Sommes-nous en bonne «santé urbaine»?

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La santé urbaine reviendrait-elle sur le devant de la scène à Toronto, 30 ans après le lancement de la discipline sur la scène internationale dans la capitale ontarienne?

L’avenir le dira. Pour l’heure, l’Université de Toronto fait de la santé urbaine l’une de ses nouvelles priorités, par le biais de son École de santé publique Dalla Lana, qui organisait le jeudi 24 octobre un symposium «pour des villes et des collectivités en meilleure santé» à l’Hôpital St. Michael’s au centre-ville de Toronto.

Depuis la prévention du cancer jusqu’au réaménagement de grands immeubles d’appartements, en passant par les pistes cyclables ou la sensibilisation au SIDA/VIH sous forme de petit jouet en papier, le «Healthier Cities and Communities Symposium» a tenté de faire le point sur les bienfaits d’une démarche de promotion de la santé en milieu urbain, en rassemblant divers acteurs de la région du grand Toronto pour partager leurs interventions réussies.

Des solutions svp

«Nous avons demandé aux conférenciers de se concentrer sur les solutions et non sur les problèmes », a précisé lors de la séance de clôture l’un des organisateurs de la conférence, Blake Poland, professeur adjoint à la Dalla Lana School of Public Health (DLSPH) de l’Université de Toronto.

Cette conférence marquait indirectement le lancement d’une nouvelle concentration en santé urbaine au sein des programmes de la DLSHP, aux côtés notamment de la santé mondiale («Global Health»).

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La conférence a débuté la veille au soir avec un discours sur l’histoire de la santé urbaine, par l’un des fondateurs contemporains de la discipline, le docteur Trevor Hancock, suivi d’un commentaire du docteur David McKeown, le médecin-conseil en santé publique de la Ville de Toronto.

Trevor Hancock, professeur à l’École de santé publique et politiques sociales de l’Université de Victoria en Colombie-Britannique, a brossé un vaste portrait de l’évolution de la santé urbaine.

Il a notamment rappelé comment le concept des Villes-Santé a été adopté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) suite à une conférence à Toronto en 1984, qui marque l’émergence de la santé urbaine en tant que discipline. (Dr Trevor Hancock alors le médecin-conseil en santé publique de la ville de Toronto avait organisé la conférence «Beyond Health-Care».)

Pollution et urbanisation

La notion de santé urbaine a toutefois réapparu, a rappelé Trevor Hancock, vers 1850 dans l’Angleterre victorienne en proie à la pollution et à l’urbanisation galopante des premières étapes de la révolution industrielle.

Le lendemain, une quarantaine de conférences ont tenté « d’explorer des idées innovatrices sur les manières de créer de nouveaux domaines de recherche et de formation permettant aux décideurs politiques, aux designers urbains, aux membres de la collectivité et aux urbanistes de prendre des “décisions éclairées en matière de santé”», selon le programme de la conférence le programme de la conférence

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Quelques pistes

• Les anciens immeubles d’appartements isolés au milieu d’un océan de stationnements automobiles devraient être repensés pour aménager de vrais quartiers vivants. La Ville de Toronto envisage des changements de réglementation en matière d’occupation des sols («zonage») en la matière, a indiqué Monica Campbell, responsable du Directoire en politiques publiques saines de la Ville de Toronto et professeure adjointe à la DLSPH.

Interrogée sur la nouvelle génération d’immeubles résidentiels qui poussent au centre-ville notamment en bordure du lac Ontario, Monica Campbell a exprimé certaines préoccupations. Ces appartements sont en général très petits, a noté Mme Campbell, et cet afflux de population important risque de surcharger les infrastructures dont la capacité n’augmente pas.

• Pour sensibiliser les nouveaux arrivants, l’organisme St. Stephen’s Community House a créé des romans-photos sur le dépistage du cancer du sein et un petit jeu de cocottes en papier sur la prévention du VIH/SIDA utilisé notamment dans des classes d’anglais langue seconde (et disponible aussi en français).

• Les pistes cyclables permettent de sauver des vies, notamment grâce à l’exercice physique. La Ville de Toronto semble favoriser les sentiers cyclables pour encourager les citoyens à faire du vélo, mais plutôt dans les parcs, a précisé Ryan Anders Whitney, du Toronto Centre for Active Design.

Interrogée sur le manque de réseau global de pistes cyclables à Toronto et le fiasco de la voie cyclable sur la rue Jarvis (une voie cyclable qui n’était pas intégrée à un réseau et donc peu utile finalement), Rosie Mishaiel, du service de santé publique de la Ville de Toronto a rappelé que la ville possède un plan cycliste comprenant un réseau de voies cyclables en continu.

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Elle a toutefois concédé que certains militants pro-cyclisme en ville pouvaient manquer de vision générale pour l’ensemble de la municipalité. (À ce titre, le quartier de l’Annex étudie un projet de voie cyclable sur la rue Bloor et l’association des commerçants du quartier serait en faveur, alors qu’une nouvelle voie cyclable va être aménagée le long des rues-Wellesley et Harbord.)

• La Coalition des communautés en santé de l’Ontario tente d’impliquer les jeunes, en espérant notamment la création de chapitres universitaires tel que dans la région de London en Ontario.

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