Un roman qui laisse rouler les bons temps

Louisiane, Brice Homs, Quelque chose comme de l’or
Brice Homs, Quelque chose comme de l’or, roman, Paris, Éditions Calmann-Lévy, 2025, 432 pages, 38,95 $.
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Publié 11/02/2026 par Paul-François Sylvestre

Dans un petit coin de la Louisiane francophone, des bluesmen d’une maison de retraite ont en commun la musique, la danse, la cuisine et la langue. Le roman Quelque chose comme de l’or, de Brice Homs, illustre comment ils sont amenés à faire preuve d’une profonde solidarité.

L’infirmière est une fille de la campagne, une fille des bayous. Jodi LeBlanc aime bien que le temps prenne son temps. Mais voilà que tout bascule lorsqu’elle apprend que ses pensionnaires vont être expulsés. Jodi se rebelle, prête à remuer ciel et terre pour les sauver…

La Guerre de Sécession

Aux États-Unis, l’année 1863 fut un tournant décisif dans la Guerre de Sécession (1861-1865), marquée par d’importantes victoires de l’Union.

Les fantômes de trois soldats confédérés hantent la mémoire des résidents de la maison de retraite Bon Temps, et corsent drôlement l’intrigue de Quelque chose comme de l’or.

Le nom de la maison de retraite est de toute évidence une référence à la phrase emblématique «Laissez les bons temps rouler», slogan très populaire durant les festivités à La Nouvelle-Orléans, notamment le Mardi Gras. On invite les gens à profiter de la vie et à s’amuser.

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Parlez-vous kouri-vini?

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce roman est l’approche historico-sociologique de Brice Homs. Tout en décrivant des personnages attachants et une histoire touchante, il glisse subtilement quelques renseignements qui ajoutent une plus-value à son récit.

Homs souligne, par exemple, que le français cajun ou le créole de la Louisiane s’appelle kouri-vini. Il ajoute que saint Antoine de Padoue est, «dans le vaudou de La Nouvelle-Orléans, vénéré comme le deuxième après Dieu».

L’auteur nous apprend que le premier nom de la ville de Lafayette était Vermilionville. Saint-Jean du Vermilionville a été fondé en 1821; son toponyme fait référence à la rivière Vermilion.

L’endroit fut renommé Lafayette en 1884, en l’honneur du marquis Gilbert du Motier de La Fayette, héros de la Guerre d’Indépendance américaine. 

Noms cajuns

Presque tous les noms de famille sont acadiens ou cajuns: Broussard, Cormier, Dugas, LeBlanc, Legendre, Sonnier.

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Selon Brice Homs, quand les gens ne savaient ni lire ni écrire, ils signaient d’une croix à côté de leur nom, ce qui était recopié ensuite sur les registres. C’est ainsi que des Thibodeau sont devenus des Thibodeaux, et de même pour les Arceneaux et Boudreaux.

J’ai relevé plusieurs prénoms assez inusités; en voici quelques exemples: Otheil, Polycarpe, Courville, Ozaire, Palmyre, Justus, Calliope.

Histoire picaresque

À première vue, Quelque chose comme de l’or est une histoire aussi abracadabrante que picaresque. À travers des rebondissements souvent mineurs, les personnages retrouvent un espoir, un but, une peur aussi.

Comme le dit Jodi LeBlanc: «J’ai l’impression que la vie s’est réveillée en eux.»

Pour sortir d’une situation difficile, on crée parfois une fondation. Comme on dit fonder une famille, on devrait pouvoir aussi dire «on a famillé une fondation». Le verbe n’existe pas, mais rien ne nous empêche de l’inventer lorsque le truc dont nous avons besoin ne peut être obtenu que collectivement.

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Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

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