Fabien Hébert réélu président de l’AFO

Des États généraux au Livre blanc à la cartographie...

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Le président de l'AFO, Fabien Hébert. Photos: courtoisie
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Publié 24/10/2026 par François Bergeron

Fabien Hébert a été réélu pour un troisième mandat de deux ans, ce samedi 24 octobre, au poste de président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), contre deux candidats.

Le congrès des 22, 23 et 24 octobre, à Richmond Hill, se terminait par l’assemblée générale au cours de laquelle Marie-Claude Dicaire a été élue représentante de l’Est de la province, avec Melinda Chartrand (région Centre) et Réal Deschatelets (Nord-Ouest). Ils rejoignent Jean-Claude Ngendahayo (Sud-Ouest) et une ou un représentant du Nord-Est à nommer.

Hilary Kemajou fait son entrée au conseil d’administration en tant que représentante des jeunes. Elle rejoint Denise Lemire (aînés), France Lamarche (femmes), Luc Bonaventure Amoussou et Naromie Charles Azar (minorités raciales et ethnoculturelles),

Des Franco-Ontariens engagés

Pendant trois jours, les participants ont franchi une nouvelle étape des «États généraux de l’Ontario français» et ont célébré l’engagement de personnes qui contribuent au rayonnement de la francophonie ontarienne.

La veille du congrès, le PDG du Collège Boréal, Daniel Giroux, a reçu le Prix de la ministre des Affaires francophones 2026. Il ne s’agit pas d’une reconnaissance de l’AFO, mais ce prix est traditionnellement remis en marge de son congrès.

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Congrès de l'AFO
Daniel Giroux, PDG du Collège Boréal, a reçu le Prix de la ministre des Affaires francophones 2026. Avec, de g. à d.: Peter Hominuk, DG de l’AFO; Roda Muse, sous-ministre des Affaires francophones; Fabien Hébert, président de l’AFO; Stéphane Sarrazin, adjoint parlementaire de la ministre Natalia Kusendova-Bashta; Dawn Gallagher Murphy, députée de Newmarket-Aurora.

Le 22 octobre, on a souligné le 40e anniversaire de la Loi sur les services en français de l’Ontario. L’AFO a notamment rendu hommage à Caroline Mulroney pour sa contribution à la modernisation de cette loi alors qu’elle était ministre des Affaires francophones.

Caroline Mulroney, qui a été ministre des Transports et du Conseil du Trésor, a quitté la politique active en mai dernier. Elle a été remplacée au ministère des Affaires francophones par Natalia Kusendova-Bashta, également ministre des Soins de longue durée.

Le 23 octobre, l’AFO a souligné l’apport de trois grands «témoins» ayant accompagné les Congrès annuels au fil des années: Yves-Gérard Méhou-Loko (2024), Donald Obonsawin (2025) et Ève Tremblay (2026).

Comme annoncé dix jours plus tôt, l’AFO a décerné ses six prix de reconnaissance annuels au cours d’une soirée de gala. Claudia Lebeuf, une ancienne administratrice du Théâtre français de Toronto, a reçu le prix Paulette-Gagnon.

Le bénévole Robert C. Rhéaume, le jeune militant Jacob Pilon, tous deux d’Ottawa, la retraitée active Pierrette Ouellette, de Chapleau, et la francophile Lo-Anne Chan, de Sarnia, ont été honorés.

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On a également récompensé le travail de l’organisme de promotion des arts Réseau Ontario.

Congrès de l'AFO
Discussion au congrès de l’AFO.

Quatre chantiers

Les travaux des 22 et 23 octobre ont permis d’approfondir les propositions du Livre blanc publié à la suite des États généraux, dans le cadre de plénières, de commissions d’arbitrage et d’ateliers.

Ce Livre blanc identifie quatre «grands chantiers»: immigration et appartenance; services en français; capacité d’agir ensemble; gouvernance.

Pour soutenir cette démarche, l’AFO a également dévoilé une «cartographie» de l’engagement des organismes, construite à partir des positionnements et des contributions des organisations.

Cet outil veut permettre de «visualiser les collaborations possibles, ainsi que les besoins en ressources et en coordination». Les organisations peuvent encore transmettre des contributions volontaires au moyen d’un formulaire ouvert toute l’année.

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Après l’élaboration d’une vision commune, explique-t-on, «il s’agit maintenant de préciser les contributions de chacun et les moyens de passer à l’action».

