Dix nouvelles d’Hélène Koscielniak: une même histoire, deux dénouements

Hélène Koscielniak, Et si…
Hélène Koscielniak, Et si…, nouvelles, Presses de l’Université d’Ottawa, collection Duo, 2026, 158 pages, 20,95 $.
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Publié 07/10/2026 par Paul-François Sylvestre

Le dénouement d’une histoire n’est pas nécessairement celui qu’on imagine. Un mot, une action, une rencontre fortuite peut changer tout, comme en font foi les dix nouvelles que nous offre Hélène Koscielniak dans le recueil intitulé Et si…

La nouvelle est un genre littéraire de plus en plus populaire. J’ai une préférence pour celles dont l’histoire racontée se déroule de façon linéaire, mais avec une fin ou un point de chute inattendu. Hélène Koscielniak sort de ce sentier battu.

Elle brosse une série de tableaux du quotidien à deux fins possibles. Ses dix histoires sont finement ciselées, avec la plume vive qu’on lui connaît, et se termine toutes avec deux ou trois pages d’extra décrivant «et si» tel personnage avait plutôt fait ou dit ceci…

Sujets fouillés

Les sujets abordés sont variés: autisme, itinérance, nouveaux arrivants, chirurgie bariatrique, service funèbre, environnement, etc. La fin qu’on croyait écrite peut toujours aller dans deux directions différentes.

Une recherche poussée sous-tend presque toutes ces nouvelles. Dans la cas de l’autisme, l’autrice décrit bien l’épuisement tant physique que psychologique de la mère.

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Une partie de pêche lui donne l’occasion de glisser des données révélatrices: «depuis l’arrivée des premiers colons, au moins trente espèces d’animaux ont disparu au Canada».

Une fille du Nord

Hélène Koscielniak est née dans le Nord ontarien et vit à Kapuskasing. Son origine teinte la description d’un paysage dont «l’air embaume de l’odeur riche des conifères».

Elle a été enseignante et surintendante. Sa connaissance du milieu scolaire l’a bien outillée pour écrire une histoire où une institutrice fait preuve de violence verbale et physique. On ne peut pas «croire qu’une telle personne soit à l’emploi d’un conseil scolaire», écrit-elle.

Dans une histoire sur la perte de poids, j’ai souri en lisant que la culture familiale dictait qu’il fallait toujours «finir son assiette». C’était la règle chez-nous.

Soutien personnel

Je vis à Place Saint-Laurent, seule résidence pour aînés francophone à Toronto, et j’ai reconnu ma situation lorsque j’ai lu la nouvelle intitulée Préposée aux services de soutien personnel.

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Un personnage lance: «Pas facile de travailler ici, hein? J’en ai vu des choses au cours des années. Il faut des gens remarquables pour prendre soin de ces vieux-là.»

Style coloré

Le style de Koscielniak est souvent coloré. Pour décrire l’obésité de la femme qui songe à une chirurgie bariatrique, elle parle «de cette graisse qui la couvrait comme l’armure des soldats du Moyen Âge». Son mari reconnaît que perdre du poids «n’est pas une mince affaire». Joli jeu de mot.

Au lieu de dire qu’une femme devient agressive, l’autrice écrit qu’elle «devenait une lionne dont les lionceaux étaient menacés».

Chaque nouvelle est bien étoffée, chaque description est touffue. En quelques pages seulement, Hélène Koscielniak peut illustrer comment vingt ans de mariage ont conduit à du dédain, de la condescendance et de la dérision.

Son recueil Et si… risque de se trouver sur ma liste des coups de cœur pour l’année 2026.

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Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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