Bonne année… peut-être

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La Russie sème la mort et la dévastation en Ukraine. Que nous réserve 2023? Photo: capture d’écran
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On vient tous de se souhaiter la bonne année, santé, succès, bonheur, etc. Avec la plus grande sincérité… qui n’est pas la même chose que la naïveté.

On sait trop bien, en effet, qu’une foule d’événements hors de notre contrôle peuvent venir chambarder nos vies – comme l’a fait la covid en 2020 et 2021.

Une autre pandémie n’est pas impossible: nous sommes maintenant huit milliards à voyager et à se croiser plus souvent. Mais fort de l’expérience de la covid, on saura sans doute réagir à un nouveau virus avec plus de discernement.

Incidemment, cette augmentation de la population mondiale au cours du dernier siècle est un indicateur de succès – plusieurs tendent à le minimiser ou à le nier. Mais il comporte évidemment son lot de défis sociaux, économiques, environnementaux.

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Deux essais, Population Bombed! (2018) et Superabundance (2022), qui contestent les craintes malthusiennes face à l’augmentation de la population mondiale.

La guerre

En ce début de 2023, c’est de Russie que vient la plus grande menace: la guerre, l’activité humaine la plus destructrice. Souhaiter «la paix dans le monde» a rarement été aussi pertinent.

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Les Ukrainiens opposent une résistance héroïque à l’invasion criminelle par leur voisins russes, notamment grâce à l’aide politique et matérielle des États-Unis et de plusieurs nations occidentales.

Ce coup d’éclat de Vladimir Poutrine, qui rêve de recréer l’empire soviétique ou un lebensraum russe, est une erreur stratégique monstrueuse.

Face au danger, autrefois théorique, aujourd’hui à nos frontières, la neutralité est discréditée. Les démocraties retrouvent leur voie et leur voix, se réarment et se réorganisent.

La complaisance qu’on pouvait éprouver, dans certains milieux, envers des autocrates comme Poutine ou envers certaines de ses politiques économiques ou sociales, devient honteuse.

À ce propos, la vénalité du commentateur Tucker Carlson, à Fox News, mérite une mention spéciale. Peu de «néo-conservateurs» apologistes de Poutine sont tombés aussi bas. C’est la version moderne de nos «idiots utiles» communistes et pacifistes pendant la Guerre froide.

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adressant au Parlement canadien en mars dernier. Il continue de demander plus d’efforts de la part de l’OTAN. Photo: capture d’écran

La Chine

Il faut espérer que la Chine, alliée tacite de la Russie contre l’Ukraine, constate que l’armée d’un régime corrompu est loin d’être optimale face à un peuple motivé par l’indépendance et les libertés (bonjour Taïwan, la Corée du Sud, le Japon, l’Australie, l’Inde…).

Cela devrait inciter le régime Xi à la plus grande retenue dans ses projets d’expansion.

En réalité, la Chine et la Russie sont des puissances rivales, comme le sont tous les dictateurs mégalomanes les uns face aux autres, à l’instar d’Hitler et de Staline.

Après des années d’aplaventrisme, le Canada se réveille et adopte une stratégie indo-pacifique qui reconnaît la Chine comme une puissance «perturbatrice». Le fait d’avoir été écarté du partenariat stratégique AUKUS (signé en avril par l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis) y est peut-être pour quelque chose.

Armes nucléaires

«Une puissance nucléaire ne peut pas perdre», a répondu un sbire de Poutine à un journaliste européen, cet automne, alors que les Ukrainiens repoussaient les Russes dans l’Est et le Sud, et qu’il devenait évident que personne ne «gagnera» cette guerre.

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Poutine lui-même, en commentant son «opération spéciale de dénazification» de l’Ukraine, a mentionné que tous les services militaires russes – comprendre: les armes nucléaires aussi – étaient mobilisés.

C’est une attitude génocidaire et suicidaire terrifiante… Et c’est le but: nous apeurer.

