La vie en vert: la nouvelle perspective des jeunes

Ontario, vert, écolo, environnement
Le toit vert de l'Hôtel de Ville de Toronto.
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Publié 28/06/2026 par Michèle Villegas-Kerlinger

Doigts verts, mains vertes, ceintures vertes, toits verts, murs verts… Tant de belles initiatives pour marier la durabilité avec la qualité de vie.

Et que dire de l’agriculture urbaine, des bassins de rétention, des capteurs de pluies ou des maisons LEED? Ce sont là quelques-uns des beaux projets explorés par des élèves en immersion dans le cadre de leur projet final pour leur cours de géographie.

Voici le résumé de quatre de ces projets.

Les toits verts

Harjot, une des élèves en 9e année, voulait savoir quel est le meilleur avantage des toits verts à Toronto.

Elle a commencé par expliquer ce que c’est qu’un toit vert, à savoir «un système écologique de durabilité urbaine qui transforme les surfaces inutilisées d’un bâtiment en écosystèmes fonctionnels, tout en respectant la capacité de charge de la structure sans lui faire subir de dommages».

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Les toits végétalisés consistent en plusieurs couches pour protéger le bâtiment des racines des plantes et de l’humidité en favorisant le drainage de l’eau.

Les toits verts offrent de nombreux avantages dont une plus grande efficacité énergétique des bâtiments, une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et une diminution du bruit environnant.

Ils favorisent la biodiversité et, grâce l’évapotranspiration, les toits vivants luttent contre les îlots de chaleur urbains (un endroit où la température est nettement plus élevée que dans les zones environnantes) en rafraîchissant l’air ambiant.

De plus, la présence du sol et des plantes minimise l’impact des inondations en absorbant l’excès d’eau de pluie.

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Le capteur d’eau de Sophie, le mur vert d’Amaar et le toit vert de Harjot.

Si le coût initial d’un toit vert peut en décourager certains, les économies à long terme ne sont pas négligeables. Les toits végétalisés diminuent les factures d’électricité et améliorent la santé, et par voie de conséquence la qualité de vie, des gens qui peuvent en profiter.

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Et Harjot de conclure que le plus grand avantage des toits verts est leur «capacité à lutter contre les îlots de chaleur urbains et à purifier l’air ambiant dans un contexte de forte densité résidentielle».

À l’heure actuelle, il y a environ 700 toits verts à Toronto, ce qui ne représente qu’environ 1,2% des toits disponibles. De plus, l’arrêté municipal Green Roof Bylaw a été abrogé en 2025, rendant les toits verts optionnels, alors qu’une couverture verte variant entre 20% et 60% avait été obligatoire pour les bâtiments de 2 000 m2 et plus pendant quinze ans.

Quelques exemples de toits verts dans la ville de Toronto sont le siège d’Esri Canada à North York, la Bibliothèque publique de Toronto à Scarborough, l’Hôtel de Ville de Toronto et l’Université de Toronto.

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Le toit vert d’Esri Canada à Toronto (North York).

Les murs verts

Amaar, un jeune élève de 14 ans, s’est demandé quel serait le plus grand avantage des murs verts en zone urbaine. Lui aussi a commencé sa présentation par une définition: «les murs verts sont des surfaces couvertes de plantes installées sur les bâtiments»,

Si les avantages des murs verts sont presqu’identiques à ceux des toits verts, les murs peuvent être tant à l’extérieur d’un bâtiment qu’à l’intérieur.

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Par ailleurs, un mur vert peut filtrer les rayons de soleil, fournissant une protection non seulement contre les températures extérieures, mais encore contre les dangereux rayons UVA et UVB.

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Un mur vert à l’Université d’Ottawa.

En plus d’améliorer la qualité de vie, les murs verts peuvent aussi augmenter la productivité. D’après Amaar, «les recherches montrent que regarder la nature aide à réduire le stress et améliore la santé mentale».

À l’égal des toits végétalisés, les murs verts promeuvent la biodiversité, attirant des oiseaux et des pollinisateurs, et servent de corridors écologiques permettant aux animaux de se déplacer entre différents espaces verts.

D’après ses recherches, Amaar est arrivé à une conclusion similaire à celle de Harjot. Il croit que le plus grand avantage des murs verts est la réduction de l’effet de la chaleur dans les villes, ce qui améliore la qualité de vie, la qualité de l’air et la biodiversité des centre urbains.

Construire un mur vert représente une dépense considérable, mais moins importante qu’un toit végétalisé. Tout comme ce dernier, l’investissement peut augmenter la valeur d’une propriété et même du voisinage dans le cas d’un mur extérieur.

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Selon Amaar, «les plantes rendent les villes plus belles et créent des espaces plus calmes et agréables où vivre».

Malheureusement, les statistiques manquent pour le pourcentage de murs verts dans la grande région de Toronto, mais on peut en voir dans quelques bibliothèques locales, à l’Université de Toronto et à Evergreen Brick Works.

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Une facade de Hart House à l’Université de Toronto.

