Doug Ford encore plus majoritaire en Ontario

83 Conservateurs, 31 NPD, 8 Libéraux, 1 Vert, 1 indépendante

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Le premier ministre progressiste-conservateur Doug Ford, avec son épouse Karla, savourant la victoire jeudi soir.
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Publié 03/06/2022 par François Bergeron

Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a été réélu, ce jeudi 2 juin, avec 41% des suffrages et une impressionnante majorité de 83 sièges à l’Assemblée législative de l’Ontario.

Le premier ministre a mené une campagne plutôt discrète – certains ont dit «hermétique» – sur sa gestion de la pandémie et sur un train de dépenses publiques comportant notamment la construction d’autoroutes et d’hôpitaux.

Doug Ford a été réélu facilement dans son fief d’Etobicoke Nord. Tous ses ministres ont été réélus, dont Caroline Mulroney, la ministre des Affaires francophones, dans York-Simcoe.

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La cheffe néo-démocrate Andrea Horwath annonçant son départ jeudi soir.

Deux chefs cèdent leur place

Avec 24% du vote, le Nouveau Parti démocratique demeure l’opposition officielle grâce à ses 31 élus (contre 40 en 2018). Mais la cheffe Andrea Horwath, réélue dans Hamilton-Centre, a annoncé qu’elle quitte la direction du parti.

Dans le Nord de l’Ontario, les ténors francophones du NPD France Gélinas et Guy Bourgouin sont réélus. Cependant, Gilles Bisson est défait par un Conservateur à Timmins.

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Avec 24% du vote eux aussi, mais plus éparpillé, les Libéraux ne font élire que 8 candidats (1 de plus qu’en 2018). Mais ils perdent l’ex-Conservatrice transfuge Amanda Simard dans Glengarry-Prescott-Russell, battue par le Conservateur Stéphane Sarrazin.

Le chef libéral Steven Del Duca est défait pour la seconde fois dans sa circonscription de Vaughan-Woodbridge. Il abandonne lui aussi la direction de son parti.

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Le chef libéral démissionnaire Steven Del Duca jeudi soir.

Verts et nouveaux Bleus

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, qui avait percé à Guelph en 2018, à la faveur de la disqualification du candidat libéral, est réélu cette fois avec une franche majorité. Le Parti vert récolte 6% du vote à travers la province, un progrès par rapport aux 4% de 2018.

Mike Schreiner, Élections Ontario, slogans
Mike Schreiner.

Enfin, l’indépendante Bobbi Ann Brady – qui avait toujours travaillé pour les Progressistes-Conservateurs – a devancé le candidat de son ancien parti et représentera Haldimand-Norfolk à Queen’s Park.

Curiosité: le nouveau parti New Blue, dirigé par le tandem mari et femme Jim et Belinda Karahalios, récolte près de 3% des suffrages.

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Belinda Karahalios avait été élue sous la bannière conservatrice à Cambridge en 2018, mais elle a été expulsée du caucus en 2020 pour avoir voté contre les mesures d’urgence sanitaire anti-covid. Cette fois, elle glisse en 4e place à Cambridge, remporté à nouveau par le parti de Doug Ford.

Dans le Nord de la province, c’est le NPD qui tient les vastes régions de forêts et de mines, les Conservateurs étant favorisés dans les villes. Dans le Sud et l’Est, le NPD dispute les milieux les plus urbains aux Libéraux, tandis que les Conservateurs dominent les campagnes et les plus petites villes.

Apathie

Seulement 43% des 10 millions d’électeurs ontariens ont voté: un record d’apathie. La participation était à 57% en 2018: pas de quoi pavoiser non plus.

Ce ne sont pas les explications qui manquent: la médiocrité ou le manque de charisme des chefs; l’absence d’enjeux clivants ou de crises; un décrochage ou une rébellion face à toute la classe politique; le système électoral archaïque…

Francophonie ontarienne

Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), a félicité le premier ministre Doug Ford pour sa réélection.

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PAFO, OBNL
Carol Jolin.

«Nous comptons poursuivre le travail déjà entrepris», dit-il, «notamment concernant la pénurie de main-d’oeuvre francophone et bilingue, le postsecondaire en français – particulièrement le dossier de l’Université de Sudbury».

Carol Jolin mentionne aussi «l’accès à des soins de santé et des soins de longue durée en français, l’appui aux organismes sans but lucratif et l’agrandissement de l’espace francophone dans la province».

«Nous avons hâte que les choses reprennent leur cours normal afin que nous puissions continuer à faire avancer nos dossiers en matière d’entrepreneuriat, d’employabilité et de renforcement économique des collectivités», a commenté le président de la Société économique de l’Ontario (SÉO), Denis Laframboise.

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Denis Laframboise.

La SÉO veut notamment faire avancer les dossiers de l’immigration francophone et de l’expansion de son incubateur d’entreprises.

Au cours de la campagne, l’AFO a dénombré 71 engagements sur la francophonie de la part des quatre partis politiques.

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«Des Franco-Ontarien.ne.s et plusieurs francophiles prendront place à l’Assemblée législative de l’Ontario», se réjouit Carol Jolin. «J’invite les quatre partis à travailler ensemble à l’épanouissement de la francophonie ontarienne.»

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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