AFO: la jeunesse veut déjà façonner la francophonie

AFO : la jeunesse veut déjà façonner la francophonie
Quelques membres du personnel et du conseil d’administration de l’AFO. Au centre: le président Fabien Hébert. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 27/10/2026 par Hamza Ziad

Trois candidatures se disputaient le siège jeunesse au conseil d’administration de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). À l’assemblée annuelle de l’organisme, le 24 octobre à Richmond Hill, la relève a ainsi occupé une place de choix.

AFO : la jeunesse veut déjà façonner la francophonie
Mélina Leroux.

Pour Mélina Leroux, directrice générale de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et représentante jeunesse sortante, cet engouement a valeur de signal.

«Il y a beaucoup de gens qui vont dire que la jeunesse est l’avenir, mais les jeunes sont ici en ce moment, et ils veulent être entendus», souligne-t-elle dans une entrevue accordée à l-express.ca. «Si nos jeunes ne font pas partie de ça, ils ne vont pas vouloir contribuer plus tard non plus.»

Candidate à la présidence contre Fabien Hébert qui a été réélu pour un troisième mandat de deux ans, elle voit toutefois une question à suivre: avec un secteur jeunesse élargi, «quels jeunes sont potentiellement représentés?»

Grande «témoin» du congrès, Ève Tremblay, ancienne commissaire aux affaires francophones du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa, fait un constat semblable. «Souvent, les jeunes, on est sous-représentés dans des espaces où on prend des décisions comme le congrès», confie-t-elle à l-express.ca. «Quand les jeunes ont une place qui leur est offerte, ils viennent la prendre.»

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Cet appel résonne d’autant plus que la communauté vieillit. Selon le recensement de 2021, l’âge médian des francophones de l’Ontario atteint 45 ans, contre 41,6 ans pour l’ensemble de la population.

Sans relève engagée, c’est le renouvellement même de la francophonie qui est en jeu. Fabien Hébert a par ailleurs indiqué qu’un programme permanent de mentorat et de financement des délégations jeunesse reste à mettre en place.

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Échanges entre délégués lors de la 21e assemblée annuelle de l’AFO, le 24 octobre à Richmond Hill.

Abel Maxwell: «une victoire en soi»

Candidat à la présidence, Abel Maxwell tire un bilan positif de sa campagne. «Je ne me présentais pas contre un candidat, mais pour une vision», explique-t-il à l-express.ca.

Abel Maxwell
Abel Maxwell.

L’artiste et entrepreneur torontois a placé l’enracinement des francophones au cœur de sa démarche. «On perd beaucoup de francophones, de plus en plus, en anglophonie, parce qu’ils ne trouvent pas d’opportunités», estime-t-il.

En 2021, 16,6% des francophones de la province étaient issus de l’immigration.

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Sa devise tient en trois verbes: écouter, rassembler et agir, à commencer auprès des nouveaux arrivants de Toronto.

Disant regarder «le verre à moitié plein», il considère avoir remis ces enjeux à l’ordre du jour. «Le fait que j’ai posé ma candidature, c’est déjà une victoire en soi.» Il espère que cette première encouragera d’autres personnes immigrantes à briguer la présidence.

Des avancées et des dossiers en suspens

Pour son nouveau mandat, Fabien Hébert mise sur la continuité. «La communauté a parlé», affirme-t-il à l-express.ca. Sa plateforme reposait «sur la continuité et la mise en œuvre du Livre blanc». Sa priorité: rencontrer le gouvernement «pour confirmer leurs engagements».

Selon le sondage annuel de l’AFO, 43% des répondants perçoivent la présence de l’organisme en région. «Le momentum est parti. Les portes sont toujours ouvertes», répond le président.

Parmi les avancées de l’année figurent 10,8 millions $ pour relancer les cours en français à l’Université de Sudbury et 15,75 millions $ pour le nouveau centre communautaire et culturel du Mouvement d’implication francophone d’Orléans.

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À Aurora, un terrain a été annoncé pour la Communauté du Trille blanc et son futur foyer de longue durée de 160 lits.

D’autres dossiers restent en suspens. Le Plan d’action provincial pour les soins, l’éducation et la recherche en santé en français, élaboré par l’Hôpital Montfort, n’a toujours été ni adopté ni financé par la province.

Le nouveau bâtiment de la Maison d’hébergement francophone de Toronto attend toujours son financement. Des médias communautaires réclament un soutien stable. «On a accompli du beau travail, mais il nous reste définitivement encore plein de choses à accomplir», reconnaît le président.

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Des délégués lors de la 21e assemblée annuelle de l’AFO.

Une équipe resserrée, des comptes à l’équilibre

Le directeur général, Peter Hominuk, a précisé la taille de l’équipe devant les membres. « On a douze employés permanents, trois contractuels et quatre employés contractuels à temps partiel», a-t-il indiqué, alors que certains interlocuteurs lui prêtent, dit-il, «une cinquantaine d’employés».

AFO, Peter Hominuk
Peter Hominuk.

Du côté des membres, les organismes associatifs passent de 131 à 140 et les institutions, de 23 à 27. Les membres individuels reculent de 221 à 204.

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L’exercice clos le 31 mars 2026 se solde par un quasi-équilibre. Les revenus atteignent 2 915 219 $ et les charges, 2 912 999 $, soit un excédent de 2 220 $.

Les subventions représentent 84,9% des revenus, contre 1,6% pour les cotisations des membres. Portées par le congrès 2025, les commandites et les inscriptions ont progressé de près de 75 000 $. L’actif net s’élève à un peu plus de 230 000 $, dont 212 000 $ affectés à une réserve pour éventualités.

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