Changer sa communauté, une goutte à la fois

communauté, Takwa Souissi, Les Colibris
Takwa Souissi, Les Colibris, roman, Montréal, Éditions du Boréal, 2026, 168 pages, 19,95 $.
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Publié 25/08/2026 par Paul-François Sylvestre

Il est souvent question d’engagement citoyen dans une communauté. Cela ne concerne pas uniquement les adultes, comme l’illustre Takwa Souissi dans le roman Les Colibris. Des enfants peuvent aussi s’engager.

Les Colibris met en scène Rosanie, Malik, Victoria et Luis. Il s’agit d’un roman choral narré par quatre jeunes provenant d’horizons divers, notamment le Pérou et le Sri Lanka, quatre enfants qui fréquentent la maison des jeunes L’Envol, à Montréal.

Projet communautaire

L’animateur de L’Envol surprend tout le monde avec un projet ambitieux. En équipes de quatre, les jeunes ont un peu plus d’un mois pour mettre sur pied un projet visant à améliorer la vie de quartier. L’équipe gagnante remportera des passes de saison pour le célèbre parc d’amusement La Ronde.

Il y a évidemment un hic: les équipes sont imposées. C’est ainsi que Rosanie, Malik, Victoria et Luis, qui ne se connaissent pas beaucoup, se retrouvent à travailler ensemble.

La romancière nous invite dès lors à plonger dans quatre cerveaux différents. Ce genre de narration permet de raconter une histoire à travers quatre regards, quatre sensibilités, quatre manières d’interpréter la réalité.

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Quartier multiculturel

En entrevue, Takwa Souissi note comment elle a voulu éviter une vérité unique. «La vie en communauté est faite de perceptions croisées, parfois contradictoires, souvent complémentaires.»

L’Envol est à l’image de Montréal. C’est une maison des jeunes qui dessert une communauté multiculturelle, comme en font foi quelques prénoms: Sarah, Romaissa, Yan, Ali, Joshua, Gabriella, Anwar, Siara, Mai Chi, Ziad, Malik, Luis, etc.

Dissipé en classe, Luis remarque qu’il apprend plus à la maison des jeunes qu’à l’école. «L’Envol, c’est le seul endroit où on m’écoute vraiment, on dirait. Alors moi aussi, ça me donne envie d’écouter.»

Style éclaté

Comme le récit est parfois flyé, le style de Takwa Souissi est parfois éclaté. Lorsqu’elle écrit LUIS ANGEL! VIENS ICI, POR FAVOR! on sait qu’une punition s’annonce. Quand Malik dit que ça ne va pas bien, «ça va pas ben pantoute même».

Chaque membre de l’équipe gagnante obtiendra… un laissez-passer annuel pour La Ronde. Il n’en faut pas plus pour qu’une «nouvelle ronde (justement) de cris à s’en défoncer les tympans» se fasse entendre.

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Les chapitres de ce roman sont courts et dynamiques. Les voix de quatre jeunes alternent et rendent le débit varié, tantôt intimiste tantôt truculent.

Premier roman

Le titre du roman a été inspiré par une légende autochtone disant ceci: des animaux terrifiés assistent impuissants à un incendie ravageant leur forêt, alors qu’un petit colibri s’active en allant à la rivière chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Voyant le colibri faire sa part, les animaux emboîtent le pas et, ensemble, éteignent le feu.

Takwa Souissi est née aux États-Unis de parents d’origine tunisienne. Elle est arrivée au Québec à l’âge de 4 ans. Juriste de formation, journaliste par passion, elle vit aujourd’hui de sa plume sous toutes ses formes.

Takwa Souissi a collaboré à de nombreux médias, dont Le Devoir, La Converse, La Gazette des femmes, Urbania et L’Encyclopédie canadienne. Les Colibris est son premier roman.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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