Les femmes aussi peuvent rêver, agir, choisir

femmes, Lamara Papitashvili, Et si je savais tout
Lamara Papitashvili, Et si je savais tout, roman, Ottawa, Éditions David, collection Voix narratives, 2026, 198 pages, 26,95 $.
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Publié 03/10/2026 par Paul-François Sylvestre

Et si je savais tout, le nouveau roman de Lamara Papitashvili, nous plonge dans un univers féminin formé par une grand-mère, une tante, une mère et une sa fille. Leurs trajectoires entre Géorgie, Ukraine et Syrie portent les traces de l’exil, du silence et de la désillusion.

Dans une note d’introduction, la romancière écrit que l’histoire racontée est une œuvre d’autofiction inspirée de faits réels et de souvenirs personnels. Les événements, les lieux et les personnages, ajoute Lamara Papitashvili, ont été transformés par l’imagination pour servir le récit.

C’est au vécu ébréché des trois femmes adultes que la romancière porte son attention. L’homme n’est jamais loin car il demeure le «ticket de sortie», le moyen d’accéder à un avenir prometteur sans inquiétudes financières.

Nous voyons comment chaque femme s’y prend pour passer de rêve à réalité.

Quatre femmes

La jeune fille est Tamara. Elle grandit parmi ces trois femmes, ces Grandes imbriquées dans «des maillons d’assujettissements». Des réverbérations vont et viennent dans sa tête, la poussant à se demander si elle souhaite vraiment devenir grande.

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Tamara évolue aussi dans une maison où fleurissent «les non-dits qui nous donnaient une sensation de flottement onirique».

Son quotidien n’est pas uniquement traversé par la précarité et la solitude, il est aussi marqué par la fête et l’ivresse. Univers à la fois ordinaire et profondément extraordinaire.

Sa mère Colette est comme la Géorgie qui exige son autonomie, elle a soif d’indépendance. Occasion pour la romancière de décrire comment les femmes peuvent être autre chose que des donneuses, porteuses d’enfants.

«Elles pouvaient prendre si elles le voulaient. Ainsi que rêver, agir, choisir.»

Six langues

La grand-mère, la tante et la mère s’expriment dans six langues. «Polyvalentes comme des couteaux suisses», elles dégainent le français, le russe, l’ukrainien, l’arabe, le géorgien et l’anglais.

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Le texte est souvent émaillé de mots étrangers, avec traduction en bas de page. En voici quelques exemples: baba yaga (sorcier russe), gamardjoba (bonjour en géorgien), charmouta (pute en arabe), kacha (soupe ukrainienne à base de sarrazin.

Pour indiquer qu’il s’agit de plats géorgiens, l’auteure ne juge pas à propos de traduire en bas de page. On nous sert tout simplement des ravioles khinkali ou un cassoulet lobio.

Liberté créative

Un mot sur la couverture du livre, qui est une image iStock. Elle donne peut-être l’idée que plusieurs regards sont posés sur un univers féminin, mais ce pot-pourri d’yeux m’a d’abord laissé froid, puis m’a carrément agacé.

Bien que Et si je savais tout soit un roman nourri de souvenirs personnels, Lamara Papitashvili s’est laissé guidée par une «liberté créative dans la réinterprétation de la réalité afin d’explorer des thèmes plus universels et d’inviter les lecteurs à traverser une expérience de fiction avant tout».

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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