Décès de l’avocat et chroniqueur Gérard Lévesque

Gérard Lévesque
Gérard Lévesque (en 2016). Photos: archives l-express.ca
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Publié 15/04/2026 par François Bergeron

Gérard Lévesque, avocat impliqué dans de nombreuses causes francophones au Canada et chroniqueur de longue date à L’Express de Toronto, est décédé ce lundi 13 avril d’un cancer du pancréas, à l’hôpital Toronto General. Né à Ottawa, il aurait eu 80 ans le 2 septembre.

Il habitait dans le secteur Etobicoke, non loin du lac. Il laisse dans le deuil son épouse Sonia Pooran, ses deux filles Geneviève et Janine, trois petits-fils et de nombreux amis.

En tant que chroniqueur, il a fait découvrir dans L’Express et l-express.ca plusieurs juristes pratiquant dans le Grand Toronto. Il couvrait l’actualité juridique et politique impactant les droits des minorités francophones, n’hésitant pas à faire valoir son opinion.

Ces derniers mois, il défendait avec véhémence l’état de droit et le droit international, malmenés par Vladimir Poutine et par Donald Trump. Il travaillait encore sur trois brouillons d’articles dans le système de l-express.ca.

Le ministre Sean Fraser et le chroniqueur de L'Express Gérard Lévesque. Photo: Dominic Chan (Empire Club)
Le ministre Sean Fraser et le correspondant de l-express.ca Gérard Lévesque en 2024.
Nadia Effendi, Christopher Karas, Vicky Ringuette et Gérard Lévesque
Gérard Lévesque (à droite) participant à une activité du Barreau de l’Ontario en 2019.

Causes linguistiques

Gérard Lévesque a surtout été très engagé dans des causes linguistiques et scolaires pour les francophones, en Ontario ainsi qu’en Alberta.

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Selon le gouvernement de l’Ontario, qui lui a décerné le Prix de la francophonie en 2012, «il a notamment contribué à l’obtention du droit de la communauté franco-ontarienne à gérer ses établissements d’enseignement».

«C’est avec très grande tristesse que nous recevons cette nouvelle», a commenté Sarah Sudre, directrice des communications de l’AJEFO, l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario. Gérard Lévesque était «l’une des plus grandes figures de l’AJEFO, notre plus grand soutien et fidèle confrère».

Gérard Lévesque a été directeur général de l’AJEFO de 1991 à 2001. Il a aussi milité au sein de l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF), le Conseil de la vie française en Amérique, la Compagnie des 100 associés… De 1978 à 1981, il a avait dirigé l’ACFO provinciale, devenue l’AFO (Assemblée de la francophonie de l’Ontario).

Gérard Lévesque
Gérard Lévesque (à g.), Prix de la francophonie de l’Ontario en 2012, avec Danielle Blais, la ministre Madeleine Meilleur et Alex Munter.
Gérard Lévesque
Gérard Lévesque (à d.) lors d’une Journée internationale de la francophonie au quartier général de la police de Toronto le 20 mars 2014. Avec la ministre Madeleine Meilleur.

«Figure marquante de la francophonie»

À l’AFO, le président Fabien Hébert et le directeur général Peter Hominuk ont dit, eux aussi, apprendre «avec une grande tristesse» le décès de Gérard Lévesque. «Avocat, chroniqueur et figure marquante de la francophonie ontarienne, il a consacré une grande partie de sa vie à la défense des droits linguistiques et à l’avancement de la communauté francophone en Ontario et au Canada.»

« La francophonie ontarienne perd un grand défenseur, un homme de conviction et une voix profondément respectée. Gérard Lévesque a consacré une part importante de sa vie à faire avancer les droits des francophones, avec rigueur, courage et constance. Son engagement laissera une empreinte durable dans notre mémoire collective et dans nos institutions.»

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«Gérard Lévesque faisait partie de ces bâtisseurs qui ont contribué, de manière très concrète, à structurer, défendre et faire progresser l’Ontario français. Son parcours témoigne d’un engagement exceptionnel envers la justice, les droits linguistiques et la vitalité de notre communauté. À l’AFO, nous gardons le souvenir d’un homme généreux de son temps, de sa pensée et de son expertise. Sa disparition nous attriste profondément.»

Sourire

«Sa présence, son sourire et son engagement laisseront un vide immense», nous écrit Annie Dell, une amie de Gérard Lévesque à Toronto depuis 40 ans. «Il nous manquera énormément, mais son héritage continuera de vivre à travers les valeurs et les projets qu’il a soutenus. Son implication active a marqué de nombreuses initiatives et a contribué à renforcer les liens au sein de notre communauté.»

