Brillant roman sur la résistance de Varsovie en 1944

Anna Stuart, Les Sœurs de la Résistance
Anna Stuart, Les Sœurs de la Résistance, roman traduit de l’anglais par Stéphanie Alglave, Paris, City Éditions, 2026, 480 pages, 39,95 $.
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Publié 04/07/2026 par Paul-François Sylvestre

Au rouge et blanc du drapeau polonais, le rouge du sang et le blanc des bandages des blessés de Varsovie offrent un miroir sordide en 1944. C’est sur ce portrait que s’ouvre le roman Les Sœurs de la Résistance, d’Anna Stuart.

En 2024 je vous ai présenté La Sage-Femme de Berlin, d’Anna Stuart, qui est le nom de plume de Joanna Manden, écrivaine britannique de plusieurs romans dont l’action se déroule durant la Seconde Guerre mondiale.

L’Armée de l’Intérieur

Hana, Zuzi et Orla Dabrowska sont les sœurs éponymes et personnages principaux. Elles font partie de l’Armée de l’Intérieur (en polonais Armia Krajowa ou AK), liée au gouvernement en exil basé à Londres.

Ces sœurs travaillent pour la Résistance à Varsovie, dans le ghetto où sont parqués tous les Juifs.

Depuis maintenant cinq ans, le fiancé d’Hana est engagé comme pilote de chasse pour la Royal Air Force qui «va occuper le ciel et nous aider à chasser la Wehrmacht ainsi que la Luftwaffe de Varsovie».

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Chaque jour, Hana déjoue les Allemands qui torturent et fusillent les habitants de Varsovie. Avec l’aide de ses sœurs de combat, elle espère libérer la ville et déclencher un soulèvement.

La guerre et l’amour

Zuzi entend bien lutter au sein de l’AK, mais elle veut aussi donner une chance à l’amour.

Elle est encouragée par sa grand-mère: «Dieu du Ciel, nous avons déjà passé trop de temps sous le joug nazi, et si tu peux échapper à cette oppression dans le lit d’un bel homme gentil et respectueux, alors n’hésite pas un seul instant.»

Cet homme est un jeune médecin.

Mais il y a un léger détail à régler: une guerre à remporter.

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Capituler ne fait pas partie de l’état d’esprit des Polonais. Ils ont la résistance dans le sang, ils n’abandonnent pas. On les voit mettre en place «un gouvernement clandestin, un État clandestin, une armée clandestine tout au long de leur satanée occupation».

Courage et ténacité

Anna Stuart illustre avec brio comment le sort des Polonais, à la fois en tant qu’individus et en tant que peuple, fut tragique. Elle démontrer surtout que leur courage et leur ténacité furent toujours au rendez-vous.

Dans le dernier message adressé à la nation par les ministres du Conseil de l’Intérieur, le 3 novembre 1945, on peut lire que «la bataille est terminée, mais du sang versé, des efforts et de la détresse commune, des souffrances de nos corps et de nos âmes, naîtra une nouvelle Pologne – libre, forte et majestueuse».

Dossier historique utile

Comme Les Sœurs de la Résistance met en scène une famille entièrement fictive, Anna Stuart présente un dossier historique d’une vingtaine de pages à la fin de son roman.

Cela nous permet de mieux comprendre la Pologne sous l’occupation nazie, l’Armée de l’Intérieur, l’unité féminine de résistance et le soulèvement du ghetto de Varsovie.

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Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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