Une micropuces injectées dans les vaccins: est-ce faisable?

Rumeurs et peurs tenaces

Micropuce RFID pour animaux. Photo: Dangerous Things
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Plusieurs rumeurs et théories plus ou moins sérieuses circulent en ces temps de pandémie. L’une des plus étriquées veut que le milliardaire Bill Gates, actif depuis longtemps dans la promotion de la santé publique dans le monde, voudrait se servir d’un vaccin pour implanter une micropuce permettant de suivre et de contrôler les foules.

Plusieurs reportages ont expliqué que Bill Gates n’avait pas vraiment dit cela. Mais la chose est-elle technologiquement réaliste?

Le corps tolère

Le corps humain peut tolérer des objets étrangers à des fins médicales, comme le montrent les stimulateurs cardiaques  depuis des dizaines d’années.

Alors que ceux-ci faisaient traditionnellement la taille d’une pièce de un dollar, des versions miniatures sont de plus en plus développées.

Par ailleurs, tout corps étranger, pour éviter d’être rejeté par le corps humain, devra être biocompatible (acier inoxydable, titane, céramique) ou «encapsulé avec une couche mince de silicone médical pour une meilleure acceptation par les tissus», explique Mohamad Sawan, professeur en génie électrique à Polytechnique Montréal.

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Comme un grain de riz

Certains amateurs ont adopté les implants sous-cutanés, qui utilisent la même technologie que les puces qu’on injecte aux animaux de compagnie à l’aide de grosses seringues.

De la taille d’un grain de riz, ces «dispositifs électroniques passifs de radio-identification» (RFID) sont souvent insérés dans les tissus sous-cutanés de la main ou, plus rarement, dans le muscle du triceps.

C’est la même technologie qu’on trouve dans les cartes de crédit sans contact, les traceurs antivols dans les boutiques, ou les serrures de portes sans contact.

Proximité

Toutefois, pour pouvoir lire l’information sur une puce RFID, le lecteur doit être placé à proximité. L’onde électromagnétique générée par le lecteur active alors le circuit de la puce et émet un signal radio par la même antenne.

Impossible, donc, de suivre quelqu’un en temps réel. On peut tout au plus, avec cette technologie du lecteur et de la puce, suivre les déplacements d’une personne avec un certain délai, en analysant par exemple les transactions effectuées avec des cartes à puce, à condition que cette personne les utilise.

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Comme un tatouage

La technologie des nanoparticules injectables – décrite dans une étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT) réalisée avec l’aide financière de la Fondation Bill et Melinda Gates – ne permet pas non plus de suivre quelqu’un à la trace.

Cette technologie, testée pour l’instant sur les rats, est semblable à un tatouage invisible, soit une technologie passive, qui indiquerait si quelqu’un a reçu un vaccin. Ces nanoparticules injectables sous la peau émettent une lumière fluorescente invisible à l’œil nu, mais détectable par un téléphone intelligent.

Ici encore, «il est essentiel que le sujet soit très près du lecteur, comme pour les lecteurs de code-barre [ou de puces RFID] », précise Pierre Savard, professeur émérite au Département de génie électrique à Polytechnique Montréal.

GPS

Pour suivre quelqu’un à la trace en temps réel, on doit alors se tourner vers les GPS (Global Positioning System).

«Le GPS n’émet pas d’ondes, il les reçoit en provenance de satellites», explique le professeur Jean-Jacques Laurin, de la Polytechnique. Pour qu’un GPS fonctionne, «les ondes reçues doivent donc être captées par une antenne de taille suffisante».

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Or, cela signifie que l’antenne doit minimalement avoir une taille de 2 cm x 2 cm, ce qui est beaucoup trop gros pour pouvoir être injecté (discrètement) par une seringue.

Sans compter la nécessité d’une alimentation électrique pour la puce. De plus, les ondes provenant des satellites seraient réfléchies ou absorbées par la peau, ce qui rendrait le signal encore moins détectable. «On est très loin d’un implant injectable», ajoute Pierre Savard.

On a déjà les téléphones

Ceux qui voudraient suivre les foules par GPS disposent par ailleurs déjà d’un moyen beaucoup moins compliqué qu’un vaccin et qui se retrouve dans les poches d’un grand nombre de personnes: les téléphones.

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