Bientôt un réseau francophone d’agriculture urbaine à Toronto?

Trois journées exploratoires à l’UOF ont fait salle comble

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Les participants et organisatrices des trois journées exploratoires. Photo: UOF
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Publié 15/06/2026 par Charles-Antoine Rouyer

Des légumes cultivés en français à Toronto sont-ils meilleurs? Assurément. Meilleurs pour la santé individuelle et communautaire.

Car un jardin potager en ville, ce sont des bienfaits écologiques. Mais ce sont aussi des liens sociaux tissés entre les jardiniers, et un précieux capital social en milieu linguistique minoritaire.

C’est en tout cas l’une des hypothèses d’une recherche de Christine Beaudoin et Béatrice Lego de l’Université de l’Ontario français (UOF), qui ont organisé trois ateliers exploratoires du 10 au 12 juin, en vue de créer un réseau francophone d’agriculture urbaine, à Toronto, voir en Ontario.

Entre Toronto et Montréal

Les Franco-Torontois semblent avoir répondu présents. «On a été vraiment heureuses de voir que c’était une thématique fédératrice, que les gens sont venus», explique Christine Beaudoin, professeure adjointe en Études des environnements urbains à l’UOF. «Nous avons eu 45 inscriptions, alors que notre objectif était de 30 personnes.»

Les participants provenaient principalement de Toronto et d’Ottawa, avec cinq Montréalais. Car l’initiative est organisée avec le AU/Lab, le laboratoire d’agriculture urbaine de Montréal, un chef de file.

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Christine Beaudoin. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Bienfaits multiples

Pour une participante, Thérèse Tremblay, bénévole dans un jardin communautaire près de la station de métro Coxwell, «faire pousser des légumes et des fruits» peut faire du bien.

«Je crois beaucoup aux bienfaits d’une activité comme celle-ci au niveau de la santé physique, de la santé mentale et même au niveau artistique.» Comprendre ici: prendre des photos d’abeilles ou de fleurs.

Pour Heidi Pospisil, une autre participante, ces ateliers ont permis de se former en français, après avoir collaboré à plusieurs jardins dans une école anglophone, près de Monarch Park.

«Dès la première journée, j’ai rencontré deux autres personnes qui habitent dans mon quartier. Donc on parle de créer un réseau francophone et maintenant on l’a déjà. Donc ça débute bien.»

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Heidi Pospisil. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Sabine Dreher, chargée de cours au Collège universitaire Glendon et l’une des animatrices du jardin communautaire du campus bilingue de l’Université York, explique avoir apprécié le partage d’expériences en français. «Je voulais augmenter ma capacité de travailler en français et amorcer un échange avec des collègues qui font le même travail.»

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Micro-jardins en pots

L’agriculture urbaine se décline à toutes les échelles, même avec des jardins de poche, en pots, sur un balcon ou une terrasse, comme le micro-jardin de l’UOF.

«C’est un projet pilote», résume Jean-Marc Kamden, étudiant à l’UOF en Études des environnements urbains. «L’idée à long terme, c’est d’avoir des impacts individuels. Si chacun de nous, comme étudiant, apporte quelques plantes chez lui, ça peut produire juste quelques tomates, mais c’est un début», explique l’assistant de recherche en agriculture urbaine et bénévole au jardin.

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Le micro-jardin potager sur la terrasse extérieure de l’UOF. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

En classe et sur le terrain

Les ateliers visaient à «discuter de la création d’un réseau francophone en agriculture urbaine (AU) à Toronto et en Ontario» et «rassembler tous les acteurs du milieu de l’AU qui œuvrent en français.»

Chacune des trois journées commençait par un volet plus théorique en matinée, à l’UOF. L’après-midi, les participants allaient visiter des projets d’agriculture urbaine : dans une école, au «Green Thumb East Collegiate», dans une ferme urbaine à la Toronto Metropolitan University et à EtobiGrow, un collectif à Etobicoke.

«Les visites ont été très appréciées aussi, d’aller voir ce qu’il est possible de faire à Toronto. Et qu’on ne soit pas juste à l’intérieur tout le temps», précise Christine Beaudoin. «Pour un atelier d’agriculture urbaine, il faut aussi que les bottines suivent les babines.»

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Béatrice Lego, en pleine séance d’arrosage. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Projet de recherche participative

Ces ateliers s’inscrivent dans un projet de recherche de «laboratoire vivant de co-création participative» en agriculture urbaine, grâce à un financement sur deux ans du Programme d’appui à la francophonie canadienne, des gouvernements du Québec et de l’Ontario, pour l’échange et le transfert de connaissances.

«Il y aura donc une deuxième rencontre avec AU/Lab et des chercheuses et chercheurs de l’UOF en 2027 à Montréal», annonce Béatrice Lego, coordonnatrice du service d’appui et de coordination à la recherche de l’UOF et fondatrice du jardin potager de l’UOF.

«On espère aussi pouvoir avoir un deuxième grand rendez-vous francophone de l’agriculture urbaine pendant la Toronto Urban Agriculture Week qui aura lieu cet automne du 12 au 20 septembre 2026, après le premier grand rendez-vous francophone de l’agriculture urbaine en 2025, à l’UOF».

Charles-Antoine Rouyer a enseigné à l’UOF dans le pôle Études des environnements urbains, mais n’a jamais collaboré directement avec Christine Beaudoin ni Béatrice Lego.

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