«Nous voulons que les organismes puissent voir où leurs contributions rejoignent celles des autres et quelles collaborations pourraient se construire», explique Peter Hominuk, le directeur général de l’AFO depuis 14 ans.

La cartographie, la synthèse des commissions et le formulaire de contribution sont accessibles à l’adresse https://livreblanc.monassemblee.ca.

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Une partie de la Cartographie de l’engagement communautaire en Ontario français. Comprenne qui pourra…

«Malgré la diversité de nos réalités et de nos perspectives, nous partageons une même ambition pour l’avenir de la francophonie ontarienne», affirme Peter Hominuk. «Notre défi est maintenant de transformer cette ambition commune en engagements et en actions collectives.»

«Nous avons pris le temps de réfléchir à notre avenir, de reconnaître des parcours remarquables et de poursuivre le travail de concertation qui nous rassemble», a déclaré le président Fabien Hébert. «C’est sur cette volonté d’agir ensemble que nous devons maintenant nous appuyer.»

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L’AFO exagère le déclin?

Pendant le congrès, des critiques exprimées dans les réseaux sociaux ont fait jaser.

Denis J. Bertrand, directeur général de la Place des Arts du Grand Sudbury, a accusé l’AFO de créer «une crise artificielle pour justifier la tenue d’états généraux dont les résultats risquent de l’avantager au détriment de la francophonie ontarienne».

Selon lui, insister sur le déclin démographique de l’Ontario français, en pourcentage de la population, est démotivant.

organismes sous un même toit
Denis J. Bertrand.

L’AFO est «incapable de tenir compte des avancées de la francophonie depuis cinquante ans et des droits qu’elle a acquis, y compris ceux confirmés par les tribunaux», dit-il.

L’organisme cherche surtout à «justifier son existence et les deniers publics qu’elle sollicite».

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En présentant la communauté comme étant «incapable de relever ses défis, ce qui est faux (…), l’AFO contribue à l’assimilation de la francophonie». Car «si l’organisme porte-parole de cette communauté prétend qu’elle est en déclin, qui voudra en faire partie ou s’y associer?»

Denis Bertrand et quelques autres personnes qui ont commenté son intervention se disent mal à l’aise de la proximité de l’AFO de son principal bailleur de fonds, le gouvernement de l’Ontario.

Sollicité par Radio-Canada, le président Fabien Hébert a répondu que l’AFO reste indépendante et a démontré dans le passé qu’elle pouvait dénoncer des actions du gouvernement.

«La réalité est la suivante… On a un défi démographique, puis on a un défi identitaire», a-t-il ajouté.

L’AFO minimise l’assimilation?

Par ailleurs, d’autres observateurs reprochent plutôt à l’AFO de surestimer les forces de la francophonie ontarienne.

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C’est le cas d’un ex-éditorialiste du journal Le Droit, le blogueur Pierre Allard, qui commentait ainsi, l’an dernier, le Livre blanc de l’AFO: «L’organisme parapluie des Franco-Ontariens vient de faire avaler toute une couleuvre à une presse qui, comme d’habitude, connaît mal ou dissimule la véritable situation linguistique de l’Ontario français, pose trop peu de questions et vérifie encore moins les données.»

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Pierre Allard.

Pierre Allard conteste notamment le scénario démographique optimiste qui ferait passer la population franco-ontarienne d’environ 738 000 personnes en 2024 à 1,23 million en 2050.

«Je n’ai vu aucune contestation de ces chiffres. (…) La réalité est mieux servie par les recensements fédéraux et les études réalisées par Statistique Canada. Au recensement de 2021, on dénombrait près de 525 000 francophones en Ontario selon le critère de la langue maternelle, et seulement 292 000 en utilisant comme repère la langue la plus souvent parlée à la maison, plus fiable que le précédent. Et ces chiffres sont stagnants ou en baisse – en nombres absolus – depuis une quinzaine d’années.»

«Les repères délirants utilisés par l’AFO et même ceux du gouvernement ontarien font fi d’une réalité où l’assimilation taille en pièces à tous les ans ce qui reste de l’ancien Ontario français.»

«À Toronto et à Ottawa», conclut-il, «les gouvernements de la majorité anglo-ontarienne et de la majorité anglo-canadienne ne gaspilleront longtemps pas des milliards de $ dans un projet qu’ils sauront vite futile. Attendez qu’ils prennent connaissance, l’an prochain, des données du recensement de 2026… Ça ne sera pas beau à voir…»

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Auteurs

  • Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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