Gérard Lévesque (au centre) à Dieppe, en banlieue de Moncton, NB, flanqué du président de l’AFO, Carol Jolin, et du DG Peter Hominuk, au Congrès mondial acadien en 2019.
Ukraine
Manifestation le 25 février 2022 en faveur de l’Ukraine contre l’attaque de la Russie. Avant-dernier à droite: Gérard Lévesque.

Héritage inspirant

La lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Edith Dumont, souligne que Gérard Lévesque «a consacré sa vie à la promotion de la justice et à l’épanouissement de la communauté francophone. Par son engagement indéfectible, sa rigueur intellectuelle et la portée de ses écrits, il a laissé une empreinte durable sur l’avancement des droits des francophones en Ontario et partout au pays.»

«J’offre mes condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches et à toutes les personnes touchées par son œuvre et son héritage», ajoute Mme Dumont. «Sa contribution continuera d’inspirer notre francophonie pour les générations à venir.»

La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, rappelle que «Gérard Lévesque a joué un rôle déterminant dans l’avancement des droits et des institutions francophones en Ontario».

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«Grâce à ses contributions soutenues dans les domaines du droit, de la gouvernance scolaire francophone et de la vie institutionnelle, il a contribué à élargir l’accès à la justice en français et à renforcer des acquis essentiels pour les communautés francophones. Son parcours, reconnu par le Prix de la francophonie de l’Ontario en 2012, témoigne d’un engagement profond et durable envers l’intérêt public.»

Actif en Alberta aussi

«Maître Lévesque a marqué de façon indélébile la francophonie juridique albertaine», souligne l’AJEFA (Association des juristes d’expression française de l’Alberta).

«Depuis l’ouverture de son cabinet à Calgary, il a plaidé à plusieurs reprises le statut du français devant les tribunaux de la province. Ses efforts ont abouti à une décision confirmant que l’anglais et le français sont les langues des tribunaux albertains — une avancée fondamentale pour les droits linguistiques de la communauté francophone.»

Pour la présidente Elsy Gagné, «l’AJEFA perd l’un de ses membres les plus illustres.»

En 2014, il a reçu le Prix d’excellence Jean-Louis-Lebel, décerné par l’AJEFA.

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Gérard Lévesque
Gérard Lévesque. Photo: courtoisie AJEFA

Gérard Lévesque a aussi reçu l’Ordre des francophones d’Amérique (juillet 1990), l’Ordre de la Pléiade décerné par la Section de l’Ontario de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (1997), ainsi que l’Ordre du mérite de l’AJEFO (2004).

Et en 2021, il a reçu le Prix Bastarache-Charron, décerné annuellement par le Regroupement étudiant de common law en français et la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa pour souligner le travail d’un membre de la communauté juridique francophone.

Gérard Lévesque détenait un baccalauréat en philosophie de l’Université St-Paul, ainsi qu’un baccalauréat en Arts et un baccalauréat en Droit (1986) de l’Université d’Ottawa.

Depuis 1997, en plus de sa pratique d’avocat et notaire, il était juge suppléant à la Cour des petites créances de Toronto.

La piqûre de l’activisme

Jean Yves Pelletier, expert-conseil en patrimoine, a connu Gérard Lévesque dans les années 1980. «Il a été marqué très tôt dans sa vie par le virus de l’activisme, ayant fait ses débuts en tant que militant au sein de l’Association de la jeunesse franco-ontarienne.»

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«Il était partout et pour toutes les bonnes causes. Il n’arrêtait jamais. C’était quelqu’un qui travaillait sans relâche, dans l’ombre. Il était, à lui seul, une sorte d’organisme défenseur des droits linguistiques et scolaires des franco-canadiens, à l’instar de l’Ordre de Jacques Cartier.»

Notre chroniqueur littéraire Paul-François Sylvestre est «profondément attristé» lui aussi. «J’ai rencontré Gérard Lévesque en 1967, lors de mes études universitaires (philosophie) à Ottawa. Nous étions tous deux militants dans les mouvements de jeunes de l’Ontario français. Au fil des ans, j’ai été témoin de son énorme contribution à la reconnaissance des droits des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes.»

Gérard Lévesque
Jean-Gilles Pelletier et Gérard Lévesque au Symposium sur le patrimoine franco-ontarien, à Sudbury le 16 février 1991. Photo: courtoisie J.Y. Pelletier

Funérailles

Les funérailles de Gérard Lévesque auront lieu le vendredi 15 mai à 13h30 au centre St George on the Hill, 4600 rue Dundas Ouest à Etobicoke.

En signe de deuil et de reconnaissance pour sa contribution exceptionnelle à l’Ontario français, l’AFO a demandé que les drapeaux soient mis en berne le jour de ses funérailles.

Auteurs

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

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