L’agriculture urbaine

Suivant l’exemple de ses camarades de classe, Shania a commencé sa présentation par une petite explication: «l’agriculture urbaine est quand les fermiers urbains cultivent, vendent, et produisent les aliments dans le centre des villes ou à proximité des villes».

Pour son projet, Shania voulait savoir si l’agriculture urbaine pourrait améliorer la qualité de vie des citadins. En premier lieu, elle a parlé des jardins communautaires qui peuvent mettre en valeur un terrain vague.

En deuxième lieu, l’élève a expliqué l’importance des serres urbaines et des fermes verticales qui permettent la cultivation des produits agricoles sur un espace réduit et ce, en toute saison.

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Ces fermes favorisent les circuits courts, à savoir la faible distance entre le producteur et le client, ce qui diminue la pollution de l’air, l’insécurité alimentaire et notre dépendance d’autres pays pour nos besoins en nourriture.

Un autre avantage non négligeable: l’absence de pesticides permet d’offrir aux citadins des produits de bonne qualité pendant toute l’année.

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La ferme urbaine de Shania.

Shania a soulevé plusieurs défis auxquels fait face l’agriculture urbaine. Elle a mentionné, entre autres, la qualité de l’eau et du sol des grandes villes qui ne sont pas toujours idéaux pour l’agriculture urbaine, ce qui peut entraîner des conséquences sur la santé humaine.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les besoins accrus en eau pour l’irrigation des plantes, ainsi que certaines inégalités sociales qui ne permettent pas à tous les citadins d’avoir accès aux produits d’une ferme urbaine.

Parmi ses solutions, Shania propose une répartition plus juste des fermes dans les villes et un accès universel aux produits de ces fermes.

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La grande région de Toronto regorge de fermes urbaines, preuve que leur popularité est en pleine croissance. Tout récemment, une initiative en français a vu le jour.

Quelques exemples de ce genre de fermes sont la ferme du Parc Downsview, la ferme sur le toit de l’Université métropolitaine de Toronto, et le Parc urbain national de la Rouge.

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La principale ferme de Fresh City Farms à Toronto, au parc Downsview.

Bassins de rétention

La question essentielle de Hailey, une autre élève de la classe, était la suivante: «Les bassins de rétention sont-ils la meilleure solution pour gérer les eaux pluviales dans les villes canadiennes?»

Dans son introduction, cette jeune élève a expliqué qu’un bassin de rétention est «utilisé pour la gestion des eaux pluviales et du ruissellement».

«Son rôle principal est de stocker l’excès d’eau. Il aide à réduire les inondations, à diminuer l’érosion et à filtrer certains polluants avant que l’eau retourne dans l’environnement naturel.»

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Le bassin de rétention de Hailey.

Les orages peuvent faire tomber de grandes quantités de pluie en très peu de temps. Si on ajoute à cela le remplacement systématique des habitats naturels par des surfaces dures, comme le béton et l’asphalte qui empêchent l’eau de s’infiltrer dans le sol comme elle le fait en temps normal, nous comprenons mieux pourquoi les inondations sont de plus en plus fréquentes. Selon Hailey, ce phénomène perturbe les écosystèmes et menace la biodiversité.

Les bassins de rétention aident à réduire ces problèmes en limitant les dommages causés par les inondations d’où l’importance de la ceinture verte.

Qu’on les crée de toutes pièces ou que l’on entretienne ceux qui existent déjà, ces bassins jouent un rôle crucial dans la gestion des inondations. Pourtant, il faut noter que, lors des fortes pluies, leur capacité d’absorption peut être mise à rude épreuve.

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L’étang Topham dans les Eglinton Flats, au Sud d’Eglinton et à l’Est de Jane, à Toronto.

Et Hailey de conclure que les bassins de rétention tout seuls ne suffisent pas à limiter les dégâts causés par les inondations. Mais combinés à des surfaces plus perméables, en plus d’espaces verts et de meilleures infrastructures de drainage, les bassins font partie d’un tout pour lutter contre des inondations dont le nombre ne cesse d’augmenter.

La grande région de Toronto compte plus de 1 000 bassins de rétention, dont plusieurs dizaines se trouvent à Mississauga. Ces ouvrages sont construits dans les zones résidentielles et commerciales de chaque nouveau développement, ce qui explique le nombre qui varie sur une base régulière.

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D’autres projets dignes de mention

La place manque ici pour parler des autres projets des élèves, comme les capteurs de pluie de Sophie, les maisons LEED de Xavier, les écoquartiers ou le dézonage.

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La maison LEED de Xavier.

Quoi qu’il en soit, cette activité témoigne de la conscience des jeunes élèves quant aux enjeux environnementaux et climatiques. Au lieu de regarder l’avenir tout en rose, ou pire, en noir, ils choisissent de le voir et de le vivre en vert!

Auteurs

  • Michèle Villegas-Kerlinger

    Chroniqueuse sur la langue française et l'éducation à l-express.ca, Michèle Villegas-Kerlinger est professeure et traductrice. D'origine franco-américaine, elle est titulaire d'un BA en français avec une spécialisation en anthropologie et linguistique. Elle s'intéresse depuis longtemps à la Nouvelle-France et tient à préserver et à promouvoir la Francophonie en Amérique du Nord.

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