréal, je travaille avec mon coauteur, qui est Maître d’enseignement en management à cette même université, sur la gestion des risques de projet notamment dans les environnements où les décisions doivent être prises avec des informations incomplètes. Vus sous cet angle, Apollo et Artemis sont deux façons différentes de piloter l’incertitude.