Les Canadiens doivent donc continuer de se réorganiser face aux ennemis totalitaires actuels et potentiels. Et continuer d’aider l’Ukraine à expulser l’armée russe de son territoire, de son espace aérien et de ses accès à la Mer Noire.

Et de favoriser son entrée dans l’Union européenne (même si cette organisation est tragiquement dysfonctionnelle: le Brexit n’était pas insensé) si on le souhaite de part et d’autre. Ainsi que dans l’OTAN, à laquelle viennent de se joindre la Suède et la Finlande, autrefois «neutres».

Ukraine, Russie
Diagnostiquée en 2019 de «mort cérébrale», l’OTAN est aujourd’hui perçue comme le principal rempart contre l’agression russe en Europe.

Iran, Afghanistan

D’autres horreurs dans le monde nous interpellent, notamment le sort des Iraniennes et des Afghanes sous le joug de régimes religieux rétrogrades.

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Malheureusement pour ces peuples, comme pour d’autres en Afrique, en Asie ou en Amérique latine sous la botte de despotes, il n’y a pas là pour nous de danger immédiat – le premier critère pouvant justifier une intervention militaire extérieure.

Exception importante: Israël ne laissera pas l’Iran se doter d’armes de destruction massive. Les autres pays occidentaux devront surtout être prêts à appuyer des révoltes démocratiques quand elles éclateront.

Et pas besoin d’aller aux antipodes pour trouver des reculs pour les femmes. Aux États-Unis, la Cour suprême a renvoyé au Congrès et aux états la responsabilité de baliser l’avortement. Ce n’est plus un droit constitutionnel, une liberté individuelle fondamentale, comme on le croyait depuis un demi-siècle.

Haïti

La situation en Haïti présente un cas unique. Le pays est sans gouvernement digne de ce nom depuis quelques années.

Le Canada, les États-Unis et d’autres voisins débattent encore – entre eux et avec leurs contacts en Haïti et dans la diaspora – des meilleurs moyens d’y restaurer la sécurité, la salubrité et un semblant de stabilité économique et politique. Bonne chance. Je n’ai pas de réponse non plus…

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Haïti, bonne année
Haïti, entre insécurité et pauvreté. Photo: Annik Chalifour

Chez nous

Les humains nés au Canada ont gagné à la loterie mondiale, comme le savent mieux que quiconque les immigrants récents chez nous.

Mais ce n’est pas le fruit du hasard. Malgré nos divisions superficielles (le «Convoi de la liberté» des camionneurs), nos problèmes de riches (les paniques wokes) et nos politiciens médiocres (insérez les vôtres ici), des générations de Canadiens bienveillants, courageux et industrieux sont responsables des progrès qui ont hissé le Canada au sommet du totem des pays où il fait bon vivre.

Mais on voit encore des gens dormir sur nos trottoirs et une pauvreté tenace, des enfants maltraités et des troubles mentaux négligés, des soignants et des éducateurs débordés, des services publics déficients malgré l’incontinence fiscale de nos gouvernements.

Je n’inclus pas dans «nos divisions superficielles» le cafouillage des Libéraux et la duplicité des Conservateurs sur les relations anglos-francos à rééquilibrer, le bilinguisme officiel à renforcer, l’immigration à rationaliser, et la monarchie anachronique et ridicule à abolir.

Ce n’est pas la Troisième Guerre mondiale, mais c’est important pour nous, Canadiens-Français. Oui, il y a des problèmes plus pressants, mais on est capable de marcher et mâcher de la gomme en même temps.

Installation Mary Simon, GG
Le premier ministre Justin Trudeau a trouvé le moyen de nommer une gouverneure générale du Canada unilingue (photo de Mary Simon: Sgt. Johanie Maheu, Rideau Hall) et une lieutenante gouverneure du Nouveau-Brunswick unilingue. Les Conservateurs n’auraient probablement pas osé!

En 2023, ramener la paix et la sécurité dans le monde, relancer la prospérité, renforcer la santé publique, protéger l’environnement, valoriser le progrès exigeront encore plus de compétences et de détermination. À huit milliards de cerveaux, ça devrait être faisable.

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