Coupe du monde: les Lions de l’Atlas mettent fin au rêve canadien

Les Lions de l'Atlas mettent fin au rêve canadien au Mondial
Plusieurs centaines de tifosis marocains ont participé à la marche historique de College Park à Nathan Philips Square. Photo: Mohamed Ayoub Benjelloun
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Publié 06/07/2026 par Hamza Ziad

Parmi les affiches les plus attendues de cette Coupe du monde, le huitième de finale entre les Lions de l’Atlas et la sélection canadienne a fait vibrer bien au-delà de la pelouse.

Disputée le 4 juillet, cette rencontre opposait le Maroc, demi-finaliste de la dernière Coupe du monde, au Canada, qualifié pour la première phase à élimination directe de son histoire.

Dans la Ville Reine, les couleurs rouge, verte et blanche ont habillé les rues: drapeaux flottant aux fenêtres, véhicules décorés, maillots arborés avec fierté et klaxons résonnant d’un quartier à l’autre. Cafés, bars, salles de cinéma et fan zones ont vibré au rythme de cette affiche historique.

À la place Nathan Phillips, en face de l’Hôtel de Ville, les supporters des deux camps ont partagé les lieux avec les visiteurs du festival Taste of the Middle East, entre chants, tambours, odeurs de barbecue et ferveur populaire, donnant au cœur de Toronto des allures de stade à ciel ouvert.

Les Lions de l'Atlas mettent fin au rêve canadien au Mondial
Malgré la pluie, les supporters marocains et canadiens ont fait de Nathan Phillips Square un véritable stade à ciel ouvert. Photo: Hamza Ziad, l-express.ca

Un seul rugissement

Pour la première fois depuis le début de la compétition, les tifosi marocains de Toronto se sont donné rendez-vous en un même lieu pour soutenir les Lions de l’Atlas d’une seule voix.

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Le rassemblement a débuté à College Park, avant une marche festive jusqu’à la place Nathan Phillips. Escorté par la police, le cortège a traversé le centre-ville pour rejoindre la fan zone où s’étaient donné rendez-vous des milliers de supporters.

«La communauté marocaine grandit chaque jour à Toronto. Au-delà du football, ces événements créent des liens, renforcent notre solidarité et contribuent à bâtir une communauté forte dans un pays qui nous offre tant d’occasions», souligne Ayoub Nassir, membre du comité organisateur.

Pour sa part, Abdellah Messaoudi, responsable de la logistique, rappelle l’importance de vivre ces grands rendez-vous collectivement plutôt qu’«en silo». «Je remercie chaleureusement toute la communauté, ainsi que les services policiers, dont l’appui a largement contribué au succès de cette journée.»

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Ayoub Nassir et Abdellah Messaoudi. Photos: courtoisie

Les Lions répondent présents

Très entreprenante en première période, la sélection canadienne a tenu tête au Maroc avant que les hommes de Mohamed Ouahbi ne fassent basculer la rencontre au retour des vestiaires.

Plus réaliste devant le but, le Maroc a fait la différence grâce à un doublé du milieu de terrain Azzedine Ounahi, avant que l’attaquant Soufiane Rahimi ne scelle définitivement la victoire dans les arrêts de jeu.

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Malgré une pluie persistante, la ferveur n’a jamais faibli à Nathan Phillips Square. Venue spécialement de Montréal, la troupe marocaine Bola Bola a rythmé la rencontre au son des percussions et des chants traditionnels, accompagnant les principaux temps forts du match. Au terme de la rencontre, les célébrations se sont prolongées dans les rues du centre-ville.

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Le groupe folklorique marocain Bola Bola. Photo: Mohamed Ayoub Benjelloun

Un parcours historique

Malgré l’élimination, plusieurs supporters canadiens rencontrés à Nathan Phillips Square retenaient davantage le chemin parcouru que le score final.

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James Brydon. Photo: courtoisie

Pour James Brydon, ancien journaliste et blogueur sportif, cette Coupe du monde marque un tournant dans l’histoire du soccer canadien. «Le Canada peut être fier d’avoir signé une première victoire en Coupe du monde et une première qualification pour la phase à élimination directe», souligne-t-il.

Selon lui, la sélection canadienne a rivalisé avec le Maroc pendant une mi-temps, malgré l’absence de joueurs clés comme Alphonso Davies. «Le Canada peut tirer de précieux enseignements du Maroc, une équipe qui a démontré pourquoi elle figure aujourd’hui parmi les meilleures sélections au monde.»

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Le cœur entre deux nations

Pour plusieurs binationaux réunis à Nathan Phillips Square, ce huitième de finale opposait deux pays qui façonnent leur identité.

Née et élevée au Canada de parents marocains, Yasmine reconnaît que le choix n’allait pas de soi. «J’ai grandi au Canada, mais j’ai toujours baigné dans la culture marocaine. À la maison, nous suivions chaque match des Lions de l’Atlas. Mon cœur a naturellement penché vers le Maroc, même si je demeure très fière du parcours réalisé par l’équipe canadienne dans cette Coupe du monde.»

Un sentiment que partage Sarah, née et élevée en Belgique de parents marocains. «Je suis fière de ma double identité, mais je me suis toujours sentie profondément marocaine à travers ma culture et mon éducation. Si le Maroc devait affronter la Belgique en demi-finale, je soutiendrais sans hésiter la sélection marocaine», confie-t-elle.

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Yasmine et Sarah. Photo: courtoisie

Un air de revanche face aux Bleus

À peine la qualification décrochée, les regards se sont déjà tournés vers le prochain rendez-vous: un quart de finale entre le Maroc et la France, qui ravivera le souvenir de la demi-finale de la Coupe du monde 2022, remportée 2 à 0 par les Bleus.

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Depuis le début de la Coupe du monde, le restaurant Ricarda’s (134 rue Peter) s’est transformé en Maison des Bleus. Photo: courtoisie

Trois ans après leur parcours historique au Qatar, la sélection marocaine désormais dirigée par un nouvel entraîneur, tenteront cette fois d’écrire un tout autre scénario et de décrocher une place dans le dernier carré.

Cette affiche sera marquée par les retrouvailles entre Achraf Hakimi et Kylian Mbappé, anciens coéquipiers au Paris Saint-Germain, amis de longue date et capitaines de leurs sélections respectives.

À Toronto, les supporters français se préparent eux aussi à ce rendez-vous. «Nous serons encore à La Maison des Bleus pour soutenir notre équipe», indique Olivier De Brégeas, président de la Fédération tricolore et du fan club du Paris Saint-Germain à Toronto.

«Ce sera un match très difficile, car les deux sélections ont beaucoup évolué depuis 2022. Pour nous, trois mots résument parfaitement l’état d’esprit: Allez les Bleus!»

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