Les livres sélectionnent leurs lecteurs

livres, Ariane Brun del Re, Décoder le lecteur
Ariane Brun del Re, Décoder le lecteur. La littérature franco-canadienne et ses publics, essai, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, collection Espace littéraire, 2022, 232 pages, 32,95 $.
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Spécialiste des théories de la lecture, Ariane Brun del Re a décidé d’explorer le ou les publics que les littératures francophones produites en Acadie, en Ontario et dans l’Ouest visent à joindre.

Le résultat de ses recherches est un essai intitulé Décoder le lecteur: la littérature franco-canadienne et ses publics.

Trois lecteurs

L’ouvrage propose une triple typologie de lectrices et lecteurs: endogènes, exogènes et paritaires (à la fois un lectorat endogène et exogène).

Les auteurs qui mettent au point des stratégies d’écriture pour s’adresser aux lecteurs endogènes «s’identifient à la même communauté culturelle qu’eux».

Dans le cas exogène, l’auteur exprime sa différence en la modulant selon les compétences de lecture d’une autre communauté que la sienne (québécoise ou française, par exemple).

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Les œuvres paritaires s’efforcent de maintenir l’équilibre entre les lectorats endogènes et exogènes «afin que les deux se sentent concernés et puissent gagner».

Ces œuvres cherchent à établir un équilibre entre leurs lecteurs non seulement quant à la langue, mais aussi quant à d’autres éléments endogènes comme «l’espace, l’identité des personnages ou les différences culturelles».

Acadie, Ontario, Ouest

Ariane Brun del Re a retenu deux ouvrages pour chaque type de lectorat.

Moé j’viens du Nord, ’stie de la Troupe de l’Université Laurentienne et Bloupe de Jean Babineau du côté endogène.

La Sagouine d’Antonine Maillet et Les trois exils de Christian E par Philippe Soldevila et Christian Essiambre du côté exogène.

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Pour sûr de France Daigle et La belle ordure de Simone Chaput pour le côté paritaire.

Quatre des six titres sont reliés à l’Acadie, un seul pour l’Ontario qui me semble le parent pauvre de cette étude. J’aurais aimé voir un roman de Daniel Poliquin ou de Hélène Brodeur.

Mais del Re avoue ne pas s’être préoccupée de représentativité régionale en déterminant le corpus. Les œuvres choisies, précise-t-elle, «partagent des défis similaires quant à leurs lecteurs».

Plusieurs publics

L’analyse met en lumière l’importance non pas DU mais DES publics à la portée des écrivains, et par rapport auxquels ils doivent se situer.

«Si, ultimement, ce sont les lecteurs qui choisissent leurs livres – à la bibliothèque, en librairie, sur le Web, à la maison –, les livres travaillent également à sélectionner leurs lecteurs.»

Ariane Brun del Re détient un doctorat en lettres françaises de l’Université d’Ottawa. Elle est chercheuse postdoctorale au Centre interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises de l’Université de Montréal et à l’University of British Columbia, campus Okanagan.

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