Depuis 2017, Québec fait partie du réseau Villes créatives de littérature UNESCO. Marie-Ève Sévigny l’illustre avec brio dans Le Vieux-Québec est une histoire d’amour, où elle propose six promenades qui carburent à l’essence de douze romans publiés par Jacques Poulin entre 1967 et 2015.
Il ne s’agit pas d’un guide touristique mais plutôt d’un essai déambulatoire pour découvrir la ville que Jacques Poulin a chérie comme sa mère.
Les personnages ancrés dans le Vieux-Québec sont souvent animés de nostalgie, au point où Marie-Ève Sévigny écrit que nous leur retrouvons «de ces grands élans vers le passé qui tintent le Vieux-Québec d’un ton sépia attendrissant».
Surtourisme
De la fin des années 1960 à celle des années 1980, le Vieux-Québec a changé de vocation. On y a moussé le tourisme au détriment de la vie quotidienne. Poulin s’en plaint dans Mon cheval pour un royaume (1967) en soupirant: «Il m’a semblé que le Vieux-Québec avait commencé à mourir.»
Dans Le cœur de la baleine bleue (1970), Poulin évoque des commerces aujourd’hui disparus: Holt Renfrew, Birks, boutique de design intérieur Irène Auger ainsi que le salon de thé et restaurant Joseph Kerhulu. Ils étaient le carrefour de citadines élégantes et fortunées, pour la plupart anglophones.


