Nos cinéastes font escale à l’Alliance française de Toronto

RACCORD fait son festival 2026 à l'AF
Projection de cinq courts-métrages et un long-métrage à l'AFT dans le cadre de RACCORD fait son festival 2026. Photos: Soufiane Chakkouche, l-express.ca
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Publié 03/02/2026 par Soufiane Chakkouche

Les cinéastes indépendants francophones ont convié leur public à les rejoindre le 31 janvier à l’Alliance française de Toronto (AFT) pour l’événement RACCORD fait son festival. Cette initiative se veut une vitrine pour les artistes francophones en milieu minoritaire.

Cinq courts-métrages et un long-métrage signés par des cinéastes membres du RACCORD (Regroupement des artistes cinéastes de la francophonie canadienne) ont été projetés en présence de quelques-unes de leurs réalisatrices à la salle de théâtre de l’AFT lors de cette deuxième édition du projet RACCORD fait son festival.

Le vide dans la distribution des films francophones

Cette initiative se veut être un tremplin pour les cinéastes francophones en milieu minoritaire en termes de visibilité et de contact avec le public.

 «RACCORD fait son festival est un projet né l’année dernière à l’occasion des 20 ans de l’organisme», étoffe à l-express.ca le directeur général Bruno Boëz.

«Le but est de soutenir les artistes dans la diffusion de leurs films, en particulier les films indépendants, et cela dans l’objectif de créer des opportunités et des propositions de programmes à des lieux de diffusion, qu’ils soient physiques ou des plateformes»

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Et de poursuivre: «On est parti du principe que c’est très difficile de trouver des propositions de programmes de cinéma franco-canadien, parce qu’il n’y a pas de distributeurs qui s’occupent des films de nos artistes. Avec des moyens relativement limités, mais avec beaucoup de passion, RACCORD joue ce rôle-là à travers ce projet qui fait circuler les œuvres, ce qui est, in fine, la finalité du septième art.»

Pour rappel, la première édition avait rassemblé 18 lieux de diffusion au Canada et à l’international, et quelque 1500 spectateurs au total, selon Bruno Boëz.

Bruno Boëz lors de RACCORD fait son festival 2026 à l'AF.
Bruno Boëz.

Un propulseur pour les cinéastes francophone

Quant aux principales concernées, le constat est similaire, comme le pose Nadine Valcin, réalisatrice du long-métrage documentaire Johanne, tout simplement projeté à l’occasion.

«C’est toujours intéressant d’avoir de tels événements francophones à Toronto. Ce sont des occasions pour la communauté de se rassembler et de présenter des films à des gens qui sont peut-être plus proches ou plus concernés que le public général, de par les sujets traités dans les œuvres proposées.»

RACCORD fait son festival 2026 à l'AF.
Nadine Valcin.

Quitterie Hervouet, réalisatrice du court-métrage, Deux moments de vie, présente également à l’occasion, est sur la même longueur d’onde.

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«C’est important que le film soit vu par un large public. Le fait que ce programme existe fait que le public torontois ou celui d’autres provinces, comme la Saskatchewan ou le Manitoba, puisse voir des films francophones hors Québec, c’est essentiel, de mon avis.»

Une projection teintée d’émotions

Par ailleurs, fait singulier à relever lors de la soirée: quand la lumière fut à nouveau sur la salle obscure, après la projection de Deux moments de vie, quelques mouchoirs çà et là, se voulant en vain discrets, étaient de sortie pour faire disparaître des larmes d’un soir, tant l’émotion prenait à la gorge.

RACCORD fait son festival 2026
Quitterie Hervouet, Nadine Valcin et Bruno Boëz.

«Moi aussi, en regardant pour la énième fois mon film, j’avais à nouveau envie de pleurer. Cela dit, je suis très touchée que les gens soient émus par mon film. Je pense que la réaction des personnes peut être différente en fonction de leur vécu. Peut-être que les gens qui ont pleuré ont eux-mêmes été victimes de violences domestiques ou ont eu des rêves brisés», pense la réalisatrice du court-métrage.

Du reste, ces projections à l’AFT marquent la mi-parcours de cette édition, les premières projections ayant commencé à l’automne dernier au festival Cinéfranco de Toronto.

Quant à la prochaine étape: cap sur le Festival du film canadien à Dieppe en France, au mois de mars, pour de nouvelles projections.

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