Vibrant roman sur l’histoire des Premières Nations

Premières Nations, Michel Jean, Kukum
Michel Jean, Kukum, roman, Montréal, Éditions Libre Expression, 2019, 224 pages, 24,95 $.
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Publié 20/06/2026 par Paul-François Sylvestre

Comme le 21 juin marque la Journée nationale des peuples autochtones, je vous présente le roman Kukum de Michel Jean, écrivain québécois d’origine innue. Ses personnages nous font vivre le drame de l’assimilation et de la sédentarisation forcée des Premières Nations au Canada.

Le titre Kukum signifie grand-mère dans la langue innue. Le livre raconte l’histoire d’Almanda, orpheline québécoise, et de Thomas, jeune homme innu. Ce roman a été au menu du comité de lecture de la résidence Place Saint-Laurent à Toronto ce mois-ci.

Le lac Pekuakami

L’action se déroule sur les rives du Pekuakami (le lac Saint-Jean). Les rivières, lacs et montagnes portent des vocables autochtones. À 15 ans, Almanda apprend non seulement la langue innue, mais également la culture et l’art de vivre en toute liberté de la communauté de son mari Thomas.

Kukum est officiellement classé comme un roman, bien qu’il s’apparente fortement à un récit biographique. Il est d’ailleurs écrit sur un ton très intimiste. Sous la plume de Michel Jean, on vibre autour du feu de camp ou dans la tente qui sent l’épinette.

Almanda apprend non seulement l’existence nomade et la langue innue, elle brise les barrières imposées aux femmes autochtones. Les hommes ne tardent pas à la respecter. Forte et éprise de liberté, Almanda souscrit aux valeurs ancestrales des Innus.

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Un siècle

Le déroulement s’étend sur une période d’un siècle, prenant son essor principalement à partir de 1901. On assiste à plusieurs excursions de chasse et de pêche, auxquelles Almanda participe de plain-pied. Elle contribue fièrement à l’autonomie de sa communauté d’adoption.

Le style de Michel Jean est innovateur. Il écrit, par exemple, «nous nous sommes tentés au bord du lac». Il ne dit pas fort comme un bœuf, mais plutôt «fort comme un ours».

Kukum décrit les affres de la colonisation et de la coupe de bois. On voit comment l’usurpation de territoires ancestraux conduit brutalement à la sédentarisation forcée des Autochtones.

Civiliser les «sauvages»

Il est question, bien entendu des pensionnats gérés par des communautés religieuses soucieuses de faire des «sauvages» des hommes «modernes, civilisés et chrétiens».

Dans un long mot de l’auteur à la fin du roman, Michel Jean explique qu’Almanda fut son arrière-grand-mère. Il conclut en ses termes: «Ils ont blanchi nos mœurs, mais qui peut oublier qui il est vraiment? Pas moi.»

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Tant au niveau personnel qu’au palier professionnel, je ne suis jamais entré en sérieuse ou profonde communication avec une personne issue des Premières Nations. L’histoire racontée par Michel Jean, son style et son approche ont donc été une merveilleuse occasion d’élargir mes horizons.

Écrivain et journaliste

Michel Jean est un écrivain, journaliste, animateur et reporter d’enquête innu né à Alma (Québec) en 1960.

Issu de la communauté de Mashteuiatsh au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il est une figure majeure de la littérature et des médias au Canada, reconnu pour son engagement envers la mémoire et l’histoire des Premières Nations.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

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